Homélie ven. 3 nov. 2017

Publié le par Christophe Delaigue

Vendredi de la 30ème semaine du Temps Ordinaire

Rm 9,1-5 / Ps 147 (147b) / Luc 14,1-6

J’aimerais vous proposer ce matin que nous entendions et que nous entrions dans la tristesse de Paul, dont il était question dans la 1ère lecture ; que nous entendions et que nous entrions dans sa douleur qu’il dit même incessante. Pour ses frères juifs.

Vous le savez, ses frères juifs, ils sont ce peuple que Dieu s’est donné pour être témoin de son existence et pour le faire connaître aux nations… Ils sont ce peuple que Dieu s’est donné pour que l’Alliance qu’il avait conclue avec toute l’humanité soit possible, qu’elle se réalise et se propage, ai-je envie de dire…

Et ils sont ce peuple par lequel Dieu a préparé la venue de son Fils, le Messie qu’Israël attendait ; ou plutôt, pour le dire mieux, ce peuple par lequel, dans lequel, il a voulu sa venue, son advenue au monde… Mais ils ne l’ont pas reconnu, pas tous ; ils ne l’ont pas reconnu, pour la majorité d’entre eux… ils l’ont fait taire, ils l’ont mis à mort… Et Paul en souffre… et il en souffre peut-être d’autant plus qu’il fut de ceux qui ont tout fait pour que les premiers disciples soient eux aussi réduits au silence…

Paul, devenu chrétien, s’interroge quant à ses frères juifs… Qu’en est-il pour eux, se demande-t-il ? Qu’en est-il pour eux, sous le regard du Père, dans sa fidélité à son Alliance qu’ils avaient déjà mise à rude épreuve, parfois, au cours des siècles ? Paul souffre, Paul est habité d’une grande tristesse, il le dit. Mais son espérance, découvrira-t-on plus loin dans cette même lettre aux Romains, c’est que Dieu reste fidèle ! Et même, entendra-t-on en Rm 11,26, que tout Israël sera sauvé. C’est son espérance. Car Dieu est fidèle, lui… N’est-il pas d’ailleurs, nous le savons, le Dieu de toute miséricorde, le Dieu de la consolation, du pardon et de l’espérance du salut pour tous ?

En méditant sur cette tristesse de Paul et sur sa douleur qu’il qualifie d’incessante, je pensais à nos propres familles ou à nos amis à qui Jésus a pu être annoncé mais dont certains ne le reconnaissent pas comme Christ et sauveur…

Non pas que notre foi ou nos choix de vie ne les questionne pas… Non pas qu’ils ne se posent pas des questions sur Dieu ou sur le sens de la vie… Non pas que la Bonne nouvelle du salut ne leur ait pas été annoncée, pour certains, même si ce fut peut-être maladroitement parfois…

Mais il leur manque la confiance de la foi, la confiance d’une rencontre avec le Christ, ce déclic intérieur qui change tout, cette confiance amoureuse du cœur… Ou juste, déjà, de bien vouloir faire confiance pour qu’un chemin un jour soit possible.

Cette confiance amoureuse du cœur, ce déclic intérieur qui change tout, nous savons qu’il naît de certains événements de notre vie, qu’il naît de rencontres, qu’il naît d’une soif d’absolu qu’il a pu nous être donnée un jour d’entendre et d’accueillir et qui devient alors chemin, recherche de sens et même de Dieu…

Alors, au cœur de cette eucharistie, j’aimerais vous inviter du coup à rendre grâce pour ces événements ou ces rencontres qui ont ouvert le votre cœur à Jésus, et qui l’ouvrent encore… Faire mémoire…

J’aimerais aussi nous inviter à prier tout spécialement pour nos proches qui doutent ou qui rejettent la foi ; mais aussi pour celles et ceux qui cherchent un sens mais parfois… en tout sens… sans trop savoir où ils vont ni vers quoi ou dans quoi ils cherchent…

Je vous invite enfin à prier pour le peuple juif, fidèle malgré tout à l’Alliance que Dieu a conclue avec lui, ce peuple qui reste toujours présent malgré les aléas terribles de l’histoire des siècles, ce peuple qui est signe pour nous que Dieu n’est la propriété de personne ni d’aucune religion en soi, que personne ne peut avoir l'entière connaissance et l’entière vérité sur lui, et que tous nous avons besoin d’ainés dans la foi pour découvrir Dieu et découvrir que la vérité c’est quelqu’un, le Christ Jésus, dont certains en vivent sans le connaître, habités sans le savoir du Souffle de vie qu’est l’Esprit Saint.

Ensemble, maintenant, dans le silence de nos cœurs et de ce carmel, nous prions, nous confions tout cela, tous ces visages, au Seigneur pour le déposer avec le pain et le vin de l’eucharistie.

Publié dans Homélies

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