Homélie vendredi 18 octobre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

St Luc, évangéliste (fête)

2Tm 4,10-17b / Ps 144 (145) / Lc 10,1-9

 

Si j’en crois la 1ère  lecture, St Luc était disciple de St Paul et même son compagnon, sans doute missionnaire avec lui. D’où cette page d’évangile qui nous est proposée ce soir de l’envoi en mission des 72. Non pas que Luc ferait partie de ces 72 mais ce qui est dit à leur propos nous parle de ce qu’est appelé à vivre tout disciple-missionnaire à la suite de Jésus, comme St Luc le fut avec St Paul.

Ils sont 72, nous dit le texte, 72 choisis, désignés par Jésus. 72, peut-être en référence aux 72 nations païennes dont il est question en Gn 10. C’est dire combien cet envoi en mission a un avant-goût d’universalité et que nous en sommes, nous aussi, de ces 72… En tout cas ils sont 72, envoyés comme des éclaireurs en mission de reconnaissance, en vue de la venue de Jésus et donc de la mission dans son plein accomplissement ; une mission, nous le savons et Jésus le dit déjà, pour laquelle les ouvriers seront toujours trop peu nombreux pour que la Bonne nouvelle de l’Évangile soit répandue à toutes les nations…

Ces 72, ils sont envoyés en toutes villes et localités où Jésus lui-même doit aller. Ils précèdent Jésus qui vient. Ce n’est pas leur mission à eux, c’est celle du Christ lui-même à laquelle ils participent. C’est pour cela qu’ils sont envoyés 2 par 2, pour ne pas faire son truc à soi ! Et puis parce qu’à 2, quand ce sera difficile, on va pouvoir s’épauler et se soutenir, s’entraider, et trouver ensemble les moyens de se remotiver. Y compris pour la prière qui sera toujours un enjeu et un défi pour chacun de nous.

Ces 72, qu’est-ce qui leur est demandé ? Quelles sont les conditions de la mission ? Qu’est-ce qu’ils doivent annoncer, et comment ?

Je retiens que Jésus leur commande de faire confiance. Pas seulement dans le fait que les loups – c’est-à-dire la violence de ce monde – ne les dévoreront pas, mais confiance aussi dans le fait qu’il leur sera donné ce dont ils auront besoin. Pas besoin d’emporter quoi que ce soit, il faut partir les mains ouvertes à ce qui adviendra. Appel à la confiance en Dieu mais aussi confiance en l’hospitalité qui s’annonce. Si je n’ai rien, je me fais dépendant de ceux vers qui je vais. Je vais devoir dépasser mes peurs de frapper aux portes. Ce qui va devenir avec le temps un enjeu de vie ou de mort, car il faudra bien au minimum que je mange. Et le salut c’est bien de cet ordre-là, radicalement : un enjeu de vie ou de mort.

Et la mission en elle-même ? Il s’agit de frapper aux portes, justement ; ou plutôt d’entrer, de visiter, pour se laisser accueillir par qui voudra. Avec pour premiers mots, cette salutation qui est aussi une attitude à vivre et qui nous rappelle la première parole du Christ ressuscité à ses apôtres : « La paix soit avec vous » 

« Paix à cette maison » … Si cette paix est reçue, entendue, alors notre mission, celle des 72, c’est de rester, c’est de partager quelque chose du quotidien. Non pas passer de maisons en maisons comme on enfile des perles pour faire un beau collier ou faire du nombre. Non, prendre le temps de visiter, d’être là. Alors une parole en actes sera audible.

Oui, prendre le temps, déjà, de vivre quelque chose du Royaume qui germe et qui vient puisque c’est le Seigneur lui-même qui veut se faire proche de tous et que notre mission c’est de préparer sa venue, l’annoncer, vivre déjà de sa Parole et du salut qu’il vient révéler.

Dans cette eucharistie, ce soir encore, nous l’accueillons et nous lui demandons qu’il soit notre force pour vivre ses appels, pour vivre à sa suite, ensemble, qu’il soit notre force pour témoigner de lui en nous rendant proche de celles et ceux que nous rencontrons. Et pour cela, nous nous portons les uns les autres dans la prière.

A ce propos, j’aimerais vous inviter à prier tout particulièrement ce soir pour deux jeunes qui sont deux anciennes de St Jo, Maëlle et Marie, qui cheminent vers une vie consacrée diocésaine missionnaire. Maëlle et Marie vont vivre demain une 1ère étape d’engagement, avec notre évêque. Je propose que nous les portions tout spécialement dans la prière ainsi que celles et ceux que nous connaissons peut-être qui se posent des questions vocationnelles ou qui se préparent eux aussi au don de leur vie pour le Christ et la mission. Amen.

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