A la recherche du bonheur

Publié le par Christophe Delaigue

Ce matin dans ma paroisse c’était « dimanche communautaire » : messe paroissiale unique à Goncelin à 11h précédée d’ateliers sur le « thème » du jour (donné par les lectures) avec possibilité du petit-déjeuner à 9h. Et le thème était le suivant : « A l’ascension du Mon(t)-Bonheur ».

Voilà une sorte de reprise des idées qui m'étaient venues pour mon homélie, un peu modifiées ou complétée spar ce que j'ai essayé d'en partager pendant la messe... Ces mots n'ont pas d'autre prétention que de tenter d'ouvrir à une réflexion...

Quand nous avons préparé cette matinée, deux mots nous ont guidés : « Cherchez » (le Seigneur), dans la première lecture (de Sophonie) et « Heureux » (notamment « les pauvres de cœur »), dans les Béatitudes. Moi ça me faisait penser au titre d’un film avec Will Smith, A la recherche du bonheur. Il me semble qu’il y a là une vraie question pour notre société, dans une recherche du bonheur qui ressemble à une course effrénée de l’avoir par lesquels on veut combler nos manques… Mais n’y aurait-il pas plutôt un lien entre le bonheur et la relation – aux autres – et notamment entre le bonheur et Dieu ? C’est ce que semblent dire les textes de ce matin…

Dans l’évangile, Jésus utilise neuf fois le mot « Heureux ». Ce n’est pas statique ; l’idée qu’il y a derrière c’est celle de : « En marche », c'est-à-dire debout… A la fois c’est un constat – « Heureux êtes vous, malgré tout, vous qui… » – mais c’est aussi un appel : « Heureux serez vous, si vous devenez… ». Jésus, Fils de Dieu, nous propose là un chemin de vie qui est chemin de bonheur, un chemin que lui-même a emprunté. Il y a donc un rapport entre Dieu et le bonheur. D'ailleurs avec le Psaume 4 nous avons chanté : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Et la réponse : « Seigneur, sur nous que s’illumine ton visage ». La présence de Dieu semble donc avoir un lien avec cette question d’un bonheur à trouver ou à accueillir… Sophonie, d’ailleurs, nous invite à « chercher le Seigneur » ; il s’adresse au peuple qui a vécu l’exil, donc le doute, l’abandon, l’humiliation. Voilà qui rejoint cette interrogation de bon nombre de nos contemporains et peut-être de nous-mêmes : « Si Dieu existait… Mais que fait-il ? … »

La question du non-bonheur apparent et notamment à cause des épreuves est un obstacle à la foi ; qui nous oblige à nous demander non seulement en quel Dieu nous croyons mais aussi ce que nous en attendons – ou attendions – ou ce que nous n’en attendons plus… Nous voudrions un Dieu un peu à notre image, qui nous protège, qui répondrait à toutes nos demandes… Du coup, soit nous refusons Dieu, dans l’épreuve, soit nous arrivons à chercher quand même, à essayer de comprendre…

Sur ce chemin, nous avons besoin les uns des autres ; nous soutenir mutuellement, mais également être mémoire de ce qui nous a déjà permis d’avancer, de grandir, de nous construire, quand tout allait bien ou dans telle autre épreuve dont nous sommes sortis vivants. Nous avons besoin d’entendre un appel à la confiance, de la part de quelqu’un sur qui nous pouvons compter, quelqu’un qui nous connaît ou au moins qui va croire en nous et nous permettre de mettre des mots et de découvrir en nous ce dont nous avons besoin pour continuer le chemin. Car pour chercher – chercher Dieu – il faut accepter de rester en route, en marche. Jésus, jusqu’au bout, a accepter de rester debout, même dans sa passion. Et voilà qu’en lui Dieu vit comme nous la souffrance. Il ne la supprime pas mais il la traverse pour nous assurer de la victoire de la vie, quoi qu’il arrive. Voulons-nous y croire ? Voulons-nous nous donner les moyens d’y croire ?

Chercher, c’est accepter de creuser les questions qui nous habitent ; c’est accepter d’écouter comment Jésus a avancé, coûte que coûte, c’est s’accrocher à ses paroles, se laisser bousculer par ceux qui sont là à nos côtés, qui nous connaissent et qui osent une confiance. Et c’est demander à Dieu sa force, son Esprit ; Jésus l’a bien dit au jour de son « Ascension » : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint. Alors vous serez mes témoins »… Promesse... de vie...

L’Ascension est une fête pascale, une fête dans la continuité ou plutôt le déploiement de Pâques. Après la croix, la résurrection, mystère de Pâques. C’est le cœur de notre foi. Les deux sont indissociables. Voulons-nous approfondir cela ? Vivons Pâques 2011 comme un évènement pour notre vie, pour notre recherche de bonheur. En marche ! Demandons-nous en tout cas, chacun, de quoi nous avons besoin aujourd’hui pour essayer d’avancer, pour chercher encore…

Publié dans Méditations

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