A méditer...

Publié le par Christophe Delaigue

A méditer...

Une photo et surtout un texte...

La photo (ci-contre), prise ce jour : Chapelle de l'Unité, à Pugny-Chatenod (73), chez les soeurs de Bethléem ; dans la crypte de cette petite chapelle à proximité du monastère repose l'abbé Portal, un des pionniers du dialogue oecuménique avec les anglicans.

Le texte à méditer, reçu ce jour (merci Jean-Baptiste F.), signé Véronique Margron, théologienne dominicaine :

Il est tant de terres lointaines. De terres inhospitalières. Terres du non-sens, de la maladie. Terre de l’incompréhension ou de la déception. Terre du chagrin car la mémoire est trop lourde des larmes que la vie n’a pas permis de verser depuis la mort des êtres que nous avons chéris, partis trop tôt, dans nos enfances inconsolables. Terres où nous nous égarons loin du Dieu de la promesse, de ses entrailles de père et de mère tout ensemble. Nous errons à la poursuite de chimères de l’image de nous-mêmes, du regard des autres. Ou de l’éphémère tourbillon de la vie. Terres lointaines du cœur dur, du repli sur des habitudes faussement rassurantes, ou un monde qui nous ressemble et de certitudes.

Qui n’est pas parti vers des terres lointaines ? Nul besoin de bagages ou de papiers. C’est nous, la terre lointaine. Comme si une part de nous-même pouvait toujours s’en aller à la dérive. Par trop de peine, d’esseulement, de mirages.

« Je t’appelle mon Dieu quand mon cœur vient à me manquer. » Tant que j’appelle, je suis sauvée. Tant que je me tourne vers toi, rien n’est perdu. Je peux crier, hurler ma détresse, pleurer, devant le non-sens de la vie. Ou te supplier pour qu’enfin que tu viennes et prennes en souci les damnés de la terre. Tout, sauf se taire, et laisser gagner le murmure du serpent que rien ne te touche depuis ton ciel. Toi, le Dieu de mon amour, viens à mon aide. Ne t’éloigne pas quand mon cœur me manque et que la terre de ma vie devient étrangère. Viens me sauver, quand il fait noir au dedans.

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