En avent... ! Savoir attendre... !

Publié le par Christophe Delaigue

Et si le temps de l’Avent venait renouveler l’espérance en nous ? Non pas un optimisme facile qui ferme les yeux sur la réalité, mais cette espérance forte qui jette l’ancre de Dieu et dont les signes peuvent être perçus dans notre monde.

L’année chrétienne commence par l’Avent, le temps de l’attente. Pourquoi ? Pour nous révéler à nous-mêmes l’aspiration qui nous habite et pour la creuser : le désir d’un absolu, vers lequel chacun tend de tout son être, corps, âme, intelligence, la soif d’amour qui brêle en nous, du nourrisson jusqu’à la personne âgée, et que même l’intimité humaine la plus grande ne peut pas entièrement apaiser.

Cette attente, nous la ressentons souvent comme un manque, un vide difficile à assumer. Mais loin d’être une anomalie, elle fait partie de notre personne. Elle est un don, elle nous conduit à nous ouvrir nous-mêmes, elle oriente toute notre personne vers Dieu.

Cette soif qui nous habite n’est-elle pas une marque gravée par Dieu en nous pour que nous nous tournions vers lui ? Le progrès économique et le bien être matériel, si indispensables soient-ils, ne peuvent pas combler notre soif la plus profonde. Cette soif ouvre notre cœur à la voix de l’Eprit Saint qui murmure jour et nuit : « Tu es aimé de Dieu pour toujours et sans retour ; et même les épreuves de ta vie, parfois très dures, ne peuvent effacer cet amour. »

Osons croire que le vide peut être habité par Dieu et que déjà nous pouvons vivre l’attente avec joie. Saint Augustin nous y aide quand il écrit : « Toute la vie du chrétien est un saint désir. Dieu, en faisant attendre, étend le désir ; en faisant désirer, il étend l’âme ; en étendant l’âme, il la rend capable de recevoir… Si tu désires voir Dieu, tu as déjà la foi. »

Frère Roger aimait cette pensée d’Augustin et c’est dans cet esprit qu’il priait : « Dieu qui nous aimes, quand nous avons le désir d’accueillir ton amour, ce simple désir est déjà le commencement d’une foi toute humble. Peu à peu au tréfonds de notre âme s’allume une flamme. Elle peut être fragile mais elle brûle toujours. »

Ce qui est passionnant dans la Bible, c’est qu’elle raconte toute l’histoire de l’amour entre Dieu et l’humanité. Cela commence par la fraîcheur d’un premier amour, puis viennent les obstacles et même les infidélités humaines. Mais Dieu ne se fatigue pas d’aimer, il cherche toujours son peuple. En fait, la Bible est histoire de la fidélité de Dieu. « Une femme oublie-t-elle son petit enfant ? Même s’il y en avait une qui oubliait, moi je ne t’oublierai pas » (Isaïe 49,15).

Lire cette longue histoire peut éveiller en nous le sens des lentes maturations. Parfois nous voudrions tout, tout de suite, sans voir la valeur du temps du mûrissement ! Mais la Bible nous ouvre une autre perspective : « Mes temps sont dans ta main, Seigneur » (Psaume 31,16).

Savoir attendre… Être là, simplement, gratuitement. Nous mettre à genoux pour reconnaître, même avec le corps, que Dieu n’agit pas forcément comme nous l’imaginions. Ouvrir les mains, en signe d’accueil. En nous préparant à Noël, l’Avent nous prépare à l’accueillir.

Même si nous n’arrivons pas toujours à exprimer notre désir intérieur par des paroles, faire silence est déjà l’expression d’une ouverture à Dieu. Pendant cette période de l’Avent, nous nous rappelons que Dieu lui-même est venu, à Bethléem, dans un grand silence. […]

[Frère Alois, de Taizé, Oser croire, Les Presses de Taizé, octobre 2010, p.15-17]

Publié dans Méditations

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