Homélie mardi 30 avril 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 2ème semaine du temps pascal

Carmel St Joseph (Bruxelles)

Ac 4,32-37 / Ps 92 / Jn 3,7b-15

 

Il y aurait sans doute à dire et surtout à entendre de la 1ère lecture de ce jour quant à notre vivre ensemble, quant à la vie communautaire, notamment pour vous mes sœurs qui avez fait un choix assez radical dans ce sens là, mais aussi pour moi évidemment et plus largement pour tous en Eglise quant à notre capacité et même notre volonté à vivre réellement le partage de nos biens, pas comme une idéologie ou un étendard de je ne sais quoi mais bien comme un appel d’Evangile qui serait de l’ordre d’une béatitude, un chemin de libération et donc de bonheur…

Mais je n’en dirais pas plus sur ce sujet, je vais plutôt vous partager quelques mots de ce que l’évangile nous donne à entendre…

Ce n’est pas un scoop, nous sommes dans le temps pascal – jusque là vous êtes censées être d’accord avec moi. Et ce n’est pas un scoop non plus, dans l’évangile de Jean ce récit n’est pas situé dans le temps post-pascal mais bien au tout début du ministère de Jésus. Certes, on sait bien que tout l’évangile est post-pascal et celui de Jean l’est encore plus que les autres et il y fait œuvre théologique tout entière post-pascale. Ceci étant – et c’est cela que je voudrais vous partager tout simplement – je me suis interrogé ce matin de savoir pourquoi on nous donne ce récit là à entendre maintenant, au quasi début de ce temps pascal ?

Ce qu’il nous faut entendre d’abord, je crois – premier élément de lien –, c’est l’appel à naître d’en haut. L’appel à renaître. C’est complètement pascal puisque qui dit naître ou renaître dit en même temps baptême, car qui dit baptême dit baptême dans la mort et la résurrection de Jésus, pour une vie nouvelle dans le Christ.

Il nous faut naître à la Bonne nouvelle célébrée à Pâques ! Cette Bonne Nouvelle en fait incroyable de la vie et du don de soi par amour qui sont et qui seront quoi qu’il arrive et malgré les apparences immédiates plus fort que tout mal et que toute mort. C’est notre foi et cela peut et doit devenir notre moteur de vie, notre moteur de confiance et d’espérance.

Comment le faire nôtre, comment nous laisser façonner par ce mystère qui est en même temps une promesse de vie ? C’est le second élément sur lequel j’aimerais vous dire quelques mots. La réponse c’est le don de l’Esprit Saint, dont il est question pour naître et renaître d’en haut.

Et figurez-vous d’ailleurs que le temps pascal c’est le temps de la Pentecôte ! Peut-être est-ce un peu un scoop de le dire ainsi. Mais la Pentecôte ce n’est pas le 50ème jour après Pâques. Même si ce temps se conclue par une fête que nous appelons par facilité la Pentecôte ; ce que je vous dis c’est fondé historiquement dans la mise en place des fêtes liturgiques. Tout ce temps de 50 jours, tout ce temps pascal est le temps du don de l’Esprit Saint à demander et à recevoir. Et d’ailleurs Pâques, l’Ascension et la Pentecôte sont diverses facettes d’une même réalité, d’un même mystère.

Et si vous faites marcher votre mémoire liturgique et biblique très récente, vous vous rappelez ce qu’on a entendu ce dimanche : nous étions au soir de Pâques, au soir de la résurrection, et voilà que Jésus apparaît à ses disciples – nous sommes aussi dans l’évangile de Jean – et que leur dit-il ? « Recevez l’Esprit Saint ». Et il souffle sur eux, il leur fait le don de l’Esprit Saint. C’est simultané. 

Et vient alors un envoi en mission de Jésus à ses disciples : tout ce que nous tiendrons lié sur cette terre sera lié au Ciel et tout ce que nous délierons sera délié. Une responsabilité assez terrible, qui n’est évangéliquement possible que si nous vivons au souffle de l’Esprit Saint, si nous nous mettons en posture d’écoute en nous, en posture de prière et de discernement avec Dieu lui-même.

Voilà donc, avec ces deux éléments parmi d’autres, un lien entre cette page d’évangile et ce temps pascal dans lequel nous allons cheminer, et qui nous est offert et donné pour faire nôtre, petit à petit et toujours et encore, ce mystère de vie qu’est la résurrection du Christ et cet appel et cette promesse qui nous est faite à nous aussi de notre propre résurrection, dès maintenant et pour toujours, un temps liturgique qui nous est aussi donné et offert pour demander et recevoir l’Esprit Saint qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, l’Esprit Saint qui est la puissance même de Dieu, son Souffle de vie, l’Esprit Saint, vous le savez bien, qui est l’amour même de Dieu, en Dieu, et sa vie divine.

Alors, tout simplement, puissions-nous chacun vivre ce temps pascal comme un temps de grâce pour nous laisser renouveler dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus et pour nous laisser façonner par l’Esprit Saint. Et comme a dit le pape François dans son tweet du jour et sans doute, je crois, dans son homélie à la maison Sainte-Marthe : « Demandons au Seigneur de nous faire prendre conscience que nous ne pouvons pas être de vrais chrétiens sans marcher avec le Saint-Esprit, sans laisser le Saint-Esprit être le protagoniste de nos vies ». Amen.

Publié dans Homélies

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