Homélie mardi 17 septembre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 24ème semaine du Temps Ordinaire

1Tm 3,1-13 / Ps 100 (101) / Lc 7,11-17

 

Un petit mot rapide, pour commencer, sur la 1ère lecture qu’on vient d’entendre… Le contexte a évidemment changé depuis l’époque de St Paul, le ministère presbytéral s’est institutionnalisé au fil des siècles et on a finalement choisi dans l’Église latine que les prêtres et donc les responsables de communauté, donc votre curé, Emmanuel – moi aussi comme prêtre – soyons célibataires.

En même temps je voulais vous rassurer ce soir : votre curé est bien mari d’une seule femme. Qui s’appelle l’Église. Il ne boit pas, ou sobrement, le vendredi soir au Café peut-être mais ça je verrai dès cette semaine…

Au-delà de la boutade, je voulais en fait dire deux mots de notre célibat. Car ce texte ce soir est pour nous prêtres, en tout cas pour moi, comme un appel à réentendre que notre cœur doit être tout entier donné à Celui que nous voulons suivre et à annoncer, le Christ, et donc à son Église qui est le Corps du Christ. C’est le sens de notre célibat, de notre vie donnée, de notre vie consacrée. Et tout autre attachement de quelqu’ordre que ce soit ne doit trouver sa place que dans cet attachement prioritaire. Nous n’avons à être l’époux que d’une, l’Église. Nous sommes là pour vous qui êtes l’Église, à la suite du Christ, Celui que notre cœur aime et cherche. Et c’est dans ce don-là de nous-mêmes que nous sommes appelés à être pour vous à la fois père et frère, en même temps.

Alors ce soir, à l’écoute de cette Parole, certes de façon un peu décalée, j’aimerais vous inviter – 1er point – à prier pour vos prêtres et tout particulièrement pour votre curé, responsable de notre communauté ici à St Jo.

Un mot aussi sur l’évangile de ce soir. Je l’entends comme un appel à contempler le Christ dans son identité et sa mission.

Je suis frappé par ce regard qu’il pose, sur la situation qu’il croise, sur ce cortège et sur cette femme qui pleure. Je suis ému à l’idée qu’il nous regarde chacun avec ce même regard et qu’il est touché par nos vies et nos épreuves avec le même saisissement de compassion, pris aux entrailles, ému.

Et je suis frappé aussi de sa délicatesse, sa façon de prendre le temps d’oser une parole et de poser des gestes, en l’occurrence d’arrêter le cortège, de poser sa main sur le cercueil. Jésus prend le temps de la rencontre et d’un signe qui va laisser tout le monde dans une sorte d’effarement, ou plutôt de saisissement. Et il y aura un avant et un après.

En guérissant ce jeune homme mort et en le rendant à sa mère, il manifeste le sens de sa venue et qui il est ; et d’ailleurs la foule l’a bien compris, elle voit en lui un prophète et même plus que cela, elle comprend que Dieu visite son peuple. Car Dieu seul peut ressusciter les morts. Nous le savons bien en effet, c’est impossible pour un homme.

Dieu a visité son peuple. Jésus est cette visitation qui sauve de tout mal et de toute mort. Et nous savons qu’il le manifestera jusqu’en sa propre chair puisqu’il va faire cette même expérience de la mort et d’être relevé, ressuscité, et d’être rendu à sa mère et à l’Église qu’il a instituée au pied de la Croix en confiant le disciple bien-aimé à Marie et en la confiant elle aussi à ce disciple bien-aimé.

Pourquoi ce jeune homme-là et pas d’autres ? En fait ça n’est pas la question. Jésus a vu, il a été saisi, il pose ce geste, ce miracle qui annonce ce qu’il veut pour nous tous, pour vous aussi comme pour moi : nous libérer du mal et de la mort, la mort comme fin définitive de toute vie, et nous libérer déjà, dès maintenant, de toutes nos impasses de vie…

Je ne sais pas ce que vous vivez les uns les autres, je ne connais pas vos cris ou vos questions existentielles. Ce que je sais c’est que Jésus veut les porter avec lui et qu’il nous invite à les déposer en lui, et même à les déposer en lui en les confiant aussi à Marie sa mère et notre mère. Alors nous pourrons avancer et nous laisser sauver, nous pourrons nous laisser ressusciter par Dieu notre Père. Car avec Lui, Jésus, la vie est quoi qu’il arrive et malgré les apparences immédiates de nos épreuves, la vie est plus forte que tout mal et que toute mort. Avec Lui, Jésus, qui a donné sa vie pour nous ouvrir un passage – ce que nous célébrons dans toute eucharistie –, avec Lui la vie est victorieuse de tout mal. Et nous pouvons déjà en faire l’expérience dans nos traversées du quotidien.

Alors, tout simplement ce soir, nous prenons le temps de déposer, dans ce temps de silence que je vous propose maintenant, nous prenons le temps de déposer tout ce que ces quelques mots éveillent. Et nous demandons au Christ qu’en communiant tout à l’heure il vienne là nous rejoindre, au cœur de ce que nous vivons, pour nous donner de goûter avec Lui à la vie qui nous traverse et à la paix et la joie du cœur qu’il veut déposer en chacun de nous.

Nous prenons le temps de silence et de la prière et nous nous portons les uns les autres ; et comme je le disais en 1er point nous prions également pour notre curé et sa mission de prendre soin de nous et de cette belle paroisse. Amen.

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