Syngué sabour

Publié le par Christophe Delaigue

Vraiment c'est beau. Atiq Rahimi adapte ici son roman Syngué Sabour - Pierre de patience (prix Goncourt 2008).

Nous sommes en Afghanistan, au pied des montagnes de Kaboul. Elle est jeune et belle. Elle a deux filles encore petites. C'est la guerre. Leur quartier est sur la ligne de front, bombardé, visité... Et lui qui est là. Couché. Comme mort mais pourtant vivant, inanimé. Une balle dans la tête l'a plongé dans le coma. Elle prie, elle prie, elle prie, mais rien n'y fait, il ne se réveille pas. Elle n'en peut plus.

Elle se met à parler. Relire son histoire. La mettre en mots avec lui, pour lui. Maintenant qu'il l'écoute ! Il devient sa "pierre de patience" à qui elle peut tout dire : sa vie, son histoire, ses blessures, et lui, ce héros de guerre qui gît et ne peut plus être son maître. Elle lui dit qui il est, ce qu'il a été pour elle. Et là, elle s'attache à lui et fait tout pour le protéger. Il est sa "pierre de patience". Et elle fait cette expérience tellement importante que la parole libère et redonne vie. Jusqu'à permettre cela, à son tour, à ce jeune talban bègue que la guerre lui fait croiser.

Tout est filmé et mis en scène avec intelligence et subtilité. Avec lenteur et douceur. Même la vie qui reprend et qui la surprend se laisse pressentir et nous envahit petit à petit, accompagnée d'émotions, de couleurs, de musique. C'est beau. C'est à aller voir.

 

La bande annonce : link

Publié dans Cinéma

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