Homélie mardi 28 mai 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 6ème semaine du temps pascal

Carmel St Joseph (Bruxelles)

Ac 16,22-34 / Ps 137 / Jn 16,5-11

 

En méditant ces textes ce matin, je me suis laissé interpellé par la tension racontée, dans la 1ère lecture, entre l’épreuve traversée (en l’occurrence celle de la persécution et de la captivité) et la fait de rester dans la louange…

Cette louange dont il est question dit une confiance en Dieu, étonnante et quoi qu’il arrive. Etonnante car elle dit une force de foi dont je ne suis pas sûr d’être capable si je vivais la persécution. Et une louange de confiance qui n’est pas sans rappeler ce que St Paul s’écriait dans sa lettre aux Romains : « Rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour du Christ ! » (cf. Rm 8,35)…

Cette louange de confiance elle est aussi, elle est en fait, un acte de foi dans les promesses de résurrection et de salut : si Jésus est bien ressuscité d’entre les morts, si Dieu l’a bien ressuscité, si la vie a bel et bien été victorieuse du mal et de la mort, alors il en sera de même pour nous ! Et le croire, le croire vraiment, c’est déjà résurrection, c’est force de vie, c’est libération d’un enfermement qui nous rend captifs et esclaves du mal, un peu comme Paul et Silas qui sont  libérés de leurs entraves !

Oui, nous le savons, nous le croyons, avec Jésus et dans l’Esprit Saint par lequel Dieu le Père le sauve et veut nous sauver, la vie est et sera plus forte que tout mal. Oui, la vie nous traverse, quoi qu’il arrive, et la foi nous libère, la foi peut nous libérer, de toute peur…

Comment ne pas penser avec tout cela à tous ces persécutés de notre temps dont le pape François disait ces jours-ci qu’ils sont plus nombreux aujourd’hui qu’aux premiers temps de l’Eglise… Comment ne pas penser à eux et ne pas prier pour eux, et même offrir cette messe pour eux ?

Et avec eux, comme eux, et comme l’étaient Paul et Silas, demandons d’être remplis nous aussi de cette paix confiante qui ouvre à la joie, celle de la louange. Demandons pour cela et demandons-le vraiment, demandons l’Esprit Saint que Jésus annonce dans l’évangile de ce jour et qu’il nous promet.

Lui, l’Esprit Saint, est une Bonne nouvelle qui nous est faite, il nous est promis et donné tel un cadeau que le Seigneur ressuscité veut nous faire. Dans cette invitation que nous avons entendue à ne pas nous laisser troubler, un peu comme la semaine dernière, invitation à ne pas céder à la tristesse de la séparation de son départ que Jésus annonce. Une invitation à la confiance que Jésus est là avec nous et qu’il le sera toujours, autrement mais réellement, grâce à cette force de vie et d’amour qu’est l’Esprit Saint, l’Esprit Saint qui est et qui sera notre Défenseur, plus exactement notre Paraclet, c’est-à-dire celui qui nous protège et nous accompagne. Celui aussi qui nous éclairera, qui viendra faire la vérité sur toute chose dans nos vies et dans le monde pour qui voudra bien entendre...

Il est promis à qui veut bien le recevoir. C’est ce qui nous sera redit avec insistance jeudi pour la fête de l’Ascension, dans la 1re lecture comme dans l’évangile : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint, annoncera Jésus, alors vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre » ; et encore, dans l’évangile : « Je vais envoyer sur vous ce que le Père a promis. Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut »

Je prie ce soir pour que nous soyons et entrions toujours plus, toujours mieux, dans cette louange confiante que fut celle de Paul et Silas. Et qu’ainsi, comme le psalmiste, nous puissions nous écrier : Eternel est Ton amour, Seigneur, Tu fais grandir en mon âme Ta force. Eternel est Ton amour, Seigneur, n’arrête pas l’œuvre de Tes mains : oui, sois mon salut, Seigneur ; envoie sur chacun de nous Ton Esprit Saint… Amen.

Publié dans Homélies

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