Chronique spi (6) du « Midi avec Vous » de RCF-Isère

Publié le par Christophe Delaigue

Chers amis auditeurs de RCF Isère,

 

Pour cette chronique spirituelle de déconfinement, j’aimerais m’arrêter quelques instants sur ce qui a pu manquer à beaucoup d’entre nous, pendant le confinement justement, et qui a pu diviser les uns et les autres quand le déconfinement se profilait. Je pense à l’eucharistie.

 

Et j’y pense d’autant plus que demain cela fera 15 ans que je suis prêtre et qu’au cœur de ma vocation il y a ce sacrement, il y a ce mystère qui est ma source de vie, la source de mon ministère, ce qui me permet d’apprendre à me donner à celles et ceux vers qui je suis envoyé et à celles et ceux dont je croise la route.

 

Pendant le confinement, donc, l’eucharistie a manqué à beaucoup d’entre nous. Que ce soit la communion, dans sa dimension personnelle, que ce soit aussi la participation et la relation au Corps que nous formons ensemble, la dimension communautaire et charnelle de ce que ce sacrement nous fait devenir, présence ensemble du Christ, appelés à vivre ensemble et selon nos charismes la mission du Christ lui-même, appelés à vivre ensemble et chacun à notre mesure les appels de l’Évangile.

 

Prêtre, pouvant célébrer l’eucharistie seul, au nom de tous – ce qui n’est pas sans importance ecclésiale et spirituelle –, mais ayant eu la chance de pouvoir célébrer chaque jour avec les confinés de l’évêché, j’ai pourtant touché profondément en moi un manque radical et difficile qui était celui de ma communauté, ma communauté paroissiale, en l’occurrence les jeunes de la paroisse St Joseph à Grenoble.

 

Et m’est revenu, beaucoup, cette phrase qui m’accompagne depuis plus de 20 ans, que je dois à un des moines de Tibhirine, ces moines français assassinés en 1996 en Algérie. Cette phrase, elle est du frère Christophe, le plus jeune d’entre eux, le poète, qui écrit un jour :

 

« N’être plus que le geste seul qu’il me faut devenir eucharistie » … Laissons-la résonner : « N’être plus que le geste seul qu’il me faut devenir eucharistie » …

 

Quand cette phrase est écrite, notre moine poète ne parle pas d’abord du martyre qui viendra et de ce don de soi radical dans le sacrifice au nom de la foi. Non, il parle d’abord de sa vie de moine, il parle de sa vie donnée, il parle de sa vie de chrétien. Et ça concerne notre vie à chacun.

 

Que veut dire pour nous, aujourd’hui, « N’être plus que le geste seul qu’il me faut devenir eucharistie » ? … Ce geste, quel est-il ? Que peut-il signifier et appeler très concrètement dans ma vie de chaque jour ?

 

Pour répondre, contemplons le Christ ! Lisons et écoutons sa Parole, ce que nous pouvons vivre de façon renouvelée, tout-jours, même quand nous sommes privés d’eucharistie ! Pour répondre, regardons et écoutons aussi ce qui se passe très concrètement dans les rites de la messe, et entendons à quoi ça nous appelle pour le quotidien concret de nos jours…

 

Et pour ce faire, laissons déjà résonner, maintenant, si vous le voulez bien, ces mots du frère Christophe ; et laissons-les nous interroger, laissons-les nous modeler de l’intérieur : « N’être plus que le geste seul qu’il me faut devenir eucharistie » …

 

[Pour écouter l'émission, c'est par là]

Publié dans Méditations

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