Homélie mercredi 25 septembre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi de la 25ème semaine du Temps Ordinaire

Es 9,5-9 / Ct de Tb 13 / Lc 9,1-6

 

Il me semble que cette page d’évangile vous la connaissez sans doute un peu, on l’entend finalement assez souvent parce qu’elle est reprise pour un certain nombre de fêtes d’apôtres ou d’autres figures de saints.

Plusieurs points mériteraient qu’on s’y intéresse. J’en ai choisi surtout un.

Ce qui m’a particulièrement arrêté en priant ces textes c’est l’insistance dans l’évangile sur la guérison. Et le lien avec la 1ère lecture et le « psaume » du jour qui suivait. Les 12 sont envoyés pour guérir. Comme Jésus a guéri des malades.

Je ne sais pas quelle est votre expérience de disciples à la suite de Jésus mais je ne suis pas sûr que nous fassions beaucoup de guérisons. Et du coup il y a comme un fossé entre la mission reçue et le réel de ce que nous vivons. A moins qu’il faille entendre cela autrement…

Dans les Actes des Apôtres, le récit de la vie des premières communautés chrétiennes après la mort et la résurrection de Jésus et après le don de l’Esprit Saint, nous voyons les apôtres guérir des malades avec des miracles quasi identiques à ceux de Jésus. Et c’est une réponse à l’envoi en mission que Jésus a adressé aux disciples après sa résurrection.

Ce que nous dit St Luc – l’auteur des Actes des Apôtres – c’est que ceux-ci, les apôtres, et donc l’Église avec eux, nous avons pour mission de continuer l’œuvre de salut que Jésus est venu révéler. Et sans doute que ces miracles bien réels sont le signe que Dieu donne pour qu’on voit qu’il continue ainsi son œuvre.

Et dans l’épître de St Jacques on nous dit aussi d’imposer les mains et de prier sur les malades et que ceux-ci s’en trouveront mieux. C’est ce qui a donné naissance au très beau sacrement des malades, qui d’ailleurs a parfois des effets étonnants…

Et nous, du coup ? Eh bien nous sommes appelés à poursuivre cette œuvre. Mais en entendant bien que les guérisons miraculeuses de Jésus ont toujours été le signe de plus vaste que cela, le signe du salut que Jésus vient opérer. Car Dieu veut sauver tous les hommes, c’est-à-dire nous libérer de l’emprise du mal sur nos vies, nous ouvrir à l’expérience de la vie plus forte que tout mal et que toute mort. 

Et je crois que vous êtes acteurs de guérison, et que Dieu continue ainsi son œuvre de salut, alors même que vous ne faites pas forcément de miracles, au sens d’extraordinaire qui en met plein la vue.

Chaque fois que nous permettons une guérison du cœur, une guérison de la peur ou du découragement face au mal qui traverse nos vies, chaque fois que nous permettons que celles et ceux que nous croisons fassent l’expérience de la vie qui les traverse même au cœur de leurs épreuves ou de leurs doutes, alors nous faisons œuvre de guérison et de salut. Chaque fois que nous permettons à quelqu’un de retrouver confiance et espérance ou de se relever alors que la vie le clouait au sol, c’est salut et donc guérison.

C’est l’expérience du peuple d’Israël dans le livre d’Esdras que nous lisons ces jours en 1ère lecture. L’expérience que Dieu est là et qu’un salut est possible, d’une façon impensable et inattendue, un salut est possible alors même que le peuple croyait pourtant que Dieu l’avait abandonné puisque la terre promise avait été reprise par des peuples étrangers et que le Temple avait été détruit, le Temple qui symbolise la présence de Dieu au milieu de son peuple.

Alors, ce soir nous pouvons, comme dans le Cantique de Tobit – qui remplaçait le Psaume –, nous pouvons du coup rendre grâce pour ce que Dieu a fait dans nos vies alors que nous faisions peut-être l’expérience d’une descente « aux profondeurs des enfers », comme a dit Tobit. Et nous pouvons aussi rendre grâce au Seigneur pour ce qu’il a peut-être fait pour d’autres, par nos mains d’apôtres et de disciples qui prenaient soin ou par nos voix qui osaient des paroles de consolation et de réconfort et qui ont peut-être permis à l’un ou l’autre autour de nous de dépasser ses peurs ou son découragement ou sa désespérance.

Rendre grâce c’est le sens de toute eucharistie. L’eucharistie où le Christ se donne et par laquelle il vient traverser nos vies pour nous ouvrir au salut que Dieu veut pour nous tous mais aussi par nous. Amen.

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