C'était il y a 50 ans... !

Publié le par Christophe Delaigue

http://www.temoignagechretien.fr/MEDIAS/ARTICLES/IMAGES/1659-ART_300200_-L1-1036-L2-1036-125.jpgImaginez la scène : 2500 évêques du monde entier entrant en procession dans la basilique St Pierre de Rome contenant déjà experts et autres invités. Le début d'une formidable aventure lancée par le bon pape Jean XXIII, préparée par des décennies de renouveau liturgique, biblique, patristique et par les débuts balbutiants du mouvement oecuménique.

Ce 11 octobre 1962 s'ouvre le concile Vatican II. Jean XXIII lui donnait comme but d'être un aggorniamento de l'Eglise, un renouveau, un souffle nouveau, en dialogue avec le monde de son temps, en fidélité à la Tradition mais aussi, pour reprendre l'expression du Père Congar, en fidélité à l'avenir.

50 ans après, que reste-t-il de ce concile ? Le plus visible est sans doute la réforme liturgique avec l'accès large à la Parole de Dieu et sa compréhension possible par tous car elle est désormais proclamée et priée en langue vernaculaire. Reste aussi cet appel au dialogue avec le monde, non pas pour tout y cautionner, mais pour y entendre les aspirations, les joies, les peines, les cris, les espérances, et pouvoir y mettre en résonnance cette Bonne Nouvelle que nous avons mission de proclamer, d'annoncer en paroles et en actes. Vatican II c'est aussi l'entrée de l'Eglise catholique dans le mouvement oecuménique, en réponse à l'appel de Jésus lui-même à ses disciples : "Qu'ils soient un comme Toi et moi, Père, nous sommes un... afin que le monde croit..." (Jn 17). C'était le deuxième but que Jean XXIII avait donné à ce concile Vatican II.

Ce concile est un concile ecclésiologique. L'Eglise réfléchit sur elle-même, ce qu'elle est et sa mission, mais non pas pour se regarder le nombril : une ecclésiologie christocentrée. L'Eglsie est l'Eglise du Christ appelée à rayonner, témoigner, de sa présence, par l'annonce de la Bonne Nouvelle mais aussi par sa façon d'être en rapport avec ceux qu'elle doit rejoindre. Le concile nous offre ainsi une ecclésiologie dialogale et du décentrement - il y a différents degrés d'appartenance au Christ et à l'Eglise - et une ecclésiologie de communion : tout est relation - il n'y a qu'à contempler le Christ pour le savoir : le Christ dans la Trinité, le Christ avec ses apôtres et ses disciples, le Chrst envers chacun de ceux qu'il croise et qu'il relève. De même doit-il en être pour l'Eglise, donc pour nous. Une Eglise dialogale, donc, qui doit de ce fait être missionnaire, par la parole et les actes, dans la rencontre de ce monde qui nous entoure. Une Eglise qui pour cela a besoin de chacun, pas seulement des prêtres, mais chaque baptisé, chacun selon ses charismes propres, dans la complémentarité et l'articulation les uns les autres, dans la communion.

50 ans... c'est un bel anniversaire. Une invitation à relire les textes du concile mais aussi ces livres qui nous racontent l'aventure de l'évènement - j'en propose un certain nombre sur ce blog, au fur et à mesure de mes lectures. Pourquoi pas aussi relire cette belle encyclique de Paul VI qui continua l'oeuvre de Jean XXIII, cette encyclique sur l'Eglise et le dialogue avec le monde, cette encyclique qu'il offrit pendant le concile aux évêques et à toute personne de bonne volonté : Ecclesiam suam.

Publié dans Actualité

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