Appel à voir et prendre soin...

Publié le par Christophe Delaigue

Ce matin à la messe, le texte de l'appel de Lévi, un publicain, c'est-à-dire un collecteur d'impôt. Un traître donc. Quelequ'un qui a choisi de collaborer à l'occupant roamin. Il a choisi... Il faudrait mettre des guillemets ! Peut-être n'avait-il pas d'autre choix que ce choix là, pouvoir continuer à gagner sa vie, survivre donc, pour nourrir sa famille ou pour tout autre bonne raison. Mais Jésus le voit, lui qui n'ai sans doute pas très aimé et même montré du doigt, et il l'invite à sa suite. Les pharisiens le montrent du doigt ; c'est sacandaleux ! Sauf qu'aux yeux de Jésus, où est-il le scandale ?

Nous voilà, à la suite de Jésus, interpellés : voir - et donc vouloir voir - ces pauvres, exclus, souffrants et pécheurs de tous ordres qui sont là autour de nous - et que nous sommes chacun à des degrés divers. Voir et vivre quelque chsoe avec eux. Au nom de leur humanité que nous avons à partage. Au nom de ce devoir de vie de prendre soin de celui qui est seul, exclu, pauvre, quel qu'il soit, à notre mesure évidemment mais à toute notre mesure.

C'est quoi notre mission de baptisés ? Tel était le thème - dit autrement - de la soirée de formation que j'ai animée mardi soir pour les jeunes adultes de Grenoble, au Pôle Jeunes St Joseph. Et la réponse est là, dans ce texte d'évangile. Poser un regard sur le monde et plus encore sur tous ceux qui sont là. Voir les zones de fractures et de blessures. Décider d'accompagner ou de mettre en lien avec ceux qui pourront prendre soin si ce n'est pas de mon ressort. Car Jésus vient pour les malades et les pécheurs. Et à sa suite il nous invite à être ses pieds et ses yeux qui vont à la rencontre de tout homme, ses mains qui peuvent prendre soin, ses voix pour qu'une parole de vie puisse être adressée, au nom du Dieu d'amour, Dieu sauveur, qui veut pour chacun une vie debout, relevée, en marche, quelle que soit notre histoire, notre foi, notre race, nos épreuves du quotidien.

Mission impossible ? Je ne crois pas. Elle est notre mission à chacun, à la mesure de nos possibilités et elle est notre mission ensemble, nous épaulant les uns les autres, profitant des dons et des charismes de chacun.

Mais quoi qu'il arrive, il y a là un appel ! Ouvrir les yeux, ouvrir les mains, aller à la rencontre, oser une parole mais plus encore une présence, marcher ensemble.

Notre Eglise apprend, petit à petit, je crois, à continuer cette route là, avec le Christ et à sa suiote. Mais l'Eglise c'est chacun de nous... Ne nous appartient-il aps de repérer autour de nous celles et ceux qui souffrent - de tous ordres - celles et ceux qui sont seuls, exclus, celles et ceux qui cherchent un sens à la vie ? Alors, si nous voyons, nous pourrons trouver que vivre et nous devrons trouver que vivre.

Mère Térésa disait : "Ce que nous faisons est à peine une petite goutte d'eau dans l'ocean. Mais si nous ne le faisions pas, notre goutte d'eau manquerait à l'océan"...

Il ne s'agit nullement pour moi, ce matin, de faire la morale à je ne sais qui, ni à mon Eglise d'ailleurs. Il s'agit seulement d'entendre ces appels d'Evangile et de croire que si nous voulions voir, alors, chacun, nous pourrions apporter notre petite goutte d'eau dans cet océan qu'est notre monde et notre société, au coeur de tant d'attentes de vie, qui parfois ne sont plus que besoin de survivre. Tout seul j'ai bien conscience que je ne peux pas grand chose, mais là est et devrait être la force de nos communautés !

Une rencontre hier m'a confirmé tout cela... Je n'ai pu qu'écouter, mais j'ai entendu...

Publié dans Méditations

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