Funérailles d'un jeune (suicide, 17 ans)

Publié le par Christophe Delaigue

[1Jn 4,7-10 / Jn 12,24-28]

 En préparant ces quelques mots et en pensant à vous tous ce matin et à ce que je pouvais vous partager de ces textes, je suis resté songeur… Je me suis demandé comment ces paroles sont audibles pour vous et notamment comment, vous les jeunes, vous pouvez les accueillir… Je pense surtout à ces paroles de l’évangile qu’on vient d’entendre…

Jésus nous parle de lui et de ce que ça veut dire vivre à sa suite. Quand je dis qu’il nous parle de lui, il nous parle de sa mort à lui, du sens de sa mort. Il n’est pas en train de nous dire qu’il vaut mieux mourir que vivre ici, sur cette Terre ; on le sait bien, d’ailleurs, sans quoi vous ne seriez pas tristes ni dans l’incompréhension de ce départ d’Alexandre et de son refus de vivre.

Jésus nous dit qu’il fallait qu’il meurt, lui Jésus, comme nous nous allons mourir un jour, qu’il meurt pour nous ouvrir un chemin de vie éternelle, la vie avec Dieu – si nous en voulons, car personne ne sera obligé.

On ne peut pas comprendre cela, je crois, si on ne fait pas ce pari de confiance, ce pari de la foi, que Dieu existe et qu’il veut nous accompagner jusque dans cette épreuve de toute vie qu’est la souffrance et la mort. Et que Jésus, au nom de Dieu, vient vivre comme nous cette souffrance et cette mort. Il vient traverser cette souffrance et cette mort.

C’est vrai que nous préférerions que Dieu nous épargne ces épreuves qui nous clouent au sol, ces épreuves qui nous font douter que la vie ça vaut le coup d’être vécu. Nous voudrions qu’il intervienne un peu comme un magicien. Or Jésus vient nous révéler que Dieu ne fonctionne pas comme cela. Dieu ne vient pas supprimer la souffrance et la mort mais il nous y accompagne, si nous le voulons. C’est le mystère de la croix et de la résurrection de Jésus. Même lui, Jésus, est mort, parce que toute vie humaine est marquée par la mort. Mais il est ressuscité parce que c’est bien à la vie que nous sommes appelés. C’est vivre qui est normal et que Dieu veut pour nous. Jésus ne cesse de le dire tout au long des évangiles, et c’est bien ça l’appel à aimer qu’il n’arrête pas de nous adresser. Déjà dans le livre de l’Exode, après la libération d’Egypte, Dieu demandait à Moïse de dire au peuple que quoi qu’il arrive, dans toute situation il nous invite choisir la vie, choisir ce qui est du côté de la vie, et qu’alors un bonheur sera possible.

Cette promesse de vie, cet appel à la vie, il nous concerne, nous qui sommes là, vivants. Le bonheur sera possible, et nous avons notre part à prendre pour le faire advenir et le faire grandir, c’est l’appel à aimer et à prendre soin les uns des autres.

Mais cette promesse de vie, cet appel à la vie, c’est aussi une promesse pour ceux qui sont morts, car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, je dis bien « tous » ; c’est la promesse de la résurrection, promesse qui est faite à ceux qui voudront bien être accueillis par Dieu, ceux qui voudront bien y croire, promesse que Dieu voudrait pour tous, pour chacun de nous.

Ce matin, j’ai envie de prier pour que nous voulions vivre pleinement, pour que nous voulions apprendre à aimer, parce que c’est ça qui peut donner sens à notre quotidien. Je prie pour que nous apprenions à nous soutenir les uns les autres sur ce chemin. Et nous prions également pour Alexandre, que le Seigneur l’accueille auprès de lui…

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