Confinement, eucharistie et vie spirituelle ?

Publié le par Christophe Delaigue

Je vous partage quelques réflexions parues ces jours comme édito de la newsletter de mai du « Monastère invisible » de mon diocèse, réseau de prière pour les vocations. Ces lignes (ici très légèrement modifiées par l’une ou l’autre précision ou correction) n'ont pas pour but de tout dire ni de bien dire, elles sont juste ce qui m'habite et que j'ai essayé bien modestement de mettre par écrit pour aider les membres de ce réseau à s'interroger eux-mêmes...

Nous l'apprenions alors que cette lettre va partir, il ne sera visiblement pas possible de reprendre le chemin de l'eucharistie à partir du 11 mai. Il faudra tenir jusqu'au 2 juin. Si tout va bien. C'est une épreuve pour beaucoup d'entre nous. Car il ne s'agit pas seulement d'être privé du sacrement de la présence du Christ ressuscité qui se donne à nous par le Pain de Vie, c'est aussi être privé de vivre en peuple de Dieu convoqué par son Seigneur pour devenir ensemble, par l'écoute de la Parole et la communion au même Corps, sacrement de sa présence dans le monde, en Église, par une vie eucharistique, c'est-à-dire d'évangile, et notamment une vie en posture de « lavement des pieds », comme nous le réentendions pour les fêtes pascales.

C'est une épreuve donc, mais au désert, Israël n'a-t-il pas eu à apprendre à entendre l'appel que Dieu lui adressait dans cette traversée ? N'est-ce pas affaire de vocation, justement ? Demandons-nous : quelle est, là, aujourd'hui, notre vocation chrétienne, baptismale, très concrète ? Certes nous ne pouvons pas communier au même pain, mais nous pouvons communier au Pain de la Parole, alors comment arrivons-nous à vivre ce temps comme le moment favorable qui nous est offert pour renouveler notre lecture priante de la Parole de Dieu et notamment de l'évangile du dimanche ?

Et comment apprendre en ces temps difficiles à renouveler notre vie spirituelle, à ancrer notre quotidien dans une prière aux dimensions de l'évangile et du monde qui souffre ?

Car, au cœur de cette Parole que nous ruminons et prions, quels sont les appels que le Seigneur nous adresse ? A quelle dynamique pascale nous convie-t-il, à quelle mort à nos habitudes ou à nos certitudes, pour quelle résurrection ? Qu'est-ce qui est de l'ordre de la vie qui nous traverse quand même ou qui nous appelle, qui est à voir, à recueillir ? Qui sont-ils celles et ceux qui ont autour de nous à vivre très concrètement ce passage, qui souffrent, qui attendent une présence ? Nous ne pouvons pas nous rassembler, nous ne pouvons pas excéder 10 personnes ensemble sur la voie publique comme pour des rassemblements privés, mais cela nous empêche-t-il d'appeler ou d'aller à la rencontre de la personne seule, ou qui a faim, ou ... ?  A quoi nous appelle cette épreuve, à quelle créativité évangélique ?

Prions, dans ce mois qui s'ouvre, pour que le Seigneur nous éclaire sur ce qu'à notre mesure nous pouvons rendre possible, dans le cadre qui est le nôtre, qui nous est imposé. Nous nous sentons enfermés comme les apôtres étaient emmurés après la résurrection, eh bien demandons et invoquons l'Esprit Saint pour une Pentecôte confinée qui nous fasse sortir de nous-mêmes et être des témoins en actes, bien qu'empêchés de se rassembler. Il ne s'agit pas d'aller contre le cadre imposé, non, mais de l'habiter, d'entendre à quoi le Seigneur, là, nous appelle qui soit de l'ordre de possibles...

Alors oui, prions, laissons-nous bousculer par ce que le Seigneur appellera en nous, déplacera et permettra ! Et profitons de ces semaines où la prière est notre lieu premier de ressourcement pour prier toujours et encore pour les vocations puisque c'est ce qui nous rassemble par cette lettre.

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Publié dans Méditations, Actualité

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