Homélie Pâques 31 mars 2013

Publié le par Christophe Delaigue

Dimanche 31 mars 2013 - Pâques / C

Pontcharra [avec baptêmes] / Le Touvet (dim. Soir)

Ac 10,34a.37-43 / Ps 117 (118) / Col 3,1-4 / Jn 20,1-9 (Lc 24,13-35)

Nous fêtons aujourd’hui la résurrection – vous l’aurez compris ! – ; c’est le cœur de notre foi ; et la question du jour, du coup, c’est de savoir si nous y croyons !? Mais plus encore c’est sans doute de se demander qu’est-ce que ça peut vouloir dire pour notre vie de tous les jours, à nous aujourd’hui…

Pour comprendre ce que c’est la résurrection et en quoi ça peut nous concerner, je crois qu’il nous faut d’abord comprendre qu’elle a pu être l’expérience des premiers disciples, ceux qui suivaient Jésus et qui ont vécu avec lui. Quand on lit les évangiles, on voit combien les apôtres et leurs communautés ont eu du mal à mettre des mots sur cette expérience déroutante de la mort de Jésus et de tout ce qui a suivi, dès le matin de Pâques, avec la découverte du tombeau vide.

Nous pensons toujours assez spontanément que ça a dû être plus facile pour les compagnons de Jésus d’y croire, plus que ça ne l’est pour nous ; parce que, eux, ils l’ont connu et qu’ils ont eu la chance de faire l’expérience de le voir après sa mort. En fait, ce n’est pas si simple que cela ! Comme nous, ils n’ont eu aucune preuve de la résurrection de Jésus. Ils n’ont que le tombeau vide, ce tombeau où il ne reste que quelques bandelettes – vous me direz que ces bandelettes sont au moins une preuve qu’ils n’ont pas rêvé et que Jésus avait bien été mis là… mais c’est tout… Comme nous, ils sont invités à vivre tout cela dans la foi. Ils sont appelés à croire. Et croire – je le dis souvent – ce n’est pas tout comprendre ; c’est d’abord et avant tout essayer de faire confiance. Et c’est bien parce que nous apprendrons à ouvrir un peu nos cœurs, petit à petit, et parce que nous accepterons qu’il y ait des choses dans la vie qui nous dépassent, que nous pourrons un jour comprendre un peu mieux, les uns grâce aux autres.

Mais de fait, c’est vrai, cette résurrection de Jésus, c’est un mystère ; et de fait nous n’en avons aucune preuve – d’ailleurs s’il y avait des preuves, est-ce que nous serions vraiment libres de croire ou pas. Des preuves, nous n’en auront jamais ; il nous faut nous contenter de petits signes, comme pour nos deux apôtres de l’évangile qui se précipitent au tombeau. Qu’est-ce qui se passe pour eux ? Aucune preuve, je l’ai déjà dit, seulement quelques linges qui traînent. Pour Marie-Madeleine aussi, aucune preuve, seulement cette étrange rencontre complètement improbable, cette rencontre qui la fait pourtant se mettre en route et annoncer cette étrange nouvelle autour d’elle… Rien d’autre…

Sauf que ces proches de Jésus, ils vont faire l’expérience qu’il est bien là à leur côté alors que pourtant il est mort. Et c’est à n’y rien comprendre. Ils font l’expérience que la vie est plus forte que tout mal et que toute mort. C’est une invitation extraordinaire à garder toujours confiance, malgré tout ce qui peut nous tomber dessus, garder confiance et espérance. Nous croyons – et c’est ça notre foi chrétienne – nous croyons que quoi qu’il arrive, Dieu sera présent à nos côtés et qu’il peut même nous aider, si nous le lui demandons, à retrouver force et courage. Si Dieu existe et si Dieu est bien Dieu, il peut bien faire cela et il peut bien avoir ressuscité Jésus. Ça ne veut pas dire qu’il pourra intervenir dans nos vies, de façon magique, mais ça veut dire qu’il sera une présence à nos côtés à qui nous pouvons confier ce qui nous arrive et à qui nous pouvons demander qu’il nous éclaire dans ce que nous avons à vivre.

Il n’y a aucune preuve de ce que je vous dis ; vous êtes obligé de me faire confiance. Ceci dit, nous avons des témoins autour de nous pour qui ça a changé la vie, des gens qui vivent vraiment de leur baptême et de cette foi en Jésus qui est ressuscité. C’est vrai, pourriez-vous me dire, que Jésus, aujourd’hui, on ne le voit pas. De fait, après sa résurrection il apparaîtra plusieurs fois à ses proches puis il dira qu’il retourne vers Dieu son Père. Puisqu’ils sont compris qu’il est bien vivant, alors il peut les laisser. Mais il ne les laisse pas seuls : il leur promet l’Esprit Saint, que nous recevons à notre baptême et plus encore à notre confirmation ; et il leur a laissé le sacrement de sa présence qu’est l’eucharistie : quand nous nous approchons pour communier au Corps et au Sang du Christ, c’est sa présence et sa force que nous demandons et que nous recevons. Pour devenir toujours plus ses disciples, pour devenir sa voix dans ce monde et ses mains pour vivre l’évangile et prendre soin de ceux que nous allons rencontrer, et même pour les relever si la vie les a cloués au sol, c’est-à-dire les ressusciter.

La question c’est celle de savoir si nous voulons bien faire cette confiance là en Dieu qu’il a pu ressusciter son Fils, et donc que quoi qu’il arrive la vie et l’amour dans le don de soi seront plus fort que tout mal et que toute mort ? Et est-ce que nous voulons bien en vivre, pour de vrai, est-ce que nous voulons bien mourir à une petite vie tranquille où nous sommes le centre de nos choix et de nos décisions pour faire de Jésus le Maître de notre vie, la lumière qui va nous éclairer et nous permettre de vivre à sa suite ?

Voilà le cœur de notre foi, voilà la confiance à laquelle nous sommes appelés. Voilà ce que ça veut dire être baptisé… Il nous faut sans doute toute la vie pour comprendre mieux et petit à petit ce grand mystère que nous célébrons ce matin. Mais même si nous ne comprenons pas tout, notre foi en Jésus et la Bonne Nouvelle de la résurrection peuvent être le moteur de notre vie. C’est en tout cas ce que je souhaite à chacun d’entre nous. Car je vous l’assure, ça peut changer notre vie et c’est vraiment Bonne Nouvelle, c’est vraiment Bon pour nous.

Publié dans Homélies

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