Jean Vanier à Trosly...

Publié le par Christophe Delaigue

Jean Vanier à Trosly...

Que partager de ces deux jours de session pour les prêtres accompagnateurs de l'Arche, à La Ferme de Trosly, dans ce village où Jean Vanier et le P.Thomas Phillipe ont fondé ce qui est devenu les communautés de l'Arche ?

La rencontre, lundi, avec Jean Vanier fut vraiment touchante, bouleversante de simplicité, de vérité et d'authenticité. Un appel réaffirmé avec force et douceur à être et devenir toujours plus et vraiment des hommes et des femmes de la relation, de la présence et de la rencontre de l'autre, différent, heurtant peut-être, souffrant aussi. L'autre, quel qu'il soit, quelle que soit son appartenance ethnique sociale ou religieuse, quelle sur soit son histoire et quel que soit le mal qu'il ait pu faire éventuellement. Celui qui est là face à moi ou à côté de moi est quelqu'un, quoi qu'il arrive, quelqu'un qui comme moi à besoin d'être aimé et qui peut aimer, quelqu'un qui souffre ou qui a pu souffrir, quelqu'un qui est à quelque chose à apporter même s'il ne le sait pas ou qu'il ne peut plus y croire.

Grâce à qui retrouvons nous goût à la vie ou tenons-nous debout ? Nous sommes faits pour être en lien ! Un appel à écouter l'autre, à croire qu'il a une richesse en lui, qu'il peut m'apporter quelque chose et qu'il est quelqu'un. Un chemin parfois difficile, c'est vrai, mais qui vaut le coup, pour chacun. C'est en tout cas l'expérience de Jean Vanier et de tant d'autres...

N'est-ce pas cela l'appel de Jésus à aimer ? Un appel à décider de sortir de tout jugement pour trouver des chemins où entendre l'autre, prendre soin de sa fragilité en lui permettant de la mettre en lumière et en lui offrant d'être quelqu'un ?

À l'heure où les débats ont pu être violents alors que le projet de loi quant au "mariage pour tous" vient d'être voté, qu'on soit pour ou contre, ne reste-t-il pas cette question pour chacun de nous : comment permettre à la personne homosexuelle qui en souffrirait de pouvoir mettre des mots sur ce qu'elle vit, de pouvoir être entendue et écoutée et de se découvrir aimable et aimée, même avec cette fragilité là qui peut être la sienne ?

Quand le projet de loi quant à l'euthanasie va entraîner de nouveaux mouvements de rue, qui seront sans doute justifiés, les mêmes qui manifesteront retrousseront-ils leurs manches pour visiter et accompagner les malades ?

Aimer ce n'est pas qu'en paroles c'est aussi en actes. La vie et le témoignage de Jean Vanter l'affirment avec force et douceur, avec tendresse aussi, et avec foi : foi en Dieu qui se révèle dans petit, le pauvre et le faible, foi en chacun qui est plus beau que ce qu'il croit.

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