Une vie cachée

Publié le par Christophe Delaigue

 

Je suis sorti... ébloui... touché par ce que j'avais vu... remué intérieurement... C'est du très très beau cinéma. C'est magnifique. Du grand art. Les photographie et les paysages, la façon de filmer, les jeux de lumière, les visages et les expressions et émotions qui passent, le jeu des acteurs. Et la bande son !! Juste magnifique elle aussi.

C'est contemplatif... C'est d'ailleurs long, même si une certaine lenteur du film n'est pourtant pas pesante. Contemplatif et quasi mystique...

Nous en sommes dans un petit village de montagne en Autriche au début de la Seconde guerre mondiale. C'est l'arrivée au pouvoir d'Hitler, l'invasion de l'Autriche, les jeunes hommes qui sont appelés pour leurs classes d'abord puis pour la guerre.

Dans ce village, Franz et sa petite famille vivent du dur labeur des champs et de la ferme. Une forme d'insouciance les habite pourtant, on sent combien ils s'aiment, combien là est leur force et leur bonheur. Sauf que Franz ne peut se faire à l'idée de participer à cette entreprise du mal qu'est cette guerre. Dieu ne veut pas cette horreur et qu'on s'entretue. Il ne peut pas participer à cela. Tous veulent le convaincre qu'il a sa conscience mais qu'elle sait bien qu'il s'agit de survivre et de sauver sa peau et sa famille. C'est impossible pour lui.

Jusqu'au bout il refusera de prêter serment à Hitler. Avec cette question terrible qui va les traverser, chacun différemment, lui comme elle, de pourquoi cette violence des hommes et de pourquoi vivre, quel sens à tout cela ?

La foi est partout présente dans ce film. Sa foi en Dieu. Leur foi en Dieu. Une foi humble et incarnée, empreinte de peur et même de doutes, mais qui se fait prière, toujours, vers Dieu, confiance en lui, malgré tout. Et force de vie et d'amour.

Je ne sais pas ce que pensent des non-croyants de ce film sur la difficile question de l'objection de conscience au nom de la liberté de conscience, et là, en l'occurence, au nom de la foi. D'autant qu'on ne nous cache pas le soutien que l'Eglise apporta au régime en place, du moins en ses débuts. Certains refusèrent, tel Franz qui sera béatifié par le pape Benoît XVI. C'est de son histoire dont il s'agit là.

C'est vraiment du très bon cinéma. Déroutant peut-être pour certains qui ne seraient pas habitués à l'art de Terrence Malick avec son économie de textes, la plupart en dialogues en voix off, avec ci ou là des souvenirs qui entrecoupent les scènes qui elles-mêmes semblent comme juxtaposées, reliées entre elle par la contemplation des paysages et par la musique, sublime...

La bande annonce...

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