Homélie mardi 14 mai 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Fête de St Matthias, apôtre

Carmel St Joseph (Bruxelles)

Ac 1,15-17.20-26 / Ps 112 (113) / Jn 15,9-17

 

Dans ce qu’on vient d’entendre, dans cette page d’évangile, il y a quelque chose de paradoxal alors même qu’en fait, peut-être, c’est évident et logique. Il y a quelque chose de paradoxal dans cet appel à demeurer dans l’amour que le Christ a pour nous et, pour cela, l’appel à garder ses commandements.

Je m’explique… et pour cela je vous propose de suivre pas à pas ce que Jésus nous dit.

Cette page d’évangile nous invite à contempler Jésus dans son amour pour nous, Jésus qui nous aime comme il est aimé du Père. Voilà une Bonne nouvelle qui n’est pas si évidente que cela et qu’on devrait prendre le temps de méditer dans la prière ! Jésus nous aime de ce même amour que le Père a pour lui. Est-ce qu’on se rend compte de la portée d’une telle annonce ? Il nous aime d’un amour absolu, un amour total. Un amour qui ne juge pas mais qui sauve. Un amour qui laisse pleinement libre et qui patiemment nous attend et même nous accompagne. Un amour, j’ai envie de dire, qui nous aime à l’état pur, mais qu’on ne s’y trompe pas, l’état pur de ce que nous sommes en vérité jusque dans nos vulnérabilités.

Nous sommes aimés. Pour de vrai. Jésus nous a même aimé jusqu’au bout, jusqu’à donner sa vie. Mais la question que nous pose Jésus sera : voulons-nous de cet amour ? Voulons-nous demeurer dans cet amour ?

C’est cadeau, c’est offert, mais justement nous restons libres, libres de recevoir et donc de répondre. Et notre réponse c’est cet autre appel de notre évangile, l’appel à garder les commandements que Jésus nous donne.

Il s’agit de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimé. Et si vous faites marcher votre mémoire biblique alors vous vous rappelez que c’est même deux commandements qui n’en sont qu’un puisqu’ils sont semblables : l’appel à aimer Dieu et l’appel à aimer son prochain comme soi-même.

Voilà le paradoxe ! Pour demeurer dans l’amour, il faut aimer. C’est paradoxal, et en même temps c’est évident : pour aimer et pour vivre dans l’amour il faut justement en vivre, se laisser aimer et aimer en retour, aimer du même amour. Et là est la joie véritable, nous dit Jésus, Jésus qui ajoute que désormais, si nous vivons cela, nous sommes ses amis. Ce qui veut dire que pour aimer comme il nous aime il nous faut vivre en relation d’amitié avec lui, tout simplement. Mais pleinement. C’est-à-dire prendre le temps de se raconter l’un l’autre. Ça s’appelle la prière mais aussi l’écoute de la Parole de Dieu. Prendre le temps également de célébrer ensemble la vie qui nous traverse, ça s’appelle les sacrements et la liturgie. Prendre le temps encore de la contemplation de la beauté de la vie et de la création, ce qui s’appelle par exemple l’adoration ou la prière silencieuse de l’oraison. Ce qui veut dire également une relation ouverte à d’autres tellement ça nous fait vivre, la joie de faire connaître la beauté de ce que l’on vit et de ce que l’on partage. On pourra appeler ça l’annonce et le service du frère…

Alors, dit Jésus, tout ce que nous demanderons nous sera accordé. Voilà qui est paradoxal aussi, au regard de notre expérience de la prière. Tout ce que nous demandons, vraiment ? Avec en fait, comme vraie question, celle de savoir qu’est-ce que nous demandons ?

A un ami, un vrai ami, on ne demande pas n’importe quoi, on ne demande pas la pluie et le beau temps. On lui demande la force de sa présence, dans l’épreuve, on lui demande le soutien et la consolation quand c’est trop dur, on lui demande de nous faire rire ou de nous aider à être du côté de la vie. On ne lui demande pas des choses impossibles et farfelues. Eh bien sans doute est-ce pareil avec Jésus. Demandons-lui ce qu’il peut nous offrir : son amour, sa présence, sa paix. Demandons-lui sa force, demandons-lui l’Esprit Saint, puisqu’il l’a promis à qui le lui demanderait. L’Esprit Saint, vous le savez, qui est sa force de vie et d’amour, et qui est l’Esprit consolateur qui donne la paix, la joie, la patience, la juste compréhension de toute chose, etc.

Alors ce soir, dans cette eucharistie où le Christ se donne pour demeurer en nous afin que nous demeurions en lui et que nous vivions l’Evangile, nous demandons l’Esprit Saint ; qu’il nous sanctifie comme il va sanctifier le pain et le vin que nous allons offrir, qu’il nous fasse devenir ce que nous sommes, des amis de Jésus qui vivent de sa joie et de son amour, que nous devenions et soyons ces disciples qui sont les mains et les voix dont il a besoin pour se dire et agir aujourd’hui pour aimer chacun. Amen.

Publié dans Homélies

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