Homélie jeudi 7 novembre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Jeudi de la 31ème semaine du Temps Ordinaire

Rm 14,7-12 / Ps 26 / Lc 15, 1-10

 

En méditant ces textes, je me suis fait deux réflexions… La 1ère  c’est de savoir ce que ça veut dire quand Paul s’écrit : « si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur (…) nous appartenons au Seigneur », etc. Il me semble que ça à voir avec l’évangile d’hier, quand Jésus nous appelle à le choisir préférentiellement, à le préférer à tout autre attachement, qu’il soit relationnel et matériel.

Pour moi c’est une question : est-ce que nous avons l’impression de vivre pour le Seigneur ? Est-ce qu’on oserait dire qu’on appartient au Seigneur ?

La 2ème chose qui a habité mes réflexions c’est par rapport à cette page d’évangile qu’on vient d’entendre. Je me suis dit : il est glonflé Jésus ! Il nous balance à la figure des vérités qui en fait n’en sont pas ! « Si l’un d’entre vous a 100 brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? » Eh bien, désolé cher Jésus, mais non ! Ce serait du suicide de troupeau !

Cette évidence n’en est pas une. Jésus veut nous provoquer et plus encore il veut nous faire entendre cette bonne nouvelle : Qui que nous soyons, Dieu veut nous sauver. Qui que nous soyons, chacun, personnellement. Et vous le savez – ou je vous l’apprends – ces deux petites paraboles qu’on vient d’entendre sont le prélude à une 3ème qu’on connaît bien, je crois, la parabole qu’on appelle « du fils prodigue ».

Ce que Jésus veut qu’on entende, ce qu’il veut vraiment qu’on fasse nôtre et qui soit un moteur de vie et de confiance, c’est que personne n’est trop loin du salut de Dieu, de son amour. Et si je me détourne, ou si je me perds dans ma quête de vie et de sens, certes Dieu me laissera libre, comme le père du fils prodigue qui le laisse partir pour vivre sa vie loin de lui, certes Dieu me laisse libre, mais Dieu ne se détourne pas de moi.

La preuve de cela, la preuve de cet amour c’est Jésus-Christ lui-même que Dieu nous a envoyé, que Dieu a offert à ce monde et qui s’est livré à nous, par amour, pour nous annoncer cette bonne nouvelle du salut que Dieu veut offrir à tous.

Ça veut dire aussi que ça nous engage les uns vis-à-vis des autres à apprendre à avoir ce même regard que Dieu, à vivre et à vouloir vivre de ce même amour. Et moi j’entends là l’appel à prendre soin les uns des autres, nous avons du prix aux yeux de Dieu, nous sommes comme cette pièce d’argent. Et si nous sommes importants pour Dieu, si nous avons de la valeur, s’il nous aime, comment ne pas se laisser appeler par cela pour nos relations mutuelles ? Déjà entre nous, mais aussi autour de nous…

Peut-être que c’est dur parfois de croire que l’autre a de la valeur, au regard de ses actes ou du mal qu’il peut nous faire. Peut-être que parfois c’est dur de croire que nous-mêmes nous en avons parce que peut-être nous désespérons de nous ou nous nous décourageons, pour tout un tas de raisons... Oui peut-être… Eh bien demandons au Seigneur son Esprit Saint. Que ce soit dans la prière ou dans les sacrements que l’Église nous offre. Oui, demandons à Dieu de nous apprendre, demandons-lui d’être notre force. Et apprenons à nous laisser former, façonner, jour après jour ou semaine après semaine, par notre écoute de la Parole. Regardons comment Jésus fait. Écoutons comment il rejoint l’autre, comment il console, comment il révèle l’amour de Dieu.

C’est cela vivre à sa suite… Vous le savez mais c’est bien de le réentendre, je crois. Et d’ailleurs, si nous voulons vivre à sa suite, c’est ce qu’on entendait hier, il nous faut décider de mettre le Christ en premier dans notre vie, ou plutôt en fondation, en fondement. Toute notre vie sera alors transformée petit à petit de sa façon à lui d’aimer et de se rendre proche des uns et des autres.

Petite parenthèse… Une petite chose concrète que j’aime faire quand je ne sais pas trop comment agir face à telle ou telle situation, c’est de me demander comment est-ce que Jésus ferait, comment est-ce qu’il s’y pendrait. Et c’est même de le lui demander dans la prière et de me laisser habiter par ce que ça éveille en moi… Ce n’est pas très compliqué à mettre en place mais ça peut nous aider…

En tout cas, contemplons-le dans les évangiles, écoutons-le, mettons-nous à son école. Et demandons l’Esprit Saint. Qu’il nous éclaire, qu’il façonne notre cœur et notre regard.

Et enfin, entendons la joie de l’évangile, celle de notre conversion à ce regard-là de Dieu sur chacun et sur nous-même. La joie que produit notre conversion à cet amour qui est salut, cet amour qui est celui-là même de Dieu pour nous qu’est la venue de Jésus et dans le don de sa vie.

Je prie ce soir pour que cette Bonne nouvelle nous ouvre à la louange et à l’action de grâce, et pour que ce que nous célébrons ce soir encore dans cette eucharistie nous façonne vraiment, petit à petit, et nous rende plus aimants et plus attentifs aux uns et aux autres. Amen.

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