Homélie mercredi 20 novembre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi de la 33ème semaine du Temps Ordinaire

2M 7,1.20-31 / Ps 16 (17) / Lc 19,11-28

 

Il y aurait sans doute à dire sur cette page d’évangile ! qui a un côté heurtant et  difficile... Mais ça n’est pas ce que je vais faire...

Car si j’ai bien suivi les annonces de dimanche soir à la fin de la messe – et les annonces c’est toujours un peu une aventure, ici à St Jo –, si j’ai bien suivi, donc, ceux parmi nous qui sont étudiants vous allez réfléchir tout à l’heure ou partager autour du thème « la vie et la mort » … Or c’est justement la question qui traverse notre 1ère lecture et je vous propose de m’arrêter un peu là-dessus, à partir de ce qu’on a entendu dans ce texte, un peu comme une mise en bouche pour la suite de la soirée, pour ceux d’entre vous qui êtes étudiants, et une façon d’être en lien avec vous, pour les jeunes pros et nous autres qui sommes là ce soir…

Il me semble que la question qui traverse cette 1ère lecture c’est vraiment celle de savoir qu’est-ce que la vie, alors même que la mort se profile par exemple avec violence pour cette femme et ses 7 fils. Qu’est-ce que la vie et qu’est-ce qui donne sens à la vie, à cette vie qu’est la nôtre ?

La 1ère chose que j’entends dans ce texte c’est que la vie est marquée par des épreuves. Certes on n’est pas nous ici en mode persécution et martyre. Mais c’est quand même le réel auquel nous sommes confrontés. La vie est entachée d’épreuves de tous ordres qui viennent en questionner le sens, parfois violemment.

Là, dans notre texte c’est la mise à mort de ses fils, pour cette femme. Et pourtant, elle reste dans une confiance étonnante, elle est habitée d’une espérance forte.

Parce que pour elle la vie est un don de Dieu. Et que Dieu est là, quoi qu’il arrive. Dieu qui veut la vie jusque dans le mystère de la mort. C’est ce qu’elle affirme quand elle dit : « c’est lui [Dieu] qui dans sa miséricorde vous rendra l’esprit et la vie » …

Sa confiance, son espérance, c’est celle de la résurrection, avec ses mots à elle, mais c’est celle de la résurrection, sa foi que la mort n’est pas la fin de notre vie, notre vie avec Dieu ou telle que Dieu veut nous l’offrir.

Comment ? Je ne sais pas, du moins ça n’est pas sa question. C’est d’abord et avant tout un acte de confiance en Dieu...

Le roi Antiocos, lui, que fait-il ? Il promet de l’argent au dernier fils, comme un plus de vie, une espèce de promesse de vie, en fait complètement folle. Qui vient nous questionner : qu’est-ce qui donne du prix à ma vie ? Est-ce que ma vie peut s’acheter ? Qu’est-ce qui donnera sens à ma vie ? Pour le dire autrement : qu’est-ce qui va me sauver ?

Ce fils peut choisir de survivre, de sauver sa vie, en vendant son âme. Pourquoi pas… Mais sera-t-il plus heureux pour autant, sera-t-il plus vivant au fond de lui ?

Ça me fait penser à Jésus qui dira : « Qui veut sauver sa vie la perdra, qui perdra sa vie la sauvera » … Il n’est pas d’abord en train de nous appeler au martyre, mais de nous interroger : qu’est-ce que vivre ? Est-ce que c’est survivre ou est-ce que c’est vivre dans le don de soi par amour. Pas forcément jusqu’à la mort, mais chaque jour, est-ce que je me protège et je vis mon petit train-train tranquille ou est-ce que je me donne par amour, est-ce que je donne de mes talents – l’évangile parlait de « mines » – et de ma personne, par amour de l’autre ?

Évidemment ça me fait penser à Jésus qui va se donner jusqu’au bout. Et lui aussi aurait pu sauver sa vie, il aurait pu sauver sa peau. Non, il a aimé jusqu’à consentir à passer comme nous par le mal et la mort pour se laisser sauver par Dieu, tel que Dieu le voudrait et le permettrait. Sa résurrection devient pour nous promesse, promesse de vie.

Pour demain, dans l’au-delà, après la mort, mais dès aujourd’hui aussi car elle est puissance de vie au cœur de ce que nous avons à traverser, elle est espérance et appel à la confiance que quoi qu’il arrive, quoi qu’il nous arrive, avec lui Jésus, avec Dieu, la vie est et elle sera plus forte que toute forme de mal et que toute forme de mort. Avec lui et quoi qu’il nous arrive, malgré les apparences parfois et même souvent.

Je le redis, nous ne sommes pas en situation de martyre ou de persécution, comme dans notre texte de ce soir, mais ça nous concerne pareil parce que nous faisons tous l’expérience, d’une façon ou d’une autre, que la vie est traversée d’épreuves, d’échecs ou de questionnements sur le sens de ce qui nous arrive, voire le sens à être là sur cette terre.

Avec cette question qui peut nous habiter : qu’est-ce qui donne du poids à mes jours, qu’est-ce qui donne du sens et du prix à ma vie ?

Alors que ce soir dans cette eucharistie le Seigneur lui-même nous éclaire et déjà qu’il porte avec nous ce qui est peut-être un peu lourd ou difficile et que nous voulons chacun lui confier.

Qu’il nous éclaire et que notre foi en lui et en sa présence à nos côtés soit vraiment notre force de chaque jour et même notre moteur de confiance et d’espérance, notre moteur de confiance en la vie et en Dieu, Dieu qui est présent avec nous et qui se donne, en son Fils Jésus, Dieu qui se livre aujourd’hui encore entre nos mains, par amour pour nous. Amen.

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