Chronique spi du « Midi avec Vous » de RCF-Isère

Publié le par Christophe Delaigue

Chers amis auditeurs de RCF-Isère,

 

Ce n’est pas un scoop mais c’est bon de se le redire : nous sommes entrés en déconfinement progressif ! Pour certains d’entre nous, cette expression sonne peut-être comme une terre promise, une liberté retrouvée. Pour d’autres, il s’agit peut-être encore d’une forme d’enfermement car nous ne pouvons pas encore faire tout ce que nous voudrions comme nous le voudrions et avec qui nous le voudrions…

 

Mais demandons-nous : qu’est-ce que la liberté, qu’est-ce qu’être libre ?

 

Et ne sommes-nous pas un peu comme le peuple d’Israël au désert, après la libération d’Égypte, qui doit avancer jusqu’en terre promise, qui doit se laisser guider, et qui va devoir apprendre à consentir à la vie telle qu’elle va se déployer ? 

 

Ce temps de déconfinement progressif est un peu comme un sas qui nous est donné. Et comme Israël au désert nous pouvons être de celles et ceux qui récriminent car la liberté n’est pas comme nous la rêverions et que nous trouvons que c’est trop difficile. Mais nous pouvons aussi apprendre à récolter ce que Dieu donne pour continuer la route.

 

Car c’est un acte de foi que nous avons à poser : Dieu est présent. Et Dieu donne.

 

Alors, n’est-il pas venu le temps de relire ce qui a été vécu pendant nos semaines de confinement pour nous préparer à vivre le déconfinement à venir dans la dynamique de ce que cette traversée appelle et permet autrement ?

 

Car il est grand le risque de reprendre nos vies comme avant, comme si de rien n’était. Mais ce serait ne pas avoir compris que Dieu est passé, que Dieu nous a nourri, certes autrement que d’habitude peut-être, certes autrement que nous aurions voulu, mais quand même. Et qu’il y a sans doute des choses à garder et à fidéliser dans notre vie, si nous avons fait l’expérience que c’était bon et que c’était aidant pour tenir et pour avancer, dans notre vie spirituelle notamment.

 

Alors prenons le temps de nous arrêter et d’entendre :

  • Qu’estce qui a été difficile et qui a pu me manquer ? Comment ai-je fait, qu’est-ce qui m’a été donné ?
  • Par exemple, un certain nombre d’entre nous ont mal vécu d’être privé d’eucharistie et de l’être encore ? Mais concrètement qu’estce qui nous a manqué et qu’est-ce que cela vient dire de notre compréhension de l’eucharistie et de notre expérience de celle-ci ?

Personnellement j’avais la chance comme prêtre vivant avec d’autres de pouvoir célébrer tous les jours. Mais j’ai fait l’expérience que ce qui était difficile c’était l’absence de ma communauté paroissiale. De ne pas pouvoir célébrer avec eux, de ne pas pouvoir nous parler, charnellement, corporellement. Certes nous avons été en lien autrement, mais ce lien concret, présentiel, charnel, m’a manqué, et ça a été difficile. N’est-ce pas une bonne nouvelle que de l’expérimenter vraiment ? Et qu’est-ce que je vais maintenant en faire, à quoi cela m’appelle-t-il ?

 

Certains d’entre vous ont peut-être redécouvert autrement la centralité de la Parole de Dieu comme nourriture qui nous est donnée. Comment l’avons-nous mise au cœur de notre vie et comment allons-nous continuer, personnellement mais aussi avec d’autres si les autres nous ont manqué ?

 

Prenons le temps en ces jours de déconfinement de relire ce qui a été traversé et d’entendre, là, ce qui a été donné et à quoi cela pourrait nous appeler. Alors le chemin se fera, riche de ces expériences, et ce confinement aura été un temps favorable au cœur du quel nous aurons entendu le Seigneur qui passe et qui ouvre des chemins de vie. Et ainsi les fêtes de Pentecôte seront-elles comme un appel d’air qui renouvelle notre vie et notre rapport aux autres, autrement que d’habitude, mais peut-être plus pleinement…

 

La fête de Pentecôte, d’ailleurs, ce fut une fête de déconfinement pour les apôtres et celles et ceux qui étaient avec eux en attente du don de l’Esprit Saint. Que ce temps de déconfinement progressif soit pour nous aussi ce temps d’attente active de la force de vie et d’amour de Dieu, pour nous préparer à vivre ce à quoi Dieu a voulu que nous soyons appelés, chacun et ensemble, au cours de ces dernières semaines.

 

Il est venu le temps du salut, dirait St Paul, voici le temps favorable, celui de nous arrêter pour relire ce qui a été vécu et pour voir et entendre ce que Dieu permet. C’est le temps favorable car même si nous ne savons ni le jour ni l’heure, la terre promise du déconfinement et de la liberté retrouvée plus encore c’est pour bientôt…

 

[Pour écouter l’émission : c’est par là]

Publié dans Méditations, Actualité

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