Connaissez-vous Amos ?

Publié le par Christophe Delaigue

Depuis plusieurs jours, la liturgie des messes de semaine nous donne à entendre des paroles d'une étonnante actualité..

Amos est ce qu'on appelle un "petit prophète". Non pas que son message ne soit pas important ou moins important que d'autres, mais il est court, incisif, en quelques pages. Amos prophétise environ au 8ème siècle avant notre ère. La société vit et génère de graves injustices ; c'est le règne de l'argent, au détriment de la place centrale de l'homme dans les décisions économiques et politiques. Et pour en rajouter, la foi comme la pratique passent largement après le reste...
L'époque d'Amos n'est pas très différente de la nôtre. Et un certain nombre de ses propos résonnent de façon tellement juste, ajustée pour nous ! Quelle actualité ! Voilà qui nous bouscule...
 

Le texte de ce jour, Am 8,4-12, est très intéressant. En transposant ce qui est dit du sabbat à notre dimanche, en entendant ce qui est dénoncé du désir de l'avoir et de l'argent, en voyant l'oppression du pauvre qui est dénoncée, on comprend qu'Amos a quelque chose à dire à notre société occidentale du XXIème siècle. Avec les derniers versets, notamment, qui ouvrent à une espérance extraordinaire. Dans ce qu'Amos nous dit, c'est comme si Dieu annonçait qu'il se retire, qu'il décide de nous laisser tranquille vu que nous ne voulons pas de lui. Mais il sait en même temps, que cette famine de la Parole de Dieu - et de sa présence - qui arrive et qui est annoncée va entraîner une faim et une soif. Et donc que l'homme éloigné de Dieu finira par vouloir le chercher ; en tout cas il entendra en lui une aspiration au bonheur et à un sens pour ce qu'il vit.

Voilà un vrai chemin d'espérance. Et lisant ce texte à la messe à Theys puis à la maison de retraite à Goncelin, je pensais à toutes ces personnes âgées qui culpabilisent que leurs enfants ne croient pas, apparemment, qui en tout cas ne pratiquent pas, ceux qui ont laissé tomber ce qui pourtant leur a été transmis...
Avons-nous cette confiance que dans le coeur de l'homme - créé à l'image et à la ressemblance de Dieu - il y a quelque chose de divin qui est là, qui est déposé en chacun ? Et que ce quelque chose peut ouvrir ou appeler un chemin de recherche de celui que je nomme Dieu ?
Notre mission, du coup, pour nous croyants et pratiquants, c'est d'oser quand même témoigner de ce Dieu auquel nous croyons, ce Dieu qui est là à nos côtés, même si ce n'est pas compris. Comme Amos il nous faut continuer à oser une parole, sans doute discrète en tout cas respectueuse de la liberté de l'autre. Alors, un jour, ceux qui aspirent au bonheur et qui cherchent un sens à leur vie, au-delà des pseudo-bonheurs que semblent nous promettre l'argent et les désirs de réussite sociale, ceux là qui nous entourent et qui nous voient oser une confiance en Dieu pourront peut-être le trouver, le rencontrer, vouloir en tout cas le chercher plus...

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