Homélie lundi 20 mai 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Lundi de la 5èmesemaine de Pâques

Maison Ste Thérèse (Bruxelles)

Ac 14,5-18 / Ps 113B (115) / Jn 14,21-26

 

Ma méditation de ces textes, ce matin, s’est arrêtée dans un premier temps sur Paul et Barnabé qui sont pris pour Zeus et Hermès. Evidemment que ça ne m’est jamais arrivé ; évidemment, vous vous en doutez, parce que je n’ai pas le charisme de Paul et Barnabé, et peut-être surtout parce que Zeus et Hermès ne sont plus trop à la mode !

Vous l’avez entendu, de suite Paul et Barnabé démentent vivement la situation. Ils ne sont que des hommes, disent-ils, ils ne font que servir l’annonce de la Bonne Nouvelle et du Dieu vivant.

J’ai pensé à vous, futurs prêtres, et à nous qui le sommes déjà : leur réaction doit être pour nous un appel. Un appel à toujours se redire que nous ne sommes que des instruments. Ni plus ni moins. Nous le savons mais c’est bien de se le redire de temps en temps. Nous ne servons pas notre propre gloire ou notre carrière ou nos projets pastoraux aussi beaux et bons soient-ils, non. Nous sommes appelés à être des instruments de l’annonce du salut, en Eglise. Et nous sommes appelés à nous effacer comme Paul et Barnabé derrière Celui que nous suivons et que nous voulons servir.

Et si certains étaient tentés de nous mettre sur un piédestal – et nous de nous y trouver bien – à cause de je ne sais quel charisme que nous aurions ou telle réussite pastorale époustouflante, c’est bien le Christ qui doit être premier, c’est toujours lui qui doit être annoncé et mis en avant. Et c’est parce que nous nous efforcerons toujours de renvoyer au Christ comme lui renvoie au Père que nous ne tomberons pas dans les pièges des jeux de séduction qui sont une des racines des dérives d’abus que l’on connaît.

Concrètement ça veut dire une évidence qu’il est bon de se rappeler : ça veut dire que si nous voulons être vraiment du Christ et servir sa mission à Lui, il nous faut garder ses commandements et écouter sa Parole, comme l’évangile de ce soir nous l’a redit. Et pour garder ses commandements et sa Parole, il faut demeurer en lui, Jésus. Tout simplement. C’est toute la question et tout l’enjeu de notre vie de prière, notamment l’oraison et la lectio.

Pendant les années de séminaire c’est facile, du moins c’est facilité, c’est prévu dans l’emploi du temps, ou plutôt vous êtes invités à le prévoir et à relire avec votre Père spi comment vous vous y prenez.

Dans le ministère, ça devrait être une évidence aussi mais vous verrez, l’évidence réelle du quotidien c’est que c’est parfois un combat, en tout cas une vraie disciple de vie à acquérir et à remettre régulièrement en chantier, tant nous sommes sollicités de part et d’autre, tant nous passons d’une chose à l’autre, d’une rencontre à l’autre, d’une célébration à l’autre, toutes très importantes à faire, avec le risque que ça prenne le dessus sur le reste, notamment sur la vie de prière qui est pourtant le lieu source pour ce que nous avons à vivre.

Et c’est peut-être d’autant plus vrai qu’on ne nous prend ni pour Zeus ni pour Hermès et qu’il y aura parfois comme une tentation à vouloir prouver qu’on est bien à la bonne place et à la hauteur des attentes. Alors on va faire et faire et faire. D’autant plus qu’il y aura toujours des choses à faire…

Mais rappelez-vous Marthe et Marie, la meilleure part c’est celle de savoir s’arrêter aux pieds du Seigneur pour se tenir en sa présence et à son écoute. Non pas qu’il ne faille rien faire, nous recevons un ministère à exercer et c’est notre devoir d’état et notre mission, mais sans oublier que ce qui guide notre vie et la réponse à l’appel que nous avons reçu c’est dabord le Seigneur lui-même, c’est son amour pour nous et notre amour pour lui ; le Seigneur qui nous appelle à demeurer dans son amour et qui veut faire sa demeure en nous, le Seigneur qui a besoin de nous, comme Paul et Barnabé, et de son Eglise pour être annoncé aujourd’hui encore à notre monde.

C’est bien ce que nous célébrons ce soir encore comme à chaque eucharistie. Amen.

Publié dans Homélies

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