Homélie samedi 4 juillet 2020

Publié le par Christophe Delaigue

Am 9,11-15 / Ps 84 (85) / Mt 9,14-17

[Carmel ND de Surieu]

Qu’entendre de ces propos de Jésus qui, il faut bien l’avouer, m’ont toujours parus un peu énigmatiques ?

Deux choses : (1) que Jésus est l’Epoux, et qu’avec sa venue (2) il y a une radicale nouveauté.

(1) Jésus est l’Epoux. Vous le savez et vous le vivez tout particulièrement, mes soeurs, puisque votre vie donnée est pour nous tous, pour toute l’Eglise, le signe de cette sponsalité du Christ et de la réponse d’amour que cela appelle de nous.

Affirmer que Jésus est l’Epoux c’est nous remettre dans l’Alliance, c’est entrer dans cette Alliance établie avec Israël qui lui donnait mission d’en être témoin au milieu des nations, au nom même de l’Alliance contractée en fait avec toute l’humanité.

Affirmer que Jésus est l’Epoux c’est aussi confesser qu’il est vraiment Dieu, celui qui nous révèle pleinement le Dieu de l’Alliance et qui annonce et promet les Noces éternelles.

Jésus est l’Epoux. Et avec sa venue (2) il y a une radicale nouveauté à accueillir. Elle est tellement radicale qu’elle en est même impensable, peut-être même indicible. Il nous faudra toujours l’accueillir, la demander, nous laisser faire par elle.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Ne pas vouloir regarder en arrière, dira Jésus. Ne pas croire par exemple – si on se rappelle le contexte de rédaction de l’évangile de Matthieu par rapport au judaïsme – qu’il faille s’enfermer dans un conservatisme de pratiques et de règles qui ne serviraient plus la nouveauté de l’Evangile telle que l’Esprit Saint nous la soufflerait aujourd’hui.

Il ne s’agit pas de tout balayer du passé ou de ne vivre l’Evangile qu’au fil de nos intuitions, non, surtout pas, ce serait l’anarchie. Mais vivre en discernement continu, avancer en mettant toujours en résonance les cris du monde, les appels que nous percevons et ce que la Parole de Dieu vient imprimer en nous et au cœur de tout cela. Dans un discernement qui soit toujours communautaire et ecclésial. Et dans la confiance que Dieu nous guide vers l’accomplissement total des promesses du salut en Lui.

La 1ère lecture de ce jour l’annonce, ce salut, et nous invite à faire mémoire des promesses déjà réalisées, signe de la promesse finale et d’éternité, signe de la fidélité de Dieu et de son pardon, annonce du salut à venir qu’est le Christ lui-même, l’Epoux. 

Ce salut, il sera de l’ordre de la joie parfaite dont parle l’évangile de Jean et dont le vin est le signe, vin de la fête, vin des noces, vin qui met en joie.

Ceci dit, que faire des paroles que nous avons entendues à propos du jeûne ? Pourquoi jeûner parfois alors que l’Epoux est déjà venu et qu’à la fin de l’évangile de Matthieu il nous promet sa présence pour toujours, présence renouvelée par le don de l’Esprit Saint, comme l’annonce Jésus dans l’évangile de Jean ?

Si nous jeûnons c’est pour creuser en nous la faim et la soif de l’Epoux, la faim et la soif du salut, la faim et la soif de la joie parfaite. Pour entendre de façon toujours nouvelle et renouvelée la radicalité et l’actualité des appels de l’Evangile, pour entendre de façon toujours nouvelle et renouvelée l’actualité des promesses du Père qui veut sauver toute l’humanité et nous faire entrer, tous, dans sa joie éternelle. Amen.

Publié dans Homélies

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