Croire... ? Vivre sa foi... ? Mes amis Lazare et l'homme riche...

Publié le par Christophe Delaigue

Ce week-end, et même cette semaine, je n'ai pas bien eu le temps de rédiger une homélie pour ce dimanche... Pourtant les textes n'étaient pas forcément évidents... Amos avait des paroles dures contre le peuple, cette bande de "vautrés" comme il dit ; et l'évangile en Lc 7 utilise des images étonnantes sur cet au-delà dont il est question...

Que comprendre ? Je vous livre quelques notes en vrac...

Cette parabole de Jésus se situe après l'évangile de la semaine dernière (à quelques versets près). Il faut donc les lire dans ce contexte là : qu'est-ce qui oriente notre vie et nos choix ? Quel regard posons nous sur chaque homme ? Comment mettre la dignité humaine au coeur de nos préoccupations ?

Un mot d'abord de la fin de l'évangile de ce dimanche. Il y est question de la résurrection. Abrahamn dit à notre homme riche qui l'implore (le voilà en situation de pauvreté et du coup il voit enfin ce qui se passe autour de lui) : un homme pourrait bien ressusciter, tes frères ne se convertiraient pas plus s'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes. J'entends que la résurrection est une Bonne Nouvelle inaudible si nos coeurs ne sont pas prêts à l'accueillir. Il ne suffit pas d'entendre la Parole, il faut qu'elle descende en nous, qu'elle travaille nos coeurs, et que nous la mettions en pratique !

Comment écoutons-nous ? Ecoutons-nous vraiment ? Et voulons-nous que ça bouscule notre vie parfois bien installée ?

Je pensais aux pèlerins d'Emmaüs. Ils savent ; ils ont tous les éléments pour comprendre, mais il faut que ça descende en leur coeur. Et c'est parce que Jésus prend le temps de leur re-raconter et de leur expliquer, de leur ouvrir les yeux, qu'alors ils peuvent accueillir cette nouvelle étonnante et bouleversante de sa résurrection...

L'homme riche connaît la Parole ; la preuve il reconnaît Abraham et il sait même qu'il est un intercesseur (rappelons-nous l'épisode de Sodome et Gomore). Mais il ne suffit pas de savoir ; il faut que ça s'inscarne ensuite ; ce qui ne s'est pas passé pour lui... Il n'a même pas fait attention à Lazare qui était là devant chez lui. Il est de ces "vautrés" dont parle le prophète Amos... Il a laissé un fossé se creuser entre le pauvre - et Dieu - et lui le riche... Ses actes de chaque jour ne sont pas sans conséquences...

Une fois mort, une fois dans ce lieu qui a l'air "terrifiant" (l'évangéliste ne fait que reprendre les images de l'époque, pas pour nous faire peur mais pour nous faire réagir), il réalise qu'il n'est plus tout-puissant et il s'ouvre. Alors il voit Abraham et même Lazare, ce pauvre qui porte ce beau nom de "Aimé de Dieu".

Au pèlerinage diocésain à La Salette, ce week-end, notre évâque a lancé le thème d'année qui va bien avec cet évangile : "Face aux précarités, l'évangile nous presse !" Un appel à regarder autour de soi, à entendre la Parole mais aussi le cri de ceux qui nous entourent ; et à voir comment chacun, à sa mesure, peut apporter sa réponse, sa part...

Publié dans Méditations