La confession (livre et film)

Publié le par Christophe Delaigue

On me disait qu'il fallait le voir... sauf qu'il ne passait pas de partout et parfois à des horaires pas très adaptés pour quelqu'un en activité !

N'y arrivant pas, j'ai fini par me rabattre sur le roman qui a inspiré ce film, un peu déçu mais en me disant que ce serait déjà ça...

Le roman s'intitule Léon Morin, prêtre, il est signé Béatrix Beck dont on ne peut franchement pas dire que son nom – qu'elle me pardonne – soit passé à la postérité... Et pourtant... elle a reçu le prestigieux Prix Goncourt en 1952, pour ce livre !

C'est un des trois romans autobiographiques qu'on lui doit (où elle prend le prénom de Barny), l'histoire racontée de cette rencontre qui marquera toute sa vie, avec ce jeune prêtre du diocèse de Grenoble, le P. Peillet (qui fut notamment en mission à l'église St Louis de Grenoble et aussi, je crois, dans le petit village de Burcin, avec son petit sancguaire ND de la Milin). L'histoire d'une naissance à la foi qui est aussi et surtout la naissance du désir amoureux. Béatrix Beck était veuve, mère d'une petite fille. Il préférera partir, poursuivre la mission ailleurs,  rester fidèle à ses engagements, sa foi, son célibat... 

Dans le livre comme dans le film c'est presque la même histoire. Barny n'est pas veuve mais son mari a été fait prisonnier au début de la guerre, elle ne sait pas s'il est vivant, elle est communiste, elle protège des juifs, elle va découvrir dans sa rencontre avec le P. Léon Morin (qu'elle a décidé de défier, lui dont on n'arrête pas de lui parler) combien elle se sent seule... Mais aussi le message du Christ...

À dire vrai, je n'ai pas aimé ce livre plus que cela... J'ai eu du mal avec le style et j'ai trouvé les 50 premières pages qui dressent le tableau de la guerre et de l'occupation dans le village de Barny vraiment longues et un peu fastidieuses à lire. Mais la quête de sens, de foi, l'amour naissant, cette vie pendant la guerre, j'avoue, c'est quand même bien raconté.

Le film, par contre, j'ai finalement pu le voir et... il m'a... conquis... ému... J'ai trouvé très beau. Non seulement très fidèle au roman, à quelques scènes en moins et quelques autres que le réalisateur a choisi de conjuguer ensembles ; mais très beau. Non seulement bien joué, je trouve (avec notamment Romain Duris que j'ai trouvé assez impressionnant dans ce rôle), mais surtout avec une qualité de la photographie assez remarquable, rendant bien les émotions, et une bande son tendre et délicate, accompagnant, illustrant et ponctuant très bien ces mêmes émotions et notamment les émotions naissantes.

Je retiendrai ce que notre héroïne dit à la fin, sur son lit de mort, cette question de savoir si elle avait aimé Dieu à travers le P. Morin ou si elle avait aimé le P. Morin à travers Dieu... Cette question me renvoyant à une lecture de ces derniers jours dont je faisais mention sur ce blog, le livre du fr. Adrien Candiard Quand tu étais sur le figuier... Il a de très belles pages sur l'amour et nos expériences amoureuses, disant qu'il n'y a pas deux amours mais un seul qui se révèle et se donne dans nos histoires d'amour (humaines) et nos expériences (spirituelles) de l'amour de Dieu, l'une passant parfois par l'âtre, l'une révélant parfois l'autre... Vous irez lire, au chapitre 6 (pages 77-92)...

Une autre chose que je voulais noter sur le film, le cadre ajouté à l'histoire, le cadre permettant que cette histoire nous soit racontée. C'est celui de la fin de vie de cette jeune femme devenue âgée et qui demande qu'un prêtre vienne recevoir sa confession. Le P. Sébastien qui vient là est très jeune, ce sera son premier accompagnement de ce type. Et là aussi, comme l'émotion qui l'habite est bien filmée (et interprétée), vraiment. J'étais ému de cette figure, me rappelant des visites que j'ai faites, tout jeune prête moi aussi, alors aumônier en Centre de soins de suite dont l'un avait des lits de soins palliatifs...

Vraiment, vous l'aurez compris, je recommande à qui aurait hésité ou n'aurait pas pu voir ce film, si jamais il passe encore près de chez vous. Un... temps de grâce... pour moi en tout cas...

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