Homélie mercredi 27 mars 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi de la 3ème semaine du Carême

Maison Ste Thérèse (Bruxelles)

Dt 4,1.5-9 / Ps 147 / Mt 5,17-19

 

Ce matin j’aimerais juste m’arrêter quelques instants sur la finale de la 1ère lecture, j’aimerais juste que nous laissions résonner pour nous-même cet appel que Moïse adresse au peuple d’Israël au cours de sa marche vers la terre promise. Un appel que j’entends pour nous, au cours de notre marche de carême, notre marche vers la terre qui nous est promise à nous aujourd’hui qui est celle de la Bonne Nouvelle de la résurrection.

Ces mots, je vous les relis : « garde toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils et aux fils de tes fils », c’est-à-dire aux générations à venir…

Cet appel c’est un appel à faire mémoire. Faire mémoire de ce que le Seigneur a fait pour nous. Le contexte, pour Israël, c’est celui de la sortie d’Egypte et de son arrivée en terre promise, c’est celui du chemin qu’il a dû prendre et des chemins par lesquels cette aventure l’a fait passer. Et dans ce faire mémoire, il y a plus que juste se rappeler ce que Dieu a fait, c’est entendre finalement qui est Dieu, c’est entendre que Dieu, toujours, était là, que Dieu est fidèle à ses promesses. Et pour nous c’est du coup entendre que Dieu marche avec nous, quoi que nous traversions, y compris les épreuves douloureuses de son Eglise.

Ce faire mémoire il est du côté de la vie. C’est pour que nous choisissions de répondre aux appels et que nous mettions en pratique les commandements ; pour que nous vivions, dit Moïse. Et on l’a entendu dans l’Evangile, Jésus n’est pas venir abolir mais accomplir, et on sait bien qu’il résume et synthétise tous les commandements dans cet unique et exigeant appel à aimer : aimer Dieu, aimer son prochain comme soi-même, aimer même nos ennemis, ceux qui nous font mal, aimer et pardonner…

Ce faire mémoire qui est du côté de la vie c’est un faire mémoire qui permet la confiance, quand c’est plus difficile et quand le doute pourrait nous gagner. Et l’enjeu il est là, il est de ne pas perdre de vue notre horizon, notre terre promise, la promesse qu’avec Dieu, quoi qu’il arrive, avec Jésus Christ mort et ressuscité pour nous, la vie est et sera plus forte que tout mal et que toute mort, au-delà des apparences qui peuvent nous faire douter et même nous faire tomber.

Un faire mémoire qui permet la confiance. La confiance que Dieu est là, avec nous… Il se fait proche de ceux qui l’invoquent, avons-nous entendu...

Je ne sais pas comment vous traverser ce temps du carême dont nous sommes quasiment à mi-parcours. Mais nous sommes appelés aujourd’hui à faire comme une pause, pour voir en nous ce que Dieu fait. Soit ce qu’il a déjà fait en nous depuis ces dernières semaines, au gré de ce qui nous a traversé. Soit, si ce temps est aride, difficile et peut-être sec et mortifère, je ne sais, faire mémoire de ce que Dieu, avant, au fil des mois et des ans, a déjà fait dans notre vie, dans notre histoire. C’est l’aide qui nous est offerte pour ne pas désespérer et pour garder le cap, pour continuer d’avancer. Et ce cap c’est Dieu lui-même, présent à notre vie, c’est Jésus Christ mort et ressuscité qui nous entraîne dans ses promesses de vie éternelle, dès aujourd’hui.

Ce faire mémoire, oui, c’est une aide qui nous est proposée, pour tenir dans une fidélité et une confiance qui seront fécondes. C’est un acte de foi que nous posons.

C’est tout l’enjeu de notre carême et c’est ce que nous avons demandé au Seigneur dans la prière d’ouverture, que je me permets de vous redire : « Seigneur, tu nous accordes ce temps de Carême pour nous former à la vie avec le Christ et nous alimenter à ta parole ; que notre effort de pénitence nous obtienne la fidélité à te servir et le goût de te prier d’un même cœur »…

Je vous propose que nous prenions un temps de silence pour offrir au Seigneur ce que ces quelques mots éveillent en nous. Faire mémoire, nous garder « de jamais oublier ce que nos yeux ont vu », ce que nos cœurs ont pressenti, pour que nous avancions en confiance et que nous puissions grandir toujours dans cette confiance en Dieu et avec lui. Faire mémoire et déposer en Dieu ce qui nous habite maintenant, le déposer en action de grâce. Amen.

Publié dans Homélies

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