Méditation 23 décembre 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Méditation en forme d’homélie - textes de la messe du jour

Ml 3,1-4.23-24 / Ps 24 (25) / Lc 1,57-66

 

Cette fois tout est prêt. Tous les personnages sont en place, tous ceux dont Dieu a besoin. Et le dernier, celui qui est comme intimement lié à l’advenue de Jésus, ce dernier qu’est Jean-Baptiste, voilà que lui aussi vient de naître au monde. Et la liturgie de ce jour, en nous donnant à entendre sa naissance, en fait un presque-jumeau de Jésus qui lui va naître demain soir. Ils sont inséparables, ou plutôt Jean est inséparable du Christ.

La 1ère lecture nous le donne d’ailleurs à entendre : ils sont tous deux intimement liés ; l’un annonce le second, il est comme le déclencheur de Bonne nouvelle, celui qu’il fallait « repérer » pour comprendre ce qui advient, celui qui va nous aider à nous préparer à accueillir le sauveur annoncé, promis et attendu, celui qui nous appelle jusqu’en ce matin encore à désirer nous laisser convertir par le Seigneur lui-même...

Jésus vient, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Et cela est possible car Dieu fait grâce. Et ce prénom, Jean, Dieu-fait-grâce, est bien une annonce pour nous aujourd’hui. Et même une Bonne nouvelle.

Zacharie avait douté ou s’était étonné de l’annonce qui lui avait été faite d’un fils qui venait. Il en était resté sans voix jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse. Et voilà que nommant son fils, reconnaissant ainsi l’accomplissement de la promesse et obéissant à ce qui lui avait été demandé de l’appeler Jean, voilà que Zacharie reconnaît que Dieu lui a fait grâce et a exaucé ce qui fut la prière d’une vie.

Mais plus que cela, Jean le Baptiste dans sa mission de déclencheur, d’annonceur de l’imminence de la venue du Sauveur, Jean nous dit à nous aussi, par ce prénom qu’il reçoit, il nous dit et nous donne d’entendre nous aussi cette Bonne nouvelle : Dieu-fait-grâce.

Oui, il fait grâce par la venue de son Fils, l’Emmanuel. Il a fait grâce par cette venue inscrite dans l’histoire. Mais il fait grâce aujourd’hui encore car il vient aujourd’hui encore, et aujourd’hui encore il veut nous visiter, aujourd’hui encore il se tient à la porte et il frappe (cf. Ap 3,20), il veut demeurer en nous et en ce monde, pour le sauver, poursuivre son œuvre de salut et instaurer encore son Royaume.

Comme disait l’une des sœurs du Carmel de Surieu, ce matin dans les intercessions : sa venue d’un jour est celle pour chaque jour. Pour le dire autrement (à la Christian de Chergé, moine-martyr de Tibhirine) il vient pour tout-jours – à la fois en un mot, nous le savons, il l'a promis, mais aussi en deux mots : il vient pour tout-jour.

C’est bien ce que nous allons célébrer demain soir et dans les jours qui suivront. C’est bien ce que nous célébrons aussi à chaque eucharistie.

Sa venue d’un jour, dans notre histoire, est celle pour chaque jour dans notre histoire à chacun. Qui prépare sa venue pour toujours – en un mot cette fois – sa venue dans la Gloire, à la fin des temps.

Alors, en ce jour, laissons résonner en nous ce prénom qui est Bonne nouvelle : Dieu-fait-grâce. Laissons notamment résonner en nous ce qu’il éveille du passage de Dieu dans notre vie qui déjà fut de l’ordre du salut et d’un passage des ténèbres à la lumière, une pâque...

Et comme Zacharie qui entre dans la louange, celle du Benedictus que nous chantons chaque jour, chaque matin, et que nous réentendrons tout particulièrement demain à l’eucharistie, comme Zacharie, laissons monter en nous la louange de ce jour, telle qu’elle veut jaillir en nous. Car déjà nous avons expérimenté un jour que Dieu faisait grâce. Et nous pouvons nous appuyer sur cela pour croire et annoncer la venue du sauveur aujourd’hui encore. Demain et pour tout-jour – en un et deux mots. Amen.

Publié dans Homélies, Méditations

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