Homélie ND de La Salette 19 septembre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Jeudi 19 septembre 2019 – ND de La Salette

Paroisse St Joseph – « Isèreanybody? » Grenoble

2Co 5,17 – 6,2 / Ct de Jdt 13 / Jn 19,25-27

 

A La Salette, Marie se présente à nous comme Réconciliatrice des pécheurs. C’est même le titre qu’on lui donne en cette fête. Et le message qu’elle a adressé à Maximin et Mélanie et à nous tous c’est, comme souvent, celui d’un appel à la conversion. Marie invite notamment à retrouver le rythme de la prière quotidienne et celui du repos dominical pour le Seigneur. 

Cet appel à la conversion c’est un même temps un appel à la réconciliation avec Dieu, ce qui est un peu logique puisque toute conversion signifie retour vers Dieu. D’où la 1ère lecture de ce soir qui sonne comme un cri d’urgence, comme les pleurs de Marie à La Salette et le style prophétique et dramatique de son message. Comme un cri. Et notre célébration prend du coup comme une allure de carême d’autant que c’est le même texte qui nous est proposé chaque année pour le mercredi des cendres !

Cet appel à la réconciliation qui est un travail, dit Paul, il est double : à la fois (1) se laisser réconcilier par Dieu, vouloir se laisser réconcilier avec Dieu et s'en donner les moyens, par exemple avec le sacrement du pardon qu’on n’aura jamais fini d’utiliser et de redécouvrir, mais aussi (2) devenir, comme Paul et comme Marie à La Salette, devenir des ambassadeurs de cette réconciliation, dans ce monde qui en a tant besoin. Annoncer cette urgence de la réconciliation, comme Mélanie et Maximin ont été invités par la « Belle Dame » à le dire à tout le peuple, l’annoncer et vouloir le vivre en actes dans toutes nos relations.

A La Salette Marie dit qu’elle souffre. Comme elle a souffert, en fait, au pied de la Croix. Marie souffre de nos vies où le mal a prise, le péché, l’éloignement de Dieu, ce mal qui crucifie Jésus et qui, elle, lui transperce son cœur de mère.

Et c’est bien pour cela que Marie nous invite à la conversion, pour faire retour vers Dieu, pour fixer nos yeux sur Lui, le Christ, et passer de la mort du péché à la vie éternelle qu’il propose, la vie où chaque acte d’amour a valeur d’éternité.

A La Salette, si Marie fait ce déplacement au nom de Dieu, comme un prophète, ce déplacement qui relève du miracle et de l’impensable, l’incroyable, c’est peut-être parce que seule une mère peut ainsi se faire proche, comme une mère qui vient consoler et prévenir ses enfants d’une colère paternelle qui monte car il n’en peut plus des désobéissances à répétition de ses enfants.

Et c’est vrai que Dieu le Père, et le Christ avec Lui, doivent se lamenter parfois et même désespérer de l’état du monde et du mal qui mène la danse, de notre participation aussi à tout cela, à notre petite mesure – face à tout ce qui se passe dans le monde – mais pourtant de façon bien réelle... Et Dieu doit d’autant plus se lamenter et s’attrister qu’il nous laisse libres. Car l’amour vrai va jusque-là…

A La Salette, je le redis autrement, Marie vient comme une ultime chance, discrètement, alors même que c’est de façon extraordinaire, surnaturelle, qui doit créer un sursaut de conscience pour ceux qui voudront bien croire ; elle apparaît, discrètement pourtant, dans la montagne, en venant parler à son peuple par ces petits bergers qu’on aura du mal à croire, mais elle vient bien comme une mère sait le faire parfois, en s’approchant avec délicatesse pour essayer de convaincre ses enfants avant qu’il ne soit trop tard…

Alors tout simplement ce soir, j’ai envie de prier et de vous inviter à prier pour que nous nous laissions toucher nous aussi par sa douleur et ses larmes de mère, et que nous puissions voir en notre vie à chacun ce qui a besoin de conversion, ce qui a besoin de la miséricorde du Père, que nous puissions voir aussi comment mettre toujours mieux la prière quotidienne et l’eucharistie au coeur de notre vie, et que nous puissions également entendre nos besoins de réconciliation, dans notre histoire et dans nos diverses relations.

Au pied de la Croix, Jésus a confié son disciple à Marie et il a confié sa mère à ce même disciple. Alors nous nous portons les uns les autres dans la prière pour déposer tout cela, maintenant, dans le cœur de Dieu, par l’intercession de Marie Réconciliatrice des pécheurs. Amen.

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