Nouvelles et vœux 2020

Publié le par Christophe Delaigue

 

Voilà que 2019 s'achève... et que 2020 pointe déjà à l'horizon... Une page se tourne, et quelle page, pour moi ! Occasion de rendre grâce pour tant de personnes qui depuis plus de deux ans m'ont entouré tout particulièrement de leur amitié ou m'ont témoigné de leur soutien, qu'il soit priant ou financier. Et aujourd'hui je voudrais vraiment vous adresser un très très grand merci, je ne m'en sortirais pas sans vous tous, à la fois les donateurs sans qui je n'aurais pu payer ces deux ans de soins très coûteux, en Belgique, mais également toutes celles et tous ceux qui avez prié ou fait prier pour moi, et vous aussi qui m'avez visité en terre d'Exil ou qui m'avez accueilli chez vous !

Je veux profiter de ces voeux de nouvelle année pour vous donner quelques nouvelles.

Me voilà rentré sur Grenoble depuis la mi-août. A la fois parce que la Maison Ste Thérèse, à Bruxelles, où se formaient des séminaristes français dont deux de mon diocèse de Grenoble-Vienne, a fermé, mais aussi parce que j'étais en fin de traitements annoncée. Et de fait, c'est effectif depuis mi-octobre ! Quelle aventure ! Qui continue autrement car la maladie est juste endormie et qu'il me faut maintenant apprendre à vivre à un rythme ralenti, adapté au réel de ce que je suis devenu, sans fatigue ni stress, donc sans responsabilités, pour que l'immunité soit concentrée sur les bactéries, au cas où elles se réveilleraient et pour éviter cela.

Concrètement je suis en mi-temps thérapeutique qui se partage entre la paroisse St Joseph de Grenoble et dans l'équipe qui accompagne la question des vocations dans le diocèse.

La paroisse St Joseph est ce lieu que mon évêque avait confié aux jeunes il y a 10 ans, suite aux Assises des jeunes ; il vient de l'ériger en paroisse, en juillet dernier. J'ai la joie d'y retrouver un ami de séminaire qui y est curé, Emmanuel, qui est très à l'écoute du réel que je peux être et offrir, bienveillant, et avec qui j'ai plaisir à vivre la mission et à l'aider pour cela à être au service des jeunes qui font vivre cette si belle paroisse, si dynamique. Nous sommes trois prêtres, avec Patrick, un religieux qui fêtera ses 60 ans dans deux mois, une belle équipe, bien différents, dans une belle complémentarité liée à nos expériences de vie, une bien belle équipe aussi avec les deux jeunes laïcs en mission ecclésiale (Bertille et Guillaume) avec qui nous servons cette paroisse qui est comme une école de vie ecclésiale et d'engagement pour tous et avec tous ces jeunes qui sont là.

A la fois, donc, sur cette paroisse, et également au service des vocations du diocèse où j'ai rejoint Pauline qui en est responsable. Nous nous connaissons bien puisque je les ai accompagnés, Vincent et elle, pour leur mariage, c'était en août 2017 et ce fut le dernier que j'ai pu célébrer avant que la maladie ne prenne le dessus puis que je parte en Belgique.

Je suis très heureux de ces deux “lieux” où je peux apporter un peu de ce que je suis. Même si je sens que c'est fragile, que je fatigue vite et donc qu'il me faut être prudent. Je suis juste là, juste disponible, heureux de pouvoir célébrer et prêcher, heureux de pouvoir aider à la réflexion et à une certaine prise de hauteur, heureux de pouvoir accompagner l'un ou l'autre de ces jeunes qui veut vraiment mettre sa vie sous le regard de Dieu, heureux de pouvoir accompagner des jeunes en question vocationnelle, heureux enfin d'être un frère pour Emmanuel (mon curé) avec qui il peut partager, s'il le veut, ce qu'il vit ou ce qui se questionne en lui.

Je me sens appelé aujourd'hui à une dimension plus priante et écoutante de mon ministère, être plutôt en soutien et surtout disponible pour accompagner et prêcher, en portant chacun dans ce grand mystère qui est le coeur de ma vie qu'est l'eucharistie. Comme j'aimerais que beaucoup y puisent force pour leur chemin de vie et qu'ils y trouvent cette paix et cette joie du coeur dont nous avons tant besoin pour avancer sereinement au coeur d'une vie si vite bousculée par l'incertitude en l'avenir ou la maladie ou les épreuves de tous ordres autour de nous... Comme j'aimerais... Alors je porte pour vous tous et avec vous tous, à ma petite mesure mais toute ma mesure... confiant que là j'ai quelque chose à vivre et que là Dieu m'attend, je crois.

Tout cela est facile à écrire, mais pas toujours facile à accepter dans le réel de mes capacités d'aujourd'hui ; j'apprends, car la vie m'a quand même bien diminué par cette épreuve. Et pourtant... Et pourtant je rends grâce de ce que cela a permis, d'approfondissement de ma foi et de ma relation au Christ, d'approfondissement autrement de mon être prêtre et de mon rapport au monde, de rencontres aussi.

Jamais je n'aurais imaginé par exemple être heureux replongé dans une maison de formation type séminaire or ce fut une si belle expérience que d'être à la Maison Ste Thérèse, d'abord comme un grand frère accueilli et de ce fait là disponible pour écouter et discuter, puis, cette année, comme membre du Conseil et donc formateur. Quelle joie aussi d'accompagner depuis l'année dernière Maëlle et Marie que notre évêque avait envoyées à Bruxelles pour une année d'études à l'Institut d'Etudes Théologiques des jésuites, avec nos séminaristes, qui sont en chemin vers une vie consacrée diocésaine missionnaire, que j'accompagne toujours cette année ainsi que Véronique-Marie. Quelle joie de visiter, au titre de ma fonction au service des vocations, nos deux jeunes hommes en année de propédeutique (année de de discernement et de fondation spirituelle avant une éventuelle entrée au séminaire) dont Jean qui m'avait été donné comme accompagnateur-malade à Lourdes en juillet 2018 et qui s'était tourné vers moi il y a un an alors qu'il se sentait appelé à donner sa vie au Christ et à l'Eglise...

Lourdes... Un lieu qui compte... Dès mon départ à Bruxelles, il y a deux ans, je m'étais promis d'aller y rendre grâce si le médecin qui avait accepté de me recevoir me prenait en charge, et dès Noël mon ami Philippe m'y emmenait, occasion de rendre grâce déjà, en tout début de traitements mais après un an et demie déjà de soucis médicaux croissants, et de prier pour d'autres malades autour de moi qui me sont chers. L'été suivant, juillet 2018, ce fut le pèlerinage diocésain, comme malade, difficile dans l'acceptation de mes limites et l'abandon mais fort dans l'expérience spirituelle que cela permit, accompagné de Jijo et de Jean qui allait devenir un ami. Et Lourdes cet été encore, avec les malades toujours, et cette joie que notre évêque m'ait demandé de prêcher à l'une des messes en diocèse, étape significative sur mon chemin de guérison. Joie encore de prêcher aussi en octobre dernier la journée de récollection des membres de l'Hospitalité ND de Lourdes du diocèse. Là je me sens à ma place et je rends grâce de pouvoir assurer un tel ministère.

Vous l'aurez compris, je vis de très belles choses.

Ce que je n'ai pas dit de Lourdes mais que j'ai envie de vous partager, c'est cette expérience étonnante, cet été, pendant la célébration dite “de la boue” à laquelle je n'avais pas envie de participer, fatigué que j'étais, mais à laquelle je suis finalement aller, par curiosité, pour voir ce que les sanctuaires de Lourdes avaient pu inventer. Et là je fus très touché. Et notamment je me suis appliqué de la boue sur l'oeil gauche, un des derniers foyers actifs de la maladie, en me disant que je n'avais rien à perdre à demander encore la guérison, de la demander là notamment, et d'y mettre vraiment toute ma foi. Et les douleurs ont disparu ainsi que les problèmes de champ visuel. J'ai mis quelques semaines à l'accepter, à guetter une reprise des douleurs, et à finalement me rendre compte que peut-être ma prière avait été entendue ? Cela restera forcément une question mais surtout un acte de foi...

Mi-août ce fut un pèlerinage à Lisieux, avec mon évêque, suite à une discussion que nous avions eue il y a deux ans, avant mon départ en Belgique. Un pèlerinage que nous avions envisagé pour demander ma guérison, qui est devenu pèlerinage d'action de grâce pour la guérison telle qu'elle se vit et pour que Ste Thérèse m'accompagne dans ce qui me serait désormais donné à vivre, tel que je pourrai. J'aime beaucoup Ste Thérèse, je suis notamment attaché au Carmel de Surieu et j'ai eu la chance de pouvoir célébrer tous les mardis soirs de cette année chez les soeurs du Carmel St Joseph de Bruxelles qui accueillaient mes deux Maëlle et Marie et qui m'ont vraiment accueilli moi aussi – j'ai eu beaucoup de chance de les connaître de près, j'en rends grâce ! – ; ce fut donc très beau de finir mon séjour belge en allant directement à Lisieux avant de rentrer à Grenoble. Pour rappel, j'avais reçu le sacrement des malades au Carmel de Surieu quelques jours à peine avant mon départ en Belgique, entouré de mes parents et d'un certain nombre d'amis, occasion de nous mettre tous ensemble dans la confiance en ce que Dieu permettrait sur ce  chemin sur lequel je dois avancer...

Depuis mon retour mi-août je continue la rééducation puisque je n'ai définitivement quitté béquilles et canne que mi-mai (je les avaient quittées en octobre 2018 mais il y avait eu une rechute en février 2019). Cette étape fut offerte le jour de la fête de ND de Fatima vers qui j'irai rendre grâce en mai prochain avec des amis portugais connus à la paroisse à Bourgoin-Jallieu. En tout cas j'ai fait de grand progrès, ces dernières semaines encore, ce qui remotive quand les effets secondaires de sortie de traitement me découragent parfois et ce qui motive vraiment à continuer le travail de renforcement musculaire et de rééducation à la marche et à l'effort. Objectif pour 2020 : arriver à reprendre un peu la course à pied (je n'ai pas pu courir depuis mars 2016 !!) et essayer de refaire un peu de randonnée en montagne.

Je voudrais terminer ces nouvelles en remerciant encore tous ceux qui ont permis tout cela. Vraiment. Je le redis : vous tous les priants et vous les donateurs qui avez permis que je paye les soins qui me furent donnés en Belgique [cf. ci-dessous *] et que soit pris en charge mon hébergement à la Maison Ste Thérèse. Je n'aurais jamais pu sans vous et je ne serais pas le Vivant d'aujourd'hui. Alors encore un grand merci !

Merci aussi à vous tous qui m'avez entouré de votre amitié, de votre prière, de vos visites. Et merci à vous les séminaristes et prêtres de la Maison Ste Thérèse, à vous étudiants, professeurs et pères jésuites de l'Institut d'Etudes Théologiques de Bruxelles, à vous moines du monastère ND-de-St-Remy de Rochefort et fr. Gilbert son père abbé, et à vous les paroissiens, prêtres et diacre de la Ste Croix d'Ixelles qui m'avez accueilli tous les dimanches pour la messe, notamment vous Guillaume et Max et toi Luc. Merci aussi aux familles liées à la Maison Ste Thérèse, aux voisins de la rue Charles de Buck, notamment Michael et Catherine, et les amis de l'association Lazare et Charlotte et Vianney... J'ai fait l'expérience grâce à vous tous d'être d'abord un frère, accueilli comme il était, fragile, fatigué, un frère, oui, et pas seulement ou pas d'abord un prêtre qui a un rôle à tenir et une fonction à assurer. Ce fut bon et c'est ce dont j'avais besoin. C'est ce que je suis !

A vous tous je veux maintenant souhaiter une belle et bonne année 2020 qui va commencer dans quelques heures. Que le Seigneur vous bénisse chacun et vous accompagne au coeur de ce que vous avez à vivre et à traverser. Qu'il vous soit donné paix et joie, quoi qu'il arrive. Et que par vous beaucoup soient bénis et trouvent réconfort et espérance.

Encore un grand merci et mes meilleurs voeux. Très sincèrement et fraternellement.

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Légende des photos (de gauche à droite et de haut en bas) :

1. Jijo, Jean et moi, à Lourdes cet été (aux piscines) ;

2. instant volé, joie de vivre, à Lourdes (cet été encore) ;

3. avec Maëlle et Marie, en octobre de cette année, le jour de leurs 1ers engagements ;

4. retrouvailles d'octobre, anniversaire de Baudoin, et action de grâce de fin de traitements, avec les anciens de l'IET du diocèse en études à Lyon : Maëlle et Marie ainsi que Baudoin et Yves-Marie (avec qui j'habitais à la Maison Ste Thérèse) et Benoît (lui aussi séminariste du diocèse) ;

5. et enfin : avec Jean-François (de Besançon) et Philippe, amis fidèles et de longue date (de nos années de séminaire), il y a quelques semaines à Grenoble...

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[*] Complément spécial donateurs :

Oui, merci à vous qui avez permis que je paye les soins qui me furent donnés en Belgique, notamment les plus de 11 mois de perfusions quotidiennes qui ont coûté 3000€ par mois entre les produits, le matériel et l'infirmière qui venait tous les jours. Merci aussi d'avoir permis de financer les 800 à 1500€ de médicaments selon les mois, pendant 22 mois, et tout ce qui fut rééducation et autres soins ou examens médicaux (puisque ma maladie dans ce stade là et cette forme là n'est pas reconnue en France et que je n'ai donc pas été pris en charge par la Sécu, tout sur fonds privés ou quasi, ayant bénéficié quand même pour certains médicaments ou rdv médicaux d’une mutuelle belge).

Et comme je le disais aussi plus haut vous avez aussi permis que soit pris en charge mon hébergement à la Maison Ste Thérèse. Sans vous et ce soutien capital je n'aurais jamais pu financer tout cela et je ne serais pas le Vivant d'aujourd'hui. Alors encore un très grand merci !

Publié dans Témoignages

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