Homélie mardi 6 août 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Fête de la Transfiguration du Seigneur

Carmel St Joseph (Bruxelles)

2P 1,16-17 / Ps 96 / Lc 9,28b-36

 

Cette page d’Evangile, nous la connaissons plutôt bien, et notamment au carmel, il me semble. Et en la méditant pour ce soir, je pensais tout spécialement à votre sœur Isabelle dont j’ai entendu, je crois, et retenu qu’elle l’aimait tout particulièrement au point d’avoir voulu que ce soit l’Evangile de ses funérailles… Je propose qu’en plus de Sonia (en lien avec le Poverello) nous célébrions la messe ce soir pour elle  et avec elle…

Une page d’Evangile, donc, qui nous est plutôt familière, avec cette expérience spirituelle étonnante, en tout cas de l’ordre du quasi indicible, cette expérience spirituelle qui est comme une annonce de la Résurrection – et d’ailleurs cette fête de la Transfiguration, 40 jours avant celle de la Croix glorieuse, est comme un rappel pour nous de la centralité de l’événement-résurrection pour notre foi et pour notre vie.

Une annonce donc, qui est un rappel, mais aussi une révélation. La révélation du Christ nouveau Moïse, Celui que ce retour d’Elie désigne comme le Messie, le Christ qui accomplit les Ecritures, qui accomplit la Loi et les prophètes, et le Christ qui ouvre par là-même un chemin nouveau qui un chemin de renouvellement et d’accomplissement des promesses de Dieu.

Nous aussi nous vivons parfois des expériences spirituelles de l’ordre d’une révélation de Dieu présent à notre vie, de l’ordre d’une révélation du Christ Fils de Dieu et Sauveur, révélation d’une Présence, d’un amour qui nous envahit ou nous habite, une sorte de vérité spirituelle et de foi que nous pressentons, intérieure à nous-mêmes et qui va être comme une étape sur notre chemin de vie avec le Christ.

Et comme Pierre, nous aussi nous voudrions que cela dure, mais c’est donné à un moment précis, dans un temps qui est souvent bien fugace, ça ne dure pas, mais pourtant c’est bien là, c’est à méditer, à conserver en nos cœurs, pour la suite du chemin. Un peu comme la manne au désert : juste ce dont nous avons besoin. Juste ce dont nous avons besoin pour nous confirmer sur ce chemin ou pour nous y relancer, nous remettre en route. C’est à savourer, dans le silence de la prière, puis ce sera à garder en mémoire comme une aide, un rappel, une balise…

Qu’est-ce que Pierre, Jacques et Jean ont compris ce jour là de cette expérience, et qu’en ont-ils retenu ? Ce que nous savons c’est que c’est à la lumière de la résurrection et de l’expérience décisive de la mort de Jésus et de sa vie re-suscitée, sa présence renouvelée, que nos disciples comprendront vraiment. Et c’est habités de l’Esprit Saint qu’ils pourront alors mettre en mots et annoncer.

Comme eux, comme pour eux, il y a pour nous un appel à nous laisser faire, à nous laisser façonner par le silence de la prière – vous le savez aussi bien que moi et vous le vivez sans doute plus que moi – et à nous laisser façonner aussi, transfigurer même, par l’écoute de la Parole. Un appel à apprendre toujours et encore à reconnaître, là, le Christ qui nous visite et qui se révèle.

Alors ce soir, mais plus largement et régulièrement dans la prière et l’oraison, nous pouvons faire mémoire de ces expériences, ces rencontres ou ces évènements, qui dessinent pour chacun de nous un chemin, et nous pouvons offrir tout cela en action de grâce, notamment dans ce mystère de l’eucharistie que nous célébrons où le Christ vient nous rejoindre et révéler aujourd’hui encore sa présence, le Christ qui veut que nous entendions avec lui que nous aussi nous sommes fils et filles bien-aimés du Père en qui il veut mettre toute sa joie… Amen.

Publié dans Homélies

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