Jean Vanier, une vie donnée

Publié le par Christophe Delaigue

Quelques lignes rédigées pour Relais 38, le journal mensuel des communautés catholiques du diocèse de Grenoble-Vienne, pour son numéro de l'été qui sort ces jours-ci. Quelques lignes suite au décès de Jean Vanier en mai dernier... Ici dans une version avec 2-3 corrections...

Jean Vanier, une vie donnée

Jean Vanier c’est pour moi un visage avec quelques mots bien pesés. C’est une vie donnée qui m’interpelle. C’est encore le souvenir d’une retraite des prêtres du diocèse, chez lui à Trosly. Jean Vanier c’est surtout l’Arche, notamment la communauté de Grenoble que j’ai accompagnée pendant 6 ans, et c’est Foi et Lumière.

Jean Vanier c’est aussi et spontanément cette phrase qu’il avait prononcée lors d’une rencontre de jeunes, quelques mois avant l’ouverture du premier foyer de l’Arche à Grenoble et qui avait pris résonance particulière en moi : « Dieu ne nous demande pas seulement de dire aux gens qu’il les aime mais il nous demande de les aimer concrètement au nom de Jésus et de l’Évangile. »

Tout est dit ici de sa vie, de sa foi, de son œuvre…

Pour Jean Vanier, tout a démarré par un cri, comme le rappelle son dernier livre (Un cri se fait entendre, Bayard, 2018), celui de ces personnes handicapées mentales enfermées dans un asile. Même chose pour pour Foi et lumière : c’est parce qu’avec Marie-Hélène Mathieu ils ont entendu le cri de ces parents à qui on avait refusé un pèlerinage à Lourdes qu’ils ont décidé d’en créer un pour ces familles vivant l’expérience du handicap mental ; et c’est à la suite de ce pèlerinage qu’est né le mouvement Foi et lumière, non pas une communauté de vie,  comme à l’Arche, mais une communauté de rencontres, une fois par mois, où l’on apprend à partager sur sa vie et sa foi, à se connaître et à s’aimer sous le regard de Dieu.

Ce qui se vit à l’Arche est un appel pour nos communautés. Celui à dépasser les différences et à faire tomber les peurs spontanées pour se laisser aimer au cœur de nos fragilités et de nos blessures. Dans une vie fraternelle familiale et simple.

Un appel aussi au regard du titre de ce livre de Jean Vanier qui recueille les fruits de l’expérience de plusieurs années de vivre ensemble : La communauté, lieu du pardon et de la fête. Le pardon on n’en parle souvent en Eglise et on sait bien qu’on ne peut pas aimer sans pardonner, que Jésus nous appelle à aimer jusqu’à aimer nos ennemis que cela est impossible sur le pardon. On voit dans nos paroisses combien il nous est difficile de vivre pour de vrai des pardons, entre nous, en communauté. Peut-être une des piste que nous donne le titre de ce livre c’est que pour que nous apprenions à vivre en vérité des pardon dans nos communautés, qui sont tellement important, peut-être faut-il que nous communautés deviennent de plus en plus des lieux de la fête. Pas seulement les fêtes sacramentelles et liturgiques. Qu’on célèbre la vie comme à l’Arche nous célébrons les arrivées, les anniversaires, les départs. Apprendre la reconnaissance, l’action de grâce, et à se dire en paroles et en actes : « Tu es plus beau que tu n’oses le croire », tu es plus beau que ce que je veux bien voir de toi, merci pour ce que tu es, pour ce que tu apportes à la communauté.

J’ai appris cela à l’Arche et cela résonne pour moi, pour nous tous je crois, comme un appel.

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