Antoinette dans les Cévennes

Publié le par Christophe Delaigue

 

On me disait : il faut le voir, c'est très beau, les paysages, et puis l'histoire c'est touchant... Sauf que la bande annonce ne me donnait pas plus envie que cela. Un film de plus sur un couple adultère, j'avoue que j'en ai un peu mare qu'on ne nous montre que cela, car certes la famille est bien fragilisée aujourd'hui mais on peut y croire quand même, car il y a des couples fidèles et heureux, ça existe même si on ne le montre quasi plus ; et puis je ne supporte plus cette façon de banaliser l'adultère, notamment au sens où je trouve que ce n'est pas très respectueux de celles et ceux qui dans ces couples souffrent de telles situations, sans parler des enfants...

Ceci étant j'y vais quand même... Envie de m'évader, donc d'aller au cinéma, recommandation invitante d'une dame que j'aime bien et dont la réalisatrice de ce film fut (si j'ai bien compris) sa belle-fille (et mère de ses petits enfants) ; et vu qu'il n'y a vraiment pas grand chose en ce moment je me dis : on verra bien.

J'ai vu. Et de fait c'est beau et même très beau – les paysages – mais c'est un peu pénible – l'histoire, du moins au début, et le jeu du personnage principal, Antoinette, surtout au début aussi. Cette pauvre jeune femme instit' qui couche avec le père d'une de ses élèves, Vladimir, vraiment amoureuse et lui qui a l'air aussi mais qui est incapable de choisir ou qui ne le veut pas. Et voilà que leur semaine de vacances n'aura pas lieu car sa femme à lui a changé leur programme familial. Donc il suit ; direction les Cévennes, en famille. Antoinette décide sur un coup de tête de ne pas en rester là, elle l'aime trop et elle est trop déçue, et d'essayer de le croiser. Elle se retrouve sur le chemin de Stevenson, dans les Cévennes, avec un âne qui se prénomme Patrick.

Ce qui est bien vu, c'est la relation avec l’histoire de ce chemin – celle de Stevenson – mais plus encore avec cet âne. Comment elle va devoir apprendre à s'accorder à lui, à ne pas seulement s'écouter elle. Comment il semble être jaloux de Vladimir et vouloir qu'on s'occupe de lui, ce besoin qu'il a qu'on lui parle, qu'on lui raconte sa vie, qu'on mette en mots, et qu'on prenne soin de lui, pas qu'on crie ou qu'on le brusque. Quelqu'un, quoi. Et du coup : une sorte de parabole de la vie à deux. D'ailleurs Antoinette dira qu'avec lui elle a trouvé l'amour...

Certes c'est un peu excessif ! Et certaines scènes ou attitudes paraissent sur-jouées et caricaturales voire risibles. Mais c'est une comédie et il faut le prendre comme tel je pense. Et au final, elle va peut-être se trouver elle-même ? Elle était perdue, peut-être malmenée en amour, quoi que ce ne soit pas si simple à dire. En tout cas elle elle aura fait un bout de chemin, c'est le cas de le dire...

Un film de Caroline Vignal, avec Laure Calamy dans le rôle d'Antoinette et Pierre Lavernhe dans le rôle de Vladimir – je l'avais découvert dans Le sens de la fête et retrouvé avec bonheur dans Le goût des merveilles.

Publié dans Cinéma

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