Vous avez-dit sacrement de la confirmation ?

Publié le par Christophe Delaigue

Mon topo de ce jour pour le parcours qui démarre pour les jeunes de la paroisse St Joseph de Grenoble préparant un sacrement de l'initiation chrétienne (baptême, eucharistie et confirmation) et là (en l'occurence) pour ceux désirant marcher vers la confirmation. Comme une introduction à ce qu'est ce sacrement et ce que cela va nous amener à revisiter et à découvrir ou approfondir. Ce topo n'a pas prétention à tout dire ni à tout bien dire, mais à introduire déjà...

Ce parcours vers les trois sacrements de l'initiation chrétienne sappelle TLAC : Tenter L'Aventure Chrétienne...

 

 Vous avez-dit sacrement de la confirmation ?  

  1. Sacrement ?
  2. Confirmation de quoi et de qui ? (c’est-à-dire : qui confirme quoi ?)

 

Un sacrement…

C’est :  un geste et une parole

            que l’Église pose (et propose)

                        en référence à des gestes et/ou paroles de Jésus

            qui dit une réalité de Dieu et de la foi qui n’est pas visible à nos yeux.

 

La confirmation, un des trois sacrements de l’initiation chrétienne.

L’initiation, c’est-à-dire : ce qui fait de nous des chrétiens au sens plein du terme, des chrétiens adultes, des chrétiens mûrs qui peuvent vivre leur foi et les appels de Dieu. Ce qui nous permet de le devenir.

  • Baptême
  • Eucharistie
  • Confirmation

C’est-à-dire :

  • Se reconnaître fils et filles de Dieu le Père
  • et décider de suivre le Christ et de vivre avec lui
  • grâce à la force même de Dieu, sa force de vie et d’amour qui est promise à qui la demandera, sa force qui vient nous configurer au Christ luimême pour vraiment vivre à sa suite, pour vraiment vivre notre foi et les appels de l’Évangile (notamment l’appel à aimer Dieu et notre prochain comme nous-mêmes et aimer même nos ennemis – c’est le cœur de l’Évangile), pour vraiment vivre aussi en dynamique de résurrection, dès ici-bas.

 

Pour le dire autrement :

Par le baptême on dit que nous sommes plongés dans la mort et la résurrection de Jésus, promesse que la mort ne sera pas le dernier mot de notre vie, mais un passage à une vie autrement, en Dieu, promesse aussi dès aujourd’hui : mourir au mal et à son emprise sur notre vie et naître à une vie autre, de confiance et d’espérance, avec le Christ, comme lui et à sa suite.

Le projet du Père c’est le salut. Nous libérer de tout ce qui nous rend captif, tout ce qui entrave notre vie, tout ce qui nous empêche d’être pleinement des vivants, tout ce qui nous cloue au sol. Et c’est promis pour tous, par l’action de l’Esprit Saint qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, l’Esprit Saint qui agit notamment par l’Église du Christ (on reparlera de tout cela). C’est promis pour tous, donc, non seulement ceux qui reconnaissent le Christ comme chemin de vie et partenaire de vie pour notre quête de bonheur (cf. eucharistie : devenir ce que nous recevons, le Corps du Christ) et pour celles et ceux à qui nous le feront connaître, comme il nous y a appelé après sa résurrection et grâce ) la force de l’Esprit Saint (ce n’est pas notre œuvre à nous selon nos vues humaines, c’est et ce sera l’œuvre de Dieu).

 

Les trois sacrements de l’initiation chrétienne, ce sont trois sacrements qui se complètent et qui disent en même temps notre foi (ce que je viens de dire de façon un peu rapide et qu’on prendra le temps d’aller revisiter). Trois sacrements qui se complètent et qui disent ce que c’est être chrétien.

  • Chez les orthodoxes et les chrétiens d’Orient, on les donne en même temps, le jour du baptême : pour signifier que tout ça c’est inséparable. Il faut tout ça pour être chrétien.
  • Chez les catholiques, on les célèbre séparément, en étapes, pour signifier que vivre tout cela c’est un chemin et que le don reçu au baptême est à déployer dans nos vies, que l’Esprit Saint qui est déjà présent au baptême, il est à accueillir, il est à demander, il est à apprendre à reconnaître. Ce qu’on célèbre à la confirmation en le demandant très explicitement pour qu’il vienne façonner notre vie et nous accompagner. On décide d’en faire explicitement le partenaire de notre vie. C’est quelqu’un qui est là et que Jésus nous a promis comme un compagnon de route quand lui ne serait plus là à nos côtés de façon visible (cf. Jn 16 : l’autre Paraclet).

Cette célébration en étapes de ces trois sacrements, on en a une mention dans les Actes des Apôtres quand on nous dit q’ils imposaient les mains à ceux qui avaient juste reçu le baptême (par exemple en Ac 8,14-16).

 

A propos de la foi et de ces trois sacrements encore :

Au baptême on reçoit la foi, en germe. C’est déposé en nous. Et c’est comme une plante, il va falloir l’arroser, la nourrir, pour qu’elle grandisse et porte du fruit.

L’eucharistie : c’est justement nourrir sa foi du Christ lui-même qui se donne en nourriture et qui vient établir sa demeure en nous pour que nous vivions avec lui.

La confirmation : c’est un peu l’arrosage, Dieu, de façon imperceptible à nos yeux, qui vient confirmer la foi en nous et nous permet de la déployer dans toute notre vie pour en témoigner. Dieu qui vient faire cela parce que nous le lui demandons et que nous lui demandons cette force-là.

Ça nous dit que la foi ce n’est pas juste un acte de notre volonté parce qu’on a décidé de croire. Même si ça peut être le point de départ, évidemment. La foi c’est un don de Dieu. Il faut qu’on apprenne à la laisser faire en nous. Et il nous donne pour cela – je le redis – sa force de vie et d’amour, son esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit Saint.

 

La confirmation c’est donc le sacrement du don de l’Esprit Saint.

Et du passage à l’âge adulte chrétien (en Église, car on ne peut pas être chrétien tout seul).

C’est pour cela que le parcours va nous faire revisiter la foi de l’Église, c’est-à-dire comment on a mis en mot ce en quoi on croit, au regard de ce que nous connaissons de Dieu dans la Bible et de ce que Jésus nous en a révélé. On va revisiter ensemble, avec ceux qui découvrent tout ou presque en préparant leur baptême, on va revisiter qui est Dieu, comment il se fait connaître et à quoi il nous appelle pour notre chemin de vie et de bonheur et à quoi il nous appelle pour que d’autres le découvrent et le connaissent.

 

Recevoir ce sacrement c’est dire à Dieu :

« Seigneur, je veux vraiment vivre avec Toi et à ta suite,

Je veux vraiment vivre, recevoir et annoncer l’amour du Père pour tous et qu’ils le découvrent petit à petit,

J’ai conscience que Toi seul me donnera les bonnes paroles et les bonnes attitudes pour cela,

Que Toi seul peut me donner de bien comprendre Tes appels dans Ta Parole et dans les évènements et les rencontres que je ferai,

Alors donne-moi Ton Esprit-Saint, Ta force de vie et d’amour… »

Du coup : qui confirme ?

Pas nous ! même si nous disons notre désir de vivre notre baptême et de vouloir avancer avec le Christ. C’est Dieu qui vient confirmer en nous ce que nous vivons déjà depuis notre baptême, c’est Dieu qui vient confirmer en nous le don de la foi et qui vient ainsi le déployer dans toute notre vie, parce que nous le lui demandons et parce que nous affirmons y croire et vouloir nous appuyer sur lui. Alors Dieu nous en fait le don, ce don qui est quelqu’un, ce don qui s’appelle l’Esprit Saint.

Dieu vient confirmer en nous ce chemin de foi que nous voulons vivre en nous en donnant pleinement les moyens, Dieu qui nous dit :

« Je t’aime, j’ai confiance en toi, j’ai même besoin de toi, malgré tes fragilités ou tes doutes.

Je t’offre ce que j’ai de plus précieux pour vivre ta foi : moi-même, mon amour, ma force de vie, mon souffle de vie.

Appuis-toi sur moi,

Je serai présent en toi pour que tu trouves les bons mots, les bonnes attitudes, pour vivre l’Évangile et que tu trouves ainsi ton chemin de bonheur, et d’autres avec toi »…

 

Dieu confirme son amour pour nous et il déploie cet amour en nous, et c’est force de vie. Et ça affermit la foi en nous, ça va nous aider à vivre à la suite du Christ.

 

 

Dans la Bible, ça vient d’où ce sacrement ?

 

Dans l’Ancien testament : les prophètes ont annoncé que l’Esprit du Seigneur reposerait sur le Messie promis. L’Esprit du Seigneur il est présent dès la Création, dans la Genèse, on parle du souffle créateur de Dieu, on dit aussi que Dieu a insufflé en l’homme son souffle de vie.

L’Esprit du Seigneur, donc, reposera sur le Messie : « Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (Is 11,2 ; cf. aussi Is 61,1).

 

Jésus va reprendre cela à son compte lors de sa première prédication à la synagogue de Capharnaüm en Lc 4,16-22. C’est juste après son baptême par Jean-Baptiste et la descente de l’Esprit Saint sur lui.

 

L’Esprit promis au Messie, donc au Christ, à Jésus, les prophètes disent aussi qu’il sera communiqué à tout le peuple messianique, ce peuple qui attend le Messie et qui doit vivre à sa suite (donc nous, finalement).

Cf. Ez 36,25-27 ou Jl 3,1-2.

Et Jésus va promettre à plusieurs reprises à ces disciples, cette force d’en haut, cet Esprit Saint :

  • en Jn 3 : l’appel à renaître d’en haut, et pour cela renaître de l’Esprit, qui est comme le vent…
  • en Jn 16,715 : l’Esprit Saint qui nous permettra de connaître tout ce que Jésus nous enseigne, l’Esprit Saint qui est un « autre Paraclet » (défenseur et compagnon de chemin pour prendre soin de nous)…
  • en Ac 1,8 : « Vous allez recevoir une force venue d’en haut, celle de l’Esprit Saint… Alors vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre »… Et la suite en Ac 2 : le don de l’Esprit Saint, qui affermit les apôtres dans le foi et qui les fait sortir de leur peur (ils étaient enfermés par crainte des autorités juives, après la mort de Jésus, puis dans l’attente de l’Esprit Saint – cf. Jn 20,22). Alors les apôtres vont annoncer Jésus Christ et vont baptiser ainsi qu’imposer les mains, signe du don de l’Esprit Saint (signe que l’on va retrouver dans la célébration de la confirmation, comme dans d’autres sacrements d’ailleurs, car c’est toujours par l’Esprit Saint que l’Église agit dans les sacrements).

 

Rappel : signifier le don de l’Esprit Saint. Signifier : un sacrement. Qui est signe et moyen de l’action de Dieu, qui permet de rendre visible une réalité invisible, en l’occurrence (ici) le don de l’Esprit Saint.

 

Très vite on va faire une onction d’huile, un geste qu’on reprend de l’Ancien Testament, le geste par exemple pour la désignation du roi d’Israël. « Christ » ça veut dire : « celui qui est oint de l’Esprit Saint », celui qui a reçu et qui est marqué de l’Esprit Saint. Le mot « chrétien » ca vient de Christ, nous sommes appelés à devenir des autres-Christ aujourd’hui, dans ce monde, à la suite de Jésus et grâce au don de l’Esprit Saint.

Au baptême on nous a dit : désormais nous sommes prêtre-prophète-roi, nous participons de cette triple dignité et mission du Christ. C’est donné et c’est à vivre, c’est à déployer dans notre vie. C’est pour cela que nous avons besoin de l’Esprit Saint, la force de vie et d’amour de Dieu. Prêtres, prophètes et rois : annoncer la Parole, porter le monde dans la prière et faire le lien entre ce monde et Dieu, et gouverner ce monde, c’est-à-dire permettre que toute chose trouve sa juste place, et donc servir ce monde et nos frères et sœurs en humanité, les servir selon les appels de Jésus dans l’Évangile et les servir comme lui nous montre qu’il faut être serviteur de l’autre…

[On ira revisiter tout cela !]

 

Dans le rite de la célébration de la confirmation on va retrouver tous ces éléments :

  • renouvellement des promesses du baptême (car la confirmation est un déploiement de notre baptême)
  • profession de foi avec toute l’Église (puisque nous demandons à Dieu lui-même, par l’Esprit Saint, de nous affermir dans la foi et de nous donner de connaître Dieu tel que lui-même veut se dire pour pouvoir l’annoncer à d’autres)
  • imposition des mains et onction d’huile (le saint-chrême) : le don de l’Esprit Saint.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :