Urgence "climatique" ? Une urgence "humaine" et sociale !

Publié le par Christophe Delaigue

Nous le savons tous, tant le sujet est médiatisé, le changement climatique lié au réchauffement de la Terre a déjà des conséquences dramatiques. Les premières victimes sont et seront à l’avenir les populations déjà les plus vulnérables et les pays les plus pauvres : crises humanitaires, exodes, atteintes aux droits de l’homme risquent de se multiplier dans un futur proche.
A l'heure où les dirigeants des pays membres des Nations-Unis vont se rassembler à Copenhague pour élaborer un accord global qui prenne la suite du protocole de Kyoto, les Eglises n'ont pas hésité à oser prendre la parole. Elles redisent notamment que les questions écologiques sont liées pour une part à l'économie et donc à la vision du monde que nous voulons construire !
Rappelons quà Kyoto, le premier traité international de lutte contre les changements climatiques est entré en vigueur en 2005. Ratifié par 175 pays (mais pas par les Etats-Unis... !) il prévoyait une réduction des quantités de gaz à effet de serre émises par les pays industrialisés d’au moins 5,2 % d’ici à 2012. Il convient maintenant de faire le bilan et surtout de prendre des décisions pour les années qui viennent.
 
Dans un certain nombre de communiqués, les Eglises et beaucoup de chrétiens ont exprimé leur vive inquiétude face aux conséquences du réchauffement climatique qui menace la vie de millions d'êtres humains. Ce réchauffement, rappelons-le, est la conséquence d'un modèle économique aujourd'hui dans l'impasse : il encourage une consommation sans limite qui épuise la terre et il creuse le fossé entre riches et pauvres. La résolution de la crise écologique doit passer par une remise en question fondamentale du partage des richesses à l'échelle mondiale. Elle invite à un effort majeur des nations comme des personnes à pratiquer plus de justice et de solidarité, très concrètement, en choisissant de mettre la personne humaine et le respect de sa dignité, au coeur de toute décision et de tout système tant économique qu'écologique.

La même question, ou plutôt la même attitude, ne devrait-elle pas guider notre manière d'être-au-monde de chaque jour, dans toutes ces relations qui font notre quotidien ?
Car ce qui est en jeu sur le plan financier mondial et sur celui de la sauvegarde de la Terre concerne bien l'aujourd'hui de nos vies à chacun dans ce que nous voulons partager, qualitativement, les uns avec les autres. Comment choisissons-nous très concrètement, de mettre la personne humaine au centre de toute décsion, dans le respect de la vie et de la croissance humaine et spirituelle de chacun ?
Il y a aujourd'hui des options à prendre, dans nos gestes quotidiens, petits ou grands, qu'il nous faut vouloir ne pas reporter à demain. Nous sommes responsables de cette Terre qui nous est confiés et de ceux qui la peuplent, autour de nous, comme dans les pays les plus pauvres et plus éloignés de nos préoccupations occidentales...
L'important est de se demander, chacun, ce que nous pouvons faire à notre mesure là où nous sommes.



Pour en savoir plus sur le sommet de Copenhague et pour signer la pétition : http://www.copenhague-2009.com/
Pour lire le lettre des responsables des Eglises en France adressée au Président Sarkozy : link





A lire : Déclaration de la Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France, janvier 2009, La création au risque de l'environnement, Editions du Cerf, 64 pages, 10 €.

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