Donnez-leur vous-mêmes à manger...

Publié le par Christophe Delaigue

Dans l'évangile du jour, Jésus interpelle ses disciples quant aux foules qui sont là. Eux voudraient les renvoyer... Il y a trop de monde... Il est tard... Tout le monde à fin... Jésus, lui, est saisi de pitié pour ces foules... Quand il les voit, il est remué au plus profond de lui... Il ne peut les laisser à elles-mêmes...
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:DijEevKPsmaLuM:http://imblog.aufeminin.com/blog/D20070516/189387_50934648_blog_pain_H111121_L.jpgTous ces gens ont faim ? Très bien : "Donnez-leur à manger". Vous vouliez qu'on les laisse de côté ? Eh bien "Donnez-leur vous-mêmes à manger". On ne peut s'en débarrasser comme cela. Car ces foules sont là et attendent quelque chose...
Sauf qu'il n'y aurait pas assez... Comment faire ? Tout simplement partager ce qu'il y a et cela ira, cela suffira. Quand on fait le choix de donner pour l'autre le peu que l'on a, il y a toujours l'essentiel.
C'est tellement vrai qu'il en reste ! Pour ceux qui auraient pu être là... Ou pour le lendemain (car au réveil, ces foules auront faim !).

Comme Jésus, je suis invité à regarder ces foules qui sont là. Je suis invité à me laisser toucher au plus profond de moi-même. Je ne peux pas vivre dans ma bulle spirituelle. Je ne peux pas vivre replié sur moi ou sur "moi-et-mon-Dieu." Ma foi - la foi au Christ - m'oblige et m'appelle à me tourner vers les autres, vers tous ces autres en attentes de quelque chose. Ma foi m'invite à écouter et entendre ce qui bouillonne en eux...
Les désirs et aspirations de nos coeurs humains sont multiples. Mais en nous il y a des soifs et des faims qu'il nous faut arriver à combler, petit à petit. Et pour que ce que nous avons à offrir puisse être accueilli il nous faut également pouvoir combler une partie des attentes matérielles de ces hommes et de ces femmes qui sont là.

Je crois que le coeur de l'homme attend d'être aimé et d'aimer.
Je crois que le coeur de l'homme cherche un sens à sa vie.
Je crois que le coeur de l'homme est mendiant d'un bonheur à trouver et à construire.
Que puis-je répondre à cela ? Qu'ai-je à offrir ?
Je ne peux pas tout attendre de Dieu pour ces gens là ! Je peux prier pour eux et donc, déjà, ne pas être complètement indifférent à ce qu'ils vivent. Mais je ne peux pas en rester là, comme dans ma bulle ! Que puis-je faire, à ma mesure, pour eux, là où je suis, avec ce que je suis ?

Jésus nous dit à chacun : "Donnez-leur vous-mêmes à manger..."

Me viennent avec cela des questions pastorales...
Il y a les attentes matérielles et humaines, premières sans doute, auxquelles il faut répondre.
Mais il y a aussi le Christ à offrir pour qu'il nourrisse de sa présence les attentes spirituelles et essentielles du coeur de l'homme. Donner à manger, c'est le donner, lui, Jésus, puisqu'il s'est fait nourriture : partager sa Parole qui peut donner sens à qui cherche ; partager son Corps comme accueille mystérieux mais tellement grand de la Présence du Ressuscité.
L'offrir à tous ceux qui le demandent, qui veulent recevoir Jésus en leur vie pour qu'il porte  des fruits en eux et autour d'eux. Comment pourrai-je le refuser à des croyants - des chrétiens - qui ne seraient pas "en règle" ? Dans l'évangile de ce jour, Jésus ne fais pas de tri, il accueille chacun, il propose à tous...

L'étendue de la tâche est immense. Il y en a vraiment pour tout le monde.
Ce qui est sûr, c'est que Dieu attend de nous que nous y apportions notre pierre, notre part. Il sait que nous le pouvons ; il compte sur nous, il a foi en nous.

Mc 6,34-44

Publié dans Méditations

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