Homélie dimanche 18 mai 2014

Publié le par Christophe Delaigue

Dimanche 18 mai 2014 5ème dimanche de Pâques / A

BJ Notre-Dame (samedi soir) [1] / BJ St Jean-Baptiste [2]

Ac 6,1-7 / Ps 32 (33) / 1P 2,54-9 / Jn 14,1-12

Ce texte d’évangile qu’on vient d’entendre vient nous reposer cette question essentielle qui traverse tous les évangiles, une question à la fois toute simple et un peu difficile en fait : qui donc est-il, Jésus ? Qui est-il et quelle est sa mission ? Pourquoi sa venue parmi les hommes ?

Les mots qu’il adresse à ses disciples et qui viennent d’être proclamés, il les a dit juste avant sa mort, juste après avoir fait comprendre à ses amis que sa fin est toute proche. On imagine la tension qui doit règner, l’ambiance un peu bizarre, et sans doute les questions que se posent les disicples : pourquoi doit-il mourir ? Quel est le sens à tout cela ?

Qui est Jésus ?

St Jean, dans cette page d’évangile, nous donne plusieurs éléments de réponse. La 2ème lecture aussi. 1er élément de réponse, Jésus est celui qui vient nous préparer une place auprès de Dieu, auprès de Dieu son père. Moi ça m’interroge : est-ce que ça nous intéresse d’avoir une place auprès de Dieu ? Pour de vrai… La question première, c’est même c’est celle de savoir qui est Dieu ? Est-ce que Dieu c’est une idée, une hypothèse, ou est-ce que Dieu c’est vraiment quelqu’un, quelqu’un que je vais pouvoir rencontrer un jour, quelqu’un qui est là même si mes yeux ne le voient pas, une présence ? Parce que ça change tout ! C’est pas pareil de faire l’hypothèse qu’il y a quelque chose que j’appelle, Dieu quelque part, pourquoi pas, qui éventuellement nous permettra une vie après la mort, on verra bien le jour venu, ou de croire que c’est quelqu’un, croire qu’il y a quelqu’un qui est là, quelqu’un qui m’attend, quelqu’un qui m’aime, quelqu’un qui n’attend qu’une chose de moi : que je m’ouvre, que j’ouvre mon cœur, à sa présence, mystérieuse c’est vrai, mais peut-être réelle quand même…

Jésus vient nous dire cela. Dieu n’est pas qu’une hypothèse ou une idée, au cas où… Dieu est là. Dieu nous aime, Dieu veut se faire le partenaire de notre vie, si nous acceptons de lui faire une place, Dieu veut pour nous – et même pour tous – la vie, la vie libérée de tout ce qui nous emprisonne le cœur, de tout ce qui nous cloue au sol.

Voulons-nous avoir une place auprès de Dieu ?

Les disciples de Jésus, visiblement, cherchaient cela. Pour eux, Dieu était visiblement une évidence, ce qui n’est pas forcément le cas de tant de gens qui nous entourent. Ils veulent connaître Dieu, les disciples de Jésus, ils veulent avoir une place auprès de lui ; mais comment faire, comment faire puisque nos yeux ne le voient pas, comment faire puisque sa présence est livrée à notre seule confiance, comment faire puisque seuls nos cœurs peuvent le préssentir mais sans jamais pouvoir prouver rationnellement son existence ? C’est ça la question des disciples de Jésus.

Réponse de Jésus : lui, Jésus, est le chemin à suivre pour connaître Dieu, c’est-à-dire pour savoir qui il est et pour entrer en relation véritable avec lui ; lui, Jésus nous dévoile la vérité de qui est Dieu, ce Dieu qui cherche à se rendre présent à notre vie, ce Dieu que nous cherchons aussi, ce Dieu qui veut pour nous la vie et qui veut nous donner son souffle de vie, sa force de vie, l’Esprit saint, son Esprit d’amour et de paix promis à qui le demandera. Jésus est le Chemin de l’homme vers Dieu et de Dieu vers l’homme, il est la Vérité de qui est Dieu et de ce que veut dire être vraiment homme, et il est celui qui peut nous ouvrir à la vie telle que Dieu la veut pour nous et entre tous les hommes.

Est-ce que nous voulons connaître ce Dieu là ? Est-ce que nous voulons en faire le partenaire de notre vie ? Est-ce que nous voulons vivre vraiment et grâce à lui permettre à d’autres autour de nous de vivre aussi, d’être relevés, pourquoi pas même de découvrir qu’il y a à leur côté un Dieu qui est là, qui les attend, qui les aime, et qui veut pour eux aussi la vie, qui veut les sauver eux aussi de tout ce qui les empêche d’être pleinement eux-mêmes ?

Est-ce que nous voulons ?

C’est notre mission de baptisés ; ensemble évidemment, car tout seul que serions-nous ? D’ailleurs Pierre, dans la deuxième lecture, nous l’a bien dit : nous sommes ensembles le Temple de Dieu, chacun pour notre part, chacun appelés à être une des pierres de l’édifice, avec Jésus qui est la pierre angulaire, celle par qui tient toute la construction. Être le Temple de Dieu ça veut dire devenir ensemble le lieu de la présence de Dieu pour notre monde, le signe de sa présence, le rappel qu’il y a un Dieu qui est là et qui veut sauver tous les hommes. Pour y arriver, pour vivre cette mission qui nous est confiée, il nous faut être greffés au Christ, branchés à lui, connectés à lui, grâce à la prière et aux sacrements, grâce aussi à notre lecture ensemble de la Parole. Sinon ce sera notre truc à nous, avec juste nos seules forces humaines…

Et pour arriver à vivre cette mission, il nous faut aussi demander l’Esprit Saint – ce sera la but de la fête de Pentecôte – ; qu’il soit notre force, qu’il nous éclaire dans ce que nous avons à vivre, et qu’il vienne convertir notre regard et notre cœur pour voir et entendre en chacun les appels de la vie, et du coup, pour voir et entendre en chacun de ceux que nous croiserons quelles sont leurs questions de vie, quelles sont leurs attentes de Celui que nous nommons Dieu, mais aussi quelles sont leur beauté propre, leur richesse propre, dont nous avons mutuellement besoin pour faire grandir le Royaume de Dieu en ce monde.

Elle est belle cette mission d’être disciples de Jésus. Elle est vraiment à vivre dans la confiance en Dieu qui est là, elle est vraiment à mettre sous son regard et sa présence, petit à petit, chacun avec ce que nous sommes, chacun à notre mesure, dans la complémentarité des dons et des talents que nous avons reçus. C’est ça l’Eglise, et c’est ça ce que j’ai envie d’appeler l’urgence fraternelle pour nos communautés.

Pour l’heure, je vous invite à ce que nous laissions résonner tout cela en nous, et que nous demandions au Seigneur son Esprit Saint. Qu’il nous ouvre à sa présence et que grandisse en nous la confiance en son amour et dans son désir de vie pour tous.

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[1] Avec deuxième étape vers le baptême d’enfants en âge scolaire.

[2] Avec les enfants en chemin vers la 1ère communion.

Publié dans Homélies

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