Chronique spi (2) du « Midi avec Vous » de RCF-Isère

Publié le par Christophe Delaigue

Chers amis auditeurs de RCF-Isère,

 

Lors de ma précédente chronique spi, il y a deux semaine, je vous invitais à une relecture de confinement pour que l’après ait pu s’enrichir de ce qui aura été vécu et traversé de ces dernières semaines.

 

J’ai entendu autour de moi que pour certains c’est le trop de solitude qui avait été difficile, alors même que dans beaucoup de prédications publiées sur les réseaux sociaux on a pu lire ou entendre combien ce temps de confinement pouvait être le temps favorable pour retrouver son intériorité. C’était sans doute vrai, et surtout possible, pour les personnes seules et un peu expérimentées déjà. Mais pour beaucoup ce ne fut pas si simple…

 

Nous avons oscillé entre les uns et les autres entre ce trop de solitude ou alors ce besoin que nous ressentions au contraire à plus de solitude…

 

Quel positif voir et entendre de ce tiraillement intérieur que nous avons pu vivre ?

 

Que nous sommes des êtres de relations ! Et nous savons, comme dit la Bible dès ses premières pages, qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul. Mais nous savons aussi la violence inhérente à toute relation, là encore dès les premières pages de nos Bibles ! Rappelez-vous s’il fallait le mensonge du serpent tentateur qui vient mettre de l'accusation entre Adam et Eve ; rappelez-vous également la jalousie entre les fils, Caïn et Abel, cette jalousie des premières heures de l’humanité qui mène à la mort de l'un et la peur de vivre de l'autre…

 

Et pourtant nous sommes des êtres de relations. Appelés à aimer, dit Jésus. C’est ce que la liturgie nous donnait à réentendre il y a une dizaine de jours avec l’écoute du chapitre 15 de l’évangile de Jean et ces mots de Jésus :

 

Comme je vous ai aimés aimez-vous les uns les autres. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Demeurez dans mon amour. Vous demeurez dans cet amour si vous gardez mes commandements. Mon commandement c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés…

 

Pour y arriver, n’oublions pas l’enjeu à nous retrouver nous-mêmes. Ce que disent les autres évangiles quand ils rappellent qu’aimer c’est aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Nous retrouver nous-mêmes, affronter notre intériorité en ses peurs et ses violences, ses blessures aussi, pour y entendre le Souffle de Dieu qui passe et qui appelle, qui suscite des désirs de vie profonds en nous, et qui va nous donner d'entendre comment nous pourrions aimer concrètement en réponse aux appels du monde et des hommes et des femmes autour de nous.

 

Mais pour cela, nous avons besoin de solitude. Et pour cela de nous retirer « dans le secret de notre chambre », comme dit l’évangile de Matthieu que nous entendons chaque année pour entrer en carême.

 

Et s’il était là ce positif de confinement, celui de faire l'expérience que nous avons besoin de nous mettre dans de bonnes conditions pour favoriser ce lieu là en nous, cette descente en nous ?

Comment s'y prendre, avons-nous pu nous demander ? Quel lieu ou quel recoin de chez nous, un peu à l’écart ? Et comment l'habiter pour qu'il nous soit une aide ?

  • Une bougie, une icône ; en tout cas un espace où je me sente bien…
  • Fermer les yeux, laisser défiler en moi ce qui est là et qui passe, laisser ce monde intérieur se calmer, s'arrêter, et offrir tout cela au Seigneur. Et si besoin : s'aider comme nous y invite la tradition orientale d'une courte phrase-prière répétée au rythme de notre respiration, et se laisser faire…
  • Ouvrir la Parole aussi et la méditer tranquillement, pour habiter ce temps avec le Seigneur qui veut ici nous parler. Et c'est par rapport à cette Parole que ce que nous portons en nous ou ce que nous entendons du monde trouvera comme résonances et que se dessinera peut-être comme un chemin d'appel à entendre et des réponses que nous pouvons essayer de commencer à donner ou à envisager…
  • Et demander au Seigneur une lumière, lui demander que son Esprit Saint souffle en nous et nous éclaire, qu'il apaise toute peur ou tension en nous pour que reste la joie du silence, un silence paisible habité de la Présence de celui qui nous aime et qui toujours nous attend, un silence d'une sainte solitude retrouvée, en nous...

[Pour écouter l'émission, c'est par là]

Publié dans Méditations, Actualité

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