La fascination du pire

Publié le par Christophe Delaigue

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41tZ9AHkQ5L._SL160_.jpg"... avec un sourire désarmant, elle me dit qu'il ne fallait pas tout de suite imaginer une catastrophe. C'était selon elle une attitude caractéristique des Occidentaux ; elle appelait ça "la fascination du pire". (...) Je l'écoutais attentivement. Je savais bien qu'elle avait raison. J'avais souvent tendance à exagérer. J'aurais voulu lui expliquer que j'étais encombré d'une gravité nouvelle depuis la disparition de mes parents, d'une affreuse lucidité sur la fragilité extrême de la vie. J'aurais voulu lui parler de mes insomnies, de mes peurs irrationnelles. J'aurais voulu lui raconter comment ce handicap m'interdisait tout espoir d'apaisement"...

Un roman qui balaye ou traverse quelques questions d'actualité : entre amour et sexualité, islam et Occident, peurs et fascination, frustration et extrémismes religieux. La fin me paraît un peu décevante mais l'ensemble du roman est intéressant, avec cette thèse caricaturale ou "improbable" telle quelle mais bien vue : si les extrémismes religieux étaient le fruit d'une frustration sexuelle ? C'est un peu facile, mais le résultat n'est pas mal ! En tout cas on sent bien le fossé culturel entre islam et Occident...

"- Tu dis que c'est à cause de l'islam, reprit Lamia. Mais tu te trompes. C'est simplement la culture qui est en cause... Moi, par exemple, je suis française d'origine marocaine, je suis mulsulmane et tout va bien. Je ne suis pas frustrée et je ne déteste personne... (...)

- Tu es musulmane comme moi je suis chrétien. En France, par exemple, la plupart des gens disent qu'ils sont catholiques, mais en réalité ils ne le sont pas vraiment. Ils sont des rebus du catholicisme. Ils sont d'origine et de culture catholiques, si tu veux. Mais ils ne sont pas vraiment catholiques. Être catholique, ce n'est pas seulement avoir fait son baptême et croire vaguement en Dieu ; ça implique un certain mode de vie"...

 

Florian Zeller, La fascination du pire, Flammarion, 2004, 213 pages (disponible aussi en poche chez J'ai lu).

Publié dans Romans et récits

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