Vivre la résurrection

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi 27 avril 2011 – Carmel N.D. de Surieu

Ac 3,1-10 / Ps 104 (105) / Lc 24,13-35

 

Nous retrouvons ce matin la même tension dont nous parlait hier Loïc, entre la reconnaissance discrète et pas si évidente du Ressuscité – dans l’évangile – et cette fougue des apôtres – dans la 1ère lecture – au nom du Ressuscité.

Entre nos deux textes, il y aura l’Ascension et cette promesse du Christ qui va se réaliser à la Pentecôte : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint. Alors vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre »

Cette tension nous dit le double appel que nous avons à vivre, au nom de notre baptême, au nom du Ressuscité :

-    Notre 1ère mission c’est de nous laisse rejoindre par le Christ. Toujours et encore car ce n’est jamais gagné, ce n’est jamais joué d’avance. Nous n’aurons jamais fini de comprendre et d’accueillir ce mystère en nous. Il s’agit de nous laisser rejoindre au cœur de ce que nous vivons. Et donc de nous demander : que portons-nous, que vivons-nous, quelles sont nos questions et peut-être même nos désespérances ou nos peurs ?

Au cœur de ce que nous vivons aujourd’hui, alors mettons la Parole en résonnance, toujours et encore. Pas pour y lire une belle histoire, mais dans une attitude de prière et de rencontre, en prenant le temps de la contemplation. Et en laissant le temps faire son travail. En laissant les rencontres de chaque jour et les évènements du quotidien venir interroger – voire bousculer – tout cela et nous ouvrir au mystère d’une présence indicible. Je suis frappé dans le texte d’Emmaüs de voir combien nos deux pèlerins avaient tout pour comprendre ; ils savaient tout ; les femmes ont déjà annoncé la résurrection. Mais cela ne suffit pas. Il faut que ça s’incarne en nous, au travers de ce que nous avons à vivre et à traverser… En accueillant les instants de grâce qui nous seront donné, même courts et imperceptibles ; ces instants où nous pressentirons le Christ présent – ils ne sont pas si nombreux, mais tellement réels.

Faisons mémoire de ce qui va nous être donné à vivre – et aussi de ce que nous avons déjà vécu. C’est là-dessus que nous pourrons construire, c’est là-dessus que nous pouvons nous appuyer pour continuer à chercher la présence du Ressuscité dans le quotidien de nos jours. Et c’est sur ces expériences là que nous pouvons nous appuyer aussi pour devenir témoins, pour annoncer et vivre ce que nous avons reçu et pressenti ! Comme nos deux pèlerins d’Emmaüs…

-     S’ouvre là notre 2ème mission : vivre en ressuscités, en étant des ressuscitants pour ceux qui nous entourent et dont nous allons croiser le chemin. Comme Pierre dans la 1ère lecture même si ce sera sans doute moins extraordinaire ! Nous sommes désormais les mains et les voix dont le Père a besoin pour que le Christ poursuive sa mission. Nous sommes le Corps du Christ.

Alors, comme le Christ d’Emmaüs, prenons le temps d’aller à la rencontre ; prenons le temps d’entendre et de voir ceux qui ont besoin d’être rejoints. Et comme le Christ, écoutons-les, écoutons ce qu’ils portent et ce qu’ils ont à traverser. Ecoutons leurs questions, leurs désespérances et leurs peurs. Permettons-leur de mettre en mots ce qu’ils vivent. Pour risquer une présence et pourquoi pas une parole qui puisse relever.

Je vais régulièrement à l’Arche de Jean Vanier, au foyer qui a ouvert à La Tronche. Je termine par une réflexion de Jean Vanier qui disait l’année dernière à Grenoble, lors d’un rassemblement de jeunes pour préparer l’ouverture du foyer : notre mission ce n’est pas tant de dire à ceux qui souffrent que Diu les aime ; mais c’est de les aimer, concrètement, au nom de Jésus-Christ et de l’évangile.

 

Publié dans Méditations

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