Un carême... au "goût" de printemps...

Publié le par Christophe Delaigue

De passage à Taizé, et allant à la prière mardi matin, je me réjouissais de cet air de printemps qui "flotte" et qui fait du bien. Et je me disais que cette année le carême, de ce fait là, du fait qu’il est tard dans l’année, allait avoir une coloration particulière ; comme un temps d’éclosion, pour naître à soi-même et à Dieu.

Le carême c’est une sorte de marche, de pèlerinage, pour vivre justement cette éclosion intérieure à laquelle nous sommes conviés par le Christ. Naître à la Bonne Nouvelle de sa résurrection ; c’est-à-dire naître à la vie, la vie éternelle. Or qu’est-ce que la vie éternelle si ce n’est connaître Dieu (cf. St Jean). Le carême est une marche, une sorte de pèlerinage ; il faut vouloir s’y engager – c’est un choix à poser –, il faut vouloir y avancer patiemment et humblement et pour cela il faut s’en donner les moyens, s’y préparer, comme pour une randonnée où l’on ne part jamais sans s’être équipé. Les textes demain nous parleront de jeûne, de prière et d’aumône mais aussi de conversion et d’appel à la réconciliation. Et au cœur de notre entrée en carême, il y aura deux marches : celle des cendres, avec l’appel à la conversion – qui donne le sens de ce temps qui nous est offert – et celle de l’eucharistie – qui est mémorial de la passion et de la résurrection de Jésus, qui est le but, l’orientation de notre carême et de notre marche : naître à nous-mêmes et à Dieu pour avec lui entendre et vivre la Bonne Nouvelle de la résurrection, celle du Christ qui nous entraîne avec lui et donc la nôtre à nous aussi !

Si la conversion est une éclosion et une marche, elle est donc une démarche, non seulement à choisir mais surtout à accueillir, car elle est le don d’une grâce. Souvent nous ne voyons pas notre péché, nous sommes comme aveuglés ; or le péché nous coupe de Dieu, il altère notre relation à Dieu. Nous convertir c’est entrer sur un chemin de mise en lumière de notre vie ; c’est donc un don que Dieu peut nous faire, une grâce qu’il veut nous offrir. Mais il dépend de nous, pour cela, de vouloir vivre ce temps de carême comme ce temps favorable du salut dont parlera St Paul dans la deuxième lecture !

Sur le chemin me conduisant  ce mardi à la prière du matin, me revenaient les mots du prophète Michée avec lesquels nous avons lancés l’année pastorale dans ma paroisse ; et voilà qu’ils étaient justement ceux de la lecture à la prière ! Ils résonnent forts et bien pour cette entrée en carême : « ce que le Seigneur réclame de toi, c’est de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu » (Mi 6,8)…

 

Publié dans Méditations

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