Kaboul express

Publié le par Christophe Delaigue

 

Ce roman est une plongée dans l'Afghanistan taliban, dans les guerres claniques entre islamistes terroristes de tous ordres, et dans les méandres de ramifications de Daesch. Le tout sur fond d'attentat en préparation et au coeur d'une véritable course contre le temps pour comprendre ce qui est en train de se jouer, où cela doit se passer et qui sont les protagonistes tout cela qu'il faut retrouver et pister.

Dans ces pages on découvre que les motivations des uns ne sont pas toujours religieuses, même s'ils peuvent et doivent le laisser croire, mais par contre la haine de l'Occident, elle, est bien là...

Si le roman peine un peu à tout mettre en place, petit à petit, ou plutôt si le rythme est d'abord lent pour prendre le temps poser chaque élément et camper chaque personnage, la seconde partie va s'accélérant, une sorte de course contre la montre inévitable, dont on peut se douter de l'issue mais quand même, comment vont-ils y arriver ne cesse-t-on de se demander. Car chapitre décompte les jours avant l'attentat qui ne cesse de se rapprocher.

Nous sommes à la fis aux côtés de Zwack, ce jeune prodige afghan en mathématiques qui a tout planifié et prévu et qui a réussi à gagner la confiance des responsables du Califat ; et parallèlement nous sommes aux côtés d'Oussama Kandar, ancien sniper, véritable héros local, commandant de police en charge de la traque de Zwack et de ses proches complices. Côté parisien – car l'affaire concerne la France – on retrouve Nicole Laguna dont l'histoire semble surtout faire le lien avec un roman précédent du même Cédric Bannel, Baad.

D'ailleurs, si ces pages peuvent se lire en soi, indépendamment de l'opuscule ci-dessus cité et comme je l'ai fait – recommandation une fois encore de l'une de mes infirmières du moment –, sans doute est-il quand même préférable les lire l'un après l'autre, d'abord Baad puis Kaboul express, pour mieux comprendre le personnage de Nicole Laguna – que j'ai trouvé ici très secondaire alors que le sous-titre de couverture indiquait pourtant : Une enquête de Nicole Laguna et du quomandaan Kandar.

En tout cas, même si n'avance lentement, petit à petit – je le disais – c'est une sacrée plongée dans ce monde qui nous échappe – et rien que pour cela ça vaut le coup – et on est tenu jusqu'au bout. Le contre-la-montre fonctionne et nous prend.

--------------

Cédric Bannel, Kaboul express, Points policier (n°P4763), mai 2018 (éd. Robert Laffont 2017), 333 pages (format poche), 7€70.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :