Se laisser aimer...

Publié le par Christophe Delaigue

Les textes que nous offre la liturgie de ce mercredi 9 décembre sont magnifiques. Ils m'inspirent ces quelques mots qui me serviront de méditation tout à l'heure pour la célébration du pardon...

Dans le livre du prophète Isaïe, ces mots résonnent : "Dieu rend les forces à l'homme épuisé". Je peux donc me demander qu'est-ce qui me fatigue, me pèse, dans ce qui fait mon quotidien... ? Voilà qu'il me faut le déposer à Celui qui est là et qui peut refaire mes forces... Ne dit-il pas, d'ailleurs, dans l'évangile de Matthieu : "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos"...
Qu'est-ce qui est trop lourd et qui m'empêche d'avancer et même de croire au bonheur ?
Il y a évidemment toutes ces épreuves dont je suis peut-être témoin, y compris en ma propre chair ; mais il y a aussi le poids du péché, tout ce mal que je fais alors que, pourtant, je voudrais faire le bien et être meilleur !

http://www.icones-grecques.com/jesus_christ/images/anastasis_resurrection.jpgDans le Psaume il nous est dit : "Le Seigneur est tendresse et pitié ; lent à la colère et plein d'amour ; il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses"...

Notre Dieu nous aime, quelle que soit notre histoire. Et il nous attend, comme nous sommes.
Jésus n'a cessé de l'annoncer et donc de nous dire à nous aussi : "je viens pour les malades et les pécheurs !"
Sommes-nous prêts à reconnaître ce péché qui parfois envahit notre coeur et donc notre quotidien ?

Le reconnaître c'est accepter de le regarder en face et donc c'est se donner les moyens de le déposer au Seigneur pour qu'il m'aide à avancer, petit à petit. L'enjeu, il est de reconnaître notre part de faiblesse pour accueillir la force de Dieu. Accueillir sa force d'amour qui relève, qui redonne confiance.
Notre Dieu est un Dieu qui croit en nous, malgré tout ! Nous ne sommes pas que ce mal que nous faisons, ce mal que  parfois nous ne voyons même pas ou que nous refusons de voir. Notre Dieu sait que nous valons bien plus que tout cela. Et il est prêt à s'engager à nos côtés, si nous le voulons bien, si nous le lui demandons.
C'est St Paul qui affirme : "C'est lorsque je suis faible qu'alors je suis fort". Entendons : c'est parce que je reconnais mes limites que je peux laisser Dieu me rejoindre là où j'en suis et que je peux le laisser faire son travail de recréation en moi, que je peux accueillir sa force à lui qui m'aide à poursuivre le chemin, qui m'aide à grandir, petit à petit, chute après chute et relèvement après relèvement.

Recevoir le sacrement du pardon, c'est reconnaître cette puissance de Dieu et cette confiance qu'il a en chacun  et notamment pour ceux qui veulent bien se tourner vers lui.
Vivre le sacrement du pardon, c'est nommer et donc regarder en face ce qui n'est pas toujours très beau dans sa vie pour le déposer à cet autre qui est là et donc, déjà, s'en libérer. Car la parole est oeuvre de libération ; on fait sortir de soi une part de ce mal et de cette culpabilité qui sont là, en soi.

C'est Frère Roger, pour qui le pardon était la réalité la plus invraisemblable et donc la plus belle, la plus touchante, de l'Evangile, qui écrivait :
"Le plus important pour toi est de découvrir que Dieu t'aime. Là est la source. Et son amour est présence et pardon. Il t'aime, même si tu penses ne pas l'aimer. Et viendras un jour où tu lui diras : 'Je t'aime, peut-être pas comme je voudrais, mais je t'aime..."
Par son Esprit, le Ressuscité traverse, pour le transfigurer, même le plus déconcertant en toi. Les pessimismes que tu portes sur toi-même se dissolvent. Fais la chasse aux impressions sombres que peut sécréter l'imagination."
J'ajoute : "... et laisse toi aimer comme tu es ; présente toi au Seigneur, tel qu'est ta vie. Mais n'oublie surtout pas une chose : il est là, il t'aime et il t'attend. Car il veut t'offrir son pardon."


Les textes de ce jour : Is 40,25-31 / Ps 102 (103) / Mt 11,28-30

Publié dans Méditations

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