Un évêque meurt et le monde se tait...

Publié le par Christophe Delaigue

Il y a dix jours, Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d’Anatolie, est mort, assassiné par son chauffeur, dans des conditions peu claires. C’était en Turquie, la veille du voyage de Benoît XVI à Chypre où l'évêque devait se rendre - fallait-il y voir un lien ? En tout cas, qui a parlé de cet évènement ? Personne ou presque : quelques secondes sur l'une ou l'autre chaînes de télévision, une petite brève dans certains journaux ; guère plus - heureusement le journal La Vie, par exemple, comme le quotidien La Croix relayaient l'information (ces queqlues lignes s' inspirent d'ailleurs de ce dernier)... Cet évêque, d’origine italienne, était aussi le président de la Conférence des évêques turcs, une personnalité ecclésiale, importante donc, dans un pays où les chrétiens sont minoritaires.

Même si les autorités turques assurent qu’il s’agit là d’un acte commis par un déséquilibré, un acte isolé, un acte qui serait donc sans rapport avec la religion, force est de constater que la vie des chrétiens devient décidément difficile dans cette région du monde où de tels actes isolés qu'on laisse sans suites semblent se répéter : le meurtre du P. Andrea Santoro, tué dans son église en février 2006, l’agression en mars 2006,du P. Roberto Ferrari, menacé de mort, puis celle, en décembre 2007, contre un frère capucin, Adriano Franchini, et enfin, l’assassinat en avril 2007, de trois protestants. Là non plus, il n’y avait guère eu d’échos dans les médias.

On aurait pu s’attendre à ce que la mort d’un évêque, le responsable le plus haut de l’Église du pays, nommé par le pape, provoque une certaine émotion - un peu plus en tout cas... Eh bien non... Ni en Turquie, où les médias n’ont pas donné une large place à l’information, ni même en Europe, du moins en France où nombreux sont sans doute nos compatriotes à ignorer ce meurtre. Par pure hypothèse, on peut imaginer l’indignation qu’aurait à juste titre – suscité l’assassinat, dans un pays à majorité chrétienne, d’un responsable religieux équivalent, musulman ou juif...

Quelques conclusions faut-il en tirer ? On ne sait trop... Si ce n'est que l'Eglise intéresse les médias français quand on peut la critiquer et l'attaquer - non pas qu'il n'y ait pas eu de quoi avec certaines affaires récentes... Mais quand il s'agit de dénoncer des actes qui touchent l'Eglise comme "victime", sans doute au nom de l'appartenance à une minorité religieuse qu'on veut faire disparaître en terres musulmanes, là il n'y a plus personne pour parler...

Publié dans Actualité

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