Trouver ensemble des chemins de communion

Publié le par Christophe Delaigue

Il y a quelques jours, Rome et Londres annonçaient conjointement que toute une frange de l'Eglise anglicane allait être rattachée à l'Eglise catholique romaine.

La nouvelle a de quoi surprendre quant au fond mais aussi quant à la forme :
- quant au fond : nous sommes aujourd'hui très proches de nos frères et soeurs anglicans ; nous butons sur deux questions essentielles qui sont l'ordination presbytérale et épiscopale des femmes et l'ordination presbytérale et épiscopale de personnes homosexuelles "pratiquantes" (je ne sais comment il faut le dire) ; rajoutez la question du célibat des prêtres et celle d'un exercice réajusté de la primauté de l'évêque de Rome. Les deux premières questions divisent la communion anglicane depuis de très nombreuses années...
- quant à la forme : des "ordinariats" vont être crées, c'est-à-dire que des anglicans rattachés à Rome pourront vivre  pour une part leur spécificité tout en étant membres de l'Eglise catholique romaine, unis au Pape (et donc dépendant de lui pour un certain nombre de décisions dont, sans doute, les nominations d'évêques ?) ; on a comme l'impression de la création d'une nouvelle Eglise uniate alors que Rome, suite aux accords de Balamand, avait renoncé à ce modèle d'unité par la réintégration (il est vrai que la question ne se pose pas tout à fait de la même façon avec les Eglises orientales et orthodoxes car les divisions ne sont pas du même ordre) ; qu'en sera-t-il maintenant des liens et de la recherche d'unité avec l'Eglise anglicane non rattachée à Rome, comment poursuivre le chemin de dialogue entamé ?

Comme le disent les responsables anglicans, l'Eglise catholique romaine ne fait que trouver une solution à un état de fait  déjà existant : une partie de l'Eglise anglicane s'était déjà séparée et rapprochée de Rome ; on le reconaît tout simplement. Et dans le même temps, on reconnaît des spécificités liées à une histoire, à une spiritualité...
La question qui va désormais se poser est celle de ce clergé marié réintégré : quelle place auront-ils (ou pas) dans l'Eglise catholique ? Est-ce une "porte-ouverte" à des évolutions quant à la discipline catholique romaine ? Il ne semblerait pas pour l'instant...
De nombreuses questions se posent en tout cas et les mois à venir nous diront sans doute ce qu'il faut comprendre de cette annonce plutôt étonnante...

Demeure cette interrogation de fond : quelle unité cherchons-nous et comment avancer ensemble pour trouver des chemins de communion ?
Rien ne se fera sans des rencontres entre chrétiens de différentes confessions pour apprendre à se connaître, à se comprendre et à prier ensemble ; rien ne se fera si nous ne nous mettons pas ensemble à l'écoute de la Parole et de ce que l'Esprit souffle aux Eglises !



Je profite de ce petit billet (si vous avez eu le courage de lire jusque là) pour vous faire une invitation à la lecture !
Dans le cadre de mes travaux de recherche à l'Institut Supérieur des Etudes Oecuméniques quant à la question de la primauté de l'évêque de Rome au service de la communion dans l'Eglise et des Eglises, je viens de retravailler la figure de Pierre dans le Nouveau Testament. Outre quelques lectures un peu savantes mais fort intéressantes, je viens de découvrir le petit ouvrage de Pierre Gibert Simon Pierre apôyre et compagnon (Bayard, 2001, 139 pages).
Une petite merveille, très simple et accessible ; une occasion de relire le Nouveau Testament et notamment les évangiles par le biais de la figure de Pierre ; une occasion aussi de comprendre comment s'est rédigé et compilé le Nouveau Testament à la lumière de la Résurrection de Jésus mais aussi du développement des premières communautés chrétiennes et de ce qu'elles vivaient ; une occasion enfin de (re)découvrir la place spécifique de la figure de Pierre par rapport à la place centrale de la figure de Jésus...
Vraiment, si vous avez 2h devant vous, vous ne perdrez pas votre temps !

Publié dans Oecuménisme

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