Chronique spi (5) du « Midi avec Vous » de RCF-Isère

Publié le par Christophe Delaigue

Chers amis auditeurs de RCF Isère,

 

Il y a un mot qui m’habite ces jours, et même depuis plusieurs semaines. C’est le verbe « demeurer ». Il m’habite car nous l’avons entendu dimanche dans l’évangile de Jean, au chapitre 6, quand Jésus nous dit : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure a la vie éternelle » ...

 

Appel, donc, à « demeurer » … Et promesse d’une Présence qui donne la vie, et même, je crois, qui donne vie…

 

Ce mot « Demeurer » avait déjà résonné en moi à la fin du confinement. Vous vous rappelez, ce temps où nous avons été acculés à demeurer, justement, à demeurer chez nous, à demeurer en retrait ; temps difficile pour certains, temps de ressourcement ou d’intériorité renouvelée pour d’autres.

 

Et justement, après Pâques, juste avant d’entrer en déconfinement, la liturgie nous avait donné à entendre et à méditer l’appel de Jésus en Jn 15, cet appel à « Demeurer dans son amour », alors nous porterons du fruit ; à « Demeurer en son amour » pour aimer comme Lui, le Christ, comme Lui nous aime, comme Lui a donné sa vie par amour. A « Demeurer en son amour », dit-il encore, en gardant sa Parole et ses commandements. Or son commandement, quel est-il ? « Comme je vous ai aimés, dit Jésus, aimez-vous les uns les autres. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » …

 

Alors voilà, nous sommes sortis de confinement. Nous aimerions peut-être même que ce déconfinement soit plus rapide, sauf si nous sommes de nature anxieuse et que nous avons peur que le virus reparte. Mais en tout cas, quel que soit ce réel-là, que faire dans le concret de nos jours de cet appel de Jésus à « Demeurer » ?

 

Comment le vivre, pour que ce qui a peut-être été reçu en confinement d’un désir plus grand d’une intériorité renouvelée puisse habiter désormais notre route quotidienne ?

 

Je vous donnais une piste la semaine dernière, dans cet appel à consentir à la vie et, pour cela, à se donner les moyens chaque jour d’apprendre à récolter ce qui a été de l’ordre de la vie, la vie qui est là et qui nous traverse, même imperceptible parfois.

 

Il en va ainsi de notre vie de prière, ce lieu par excellence où nous pouvons apprendre à demeurer avec le Seigneur, en silence ou à l’écoute de sa Parole.

 

Mais il en va encore de notre vie relationnelle où la frénésie des jours pourrait nous empêcher de prendre le temps de demeurer avec celles et ceux que nous rencontrons, et même celles et ceux avec qui nous vivons....

 

Et me vient en vous disant cela cet épisode de l’évangile où Jésus envoie en mission les 72 disciples en les invitant non pas à passer de maison en maison mais à rester là où nous serions accueillis. C’est-à-dire prendre le temps de demeurer, prendre le temps de la rencontre et de l’hospitalité. Et là, le Christ est présent, acte de foi à poser.

 

Ceci dit, demandons-nous peut-être quelles sont nos résistances ou nos difficultés à ce « Demeurer »-là auquel nous sommes appelés. Ce « Demeurer »-là avec le Seigneur, dans le silence de la prière ou dans l’écoute de sa Parole, et ce « Demeurer »-là dans la rencontre des frères et sœurs qui sont mis sur notre route. Et là, au cœur de ces résistances et ces difficultés que nous regarderons avec lucidité, demandons au Seigneur la grâce d’apprendre à savourer ce qui est, ce qui est donné, ce qui peut advenir. Demandons-lui la grâce d’apprendre à demeurer. Car c’est ainsi que notre vie, en ces rencontres de Dieu et des uns et des autres, sera féconde et qu’elle produira le fruit que Dieu permettra…

Publié dans Méditations

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