Homélie mercredi 30 octobre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi de la 30ème  semaine du Temps Ordinaire

Rm 8,26-30 / Ps 12 (13) / Lc 13,22-30

 

Vous l’avez entendu, Jésus répond à la question : « N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »

Je trouve cette question un peu étonnante… D’autant qu’elle semble contenir la réponse… comme une affirmation implicite… Pourquoi se demanderait-on cela ? Est-ce à cause d’une sorte d’angoisse de ne pas y arriver, que la barre soit trop haute, que les appels de l’Évangile soient trop exigeants ? Ou bien est-ce que cela ne cacherait-il pas une sorte de certitude pour ceux qui pensent ainsi, qu’il y a peu d’élus, et qu’ils en sont ?

Derrière cette question c’est celle de savoir qui sera sauvé ! Est-ce que c’est notre question à nous ? Est-ce que c’est votre question ? … J’espère !! Sinon ça veut dire soit que nous croyons être des parfaits – ou des presque parfaits –, en tout cas que nous sommes sûr de notre salut parce que nous sommes pratiquants et bons chrétiens, et que nous nous considérons du coup mieux que les autres, soit c’est parce qu’on est sûr du salut de Dieu, pour tous, puisque Dieu est amour et donc il aime tout le monde !

Ce qui est vrai… mais… à penser ainsi, qu’en est-il de la responsabilité de nos actes et de notre vie ? Et qu’en est-il de notre liberté de suivre ou non le Christ et de nous laisser sauver ou non par le Dieu miséricordieux ?

Il n’y a pas d’amour vrai qui ne laisse pas libre ! Retenons-le toujours ! Pas d’amour vrai qui ne laisse libre !

En tout cas Jésus évacue la question de ses disciples. Ou plutôt il répond en décalant les choses, comme il fait toujours. C’est cette fameuse affirmation : « Efforcez-vous de passer par la porte étroite » 

L’enjeu il est bien d’entrer, il est bien d’en être, il est bien d’être sauvés. Car Dieu veut sauver tous les hommes. Il veut nous offrir à tous de faire l’expérience de la résurrection et de la vie éternelle, l’expérience d’être libérés de ce qui entrave notre vie, de ce qui nous recroqueville ou nous enferme, être relevé de ce qui nous cloue au sol. C’est ça le salut. Et Dieu veut que nous vivions pleinement avec Lui, que nous soyons en pleine connaissance de qui il est, au sens biblique, c’est-à-dire que nous soyons dans une relation réciproque et totale d’amour. C’est ça la vie éternelle.

Mais ça passe par cette porte étroite… la porte étroite de l’Évangile qu’est la charité en actes, qu’est le don de soi par amour, qu’est la miséricorde envers son prochain, cet amour qui console, qui pardonne et qui veut redonner espérance.

Aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même. Il s’agit de consentir aux appels de l’Évangile et pour cela écouter et entendre le cri des hommes et des femmes de ce monde, discerner comment y répondre, chacun et ensemble, chacun à notre mesure, selon nos charismes, mais bien ensemble dans la complémentarité de nos possibles, à l’écoute de l’Esprit Saint et de ce qu’il va susciter en nous comme chemins de réponses…

On sait bien que ce n’est pas facile… On voit bien, je crois, que cette porte est étroite, oui. Mais c’est bien une porte, un passage, que Jésus a emprunté pour nous et où il nous précède. Il nous montre le chemin. Et notre liberté comme notre responsabilité c’est de le suivre là. Car là est notre salut !

Ça nous paraît difficile ?! Eh bien regardons comment il s’y prend et donc écoutons sa Parole ! Vraiment. Et entendons notamment cette bonne nouvelle que Paul a glissé dans l’extrait de la lettre aux Romains qu’on a entendue en 1ère  lecture : « Quand les hommes aiment Dieu, Lui-même fait tout contribuer à leur bien » 

La bonne nouvelle – et c’est ça que ça veut dire – c’est que Dieu va nous donner les moyens d’y arriver. Il est là avec nous. Sa Parole peut nous éclairer. Et son Esprit Saint souffle en qui le lui demande et apprend à se taire dans le silence de la prière pour entendre. Dieu nous donne ce dont nous avons besoin, alors allons-y avec confiance ! Allons-y en nous appuyant sur l’écoute et le partage de la Parole, par exemple en Frat’ ! Allons-y en nous appuyant aussi sur l’Esprit Saint ! Prions-le, chacun et ensemble, pour entendre ce qu’il vient susciter en nous et ce qu’il veut susciter par nous. Et appuyons-nous les uns sur les autres, dans la complémentarité de nos charismes…

Alors nous allons faire l’expérience du salut. Je le crois vraiment. Et nous pourrons faire nôtres ces versets du psalmiste qu’on a entendu juste avant l’évangile et que j’ai envie de vous inviter à méditer et à même ruminer pour qu’ils vous habitent : « je prends appui [Seigneur] sur Ton amour, que mon cœur ait la joie de Ton salut ! Je chanterai le Seigneur pour le bien qu’il m’a fait » … Amen.

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