Olivier

Publié le par Christophe Delaigue

Il y a quelques mois je lisais Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan et m'interogeais, sur ce blog, sur le rapport à l'écriture, au pourquoi écrire comme acte de relecture de son histoire, comme accouchement à la vérité sur soi et son histoire, comme chemin d'acceptation, de mémoire et de libération.

Olivier, de Jérôme Garcin, vient compléter cette réflexion. L'auteur nous livre là le récit sur cette présence et les questions quant à son frère jumeau, décédé. Un récit où l'écriture permet de se révéler et de faire sortir ce qu'il y a en soi. Pour guérir et vivre. Car l'acte d'écriture, comme la parole pour d'autres, ou pour ouvrir à une parole jusque là impossible, permet une mise en mot salutaire.

Ainsi peut-on lire, p.57 : "on écrit pour exprimer ce dont on ne peut parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché, claquemuré, prisonnier d'une invisible geôle. Et qu'il n'y a pas de meilleure confidente que la page blanche à laquelle, dans le silence, on délègue ses obsessions, ses fantasmes et ses morts."

Et p.75 : "Heureusement, même si elle est venue tard, il y eut l'écriture. Elle m'a sorti du silence où je m'enfermais, m'a permis de désigner les ombres qui me hantaient, m'a soigné d'une pudeur maladive, m'a forcé à avancer toujours plus droit dans le devoir de vérité."

Un beau récit. Quelques longueurs peut-être mais un beau récit.

Jérôme Garcin, Olivier, Gallimard, 2012, 158 pages.

Publié dans Romans et récits