Homélie jour de Noël 2014

Publié le par Christophe Delaigue

Jeudi 25 décembre 2014 / Année B

St Marcel-Bel-Accueil

Is 52,7-10 / Ps 97 (98) / He 1,1-6 / Jn 1,1-18

Hier soir, nous réentendions comme chaque année ce texte magnifique d’Isaïe nous annonçant cette lumière qui paraît au milieu de son peuple, ce peuple qui traversait des ténèbres, des épreuves…

Et hier soir – comme ce matin – nous fêtions Dieu qui vient nous rejoindre, presque imperceptiblement, au cœur de ce que nous avons à traverser dans nos vies, Dieu qui est là sans que nous nous en rendions toujours compte, Dieu qui vient nous rejoindre dans la fragilité de la vie et même dans notre incapacité à l’accueillir, Dieu qui est là, à nos côtés, mais que nous ne savons pas toujours voir, Dieu qui se tient au milieu de nous et pour qui, pourtant, nous n’avons pas toujours de place dans l’aujourd’hui de ce que la vie nous donne à vivre…

Noël c’est la fête de la confiance en ce Dieu là, ce Dieu que Jésus rend présent. Quelles que soient les épreuves que nous traversons, il est cette lumière qui nous est promise, il est cette présence qui ne nous abandonnera pas, il est cette lueur d’espérance à laquelle s’accrocher pour avancer.

Je suis toujours ému de cet appel à la confiance qui nous est donné… C’est ça le cœur de Noël, parce que c’est ça le cœur de l’incarnation ! Notre Dieu a choisi de ne pas rester un Dieu étranger, un Dieu lointain – « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Il a choisi d’être là à nos côtés, concrètement, en chair et en os comme on dit, il a choisi de nous aider à porter ce qui serait trop lourd, de nous éclairer dans ce qu’il y a à vivre et à traverser et de nous donner la vie, la vraie vie, la vie en plénitude, une vie non pas sans souffrance mais une vie où le mal et la mort n’auront pas le dernier mot – c’est ce que nous fêterons à Pâques. Dieu fait ce choix là, ce choix fou, à la seule condition que nous lui laissions la place de le faire et d’être là, en nous, à nos côtés. Et alors, nous verrons – et nous voyons déjà – que de fait nos vies s’éclairent quand il y est présent et même que nous acceptons de voir de sa lumière en ceux qui nous entourent et qui nous aident à avancer.

Voilà la Bonne Nouvelle ! Une Bonne Nouvelle qu’il veut continuer à transmettre et dont nous sommes invités à devenir les témoins, à notre mesure, concrètement, pour ceux qui nous entourent, en paroles mais aussi en actes…

Alors, comme Isaïe nous l’a dit ce matin dans la 1ère lecture, alors nous pouvons chanter et nous réjouir, nous pouvons rendre grâce pour cette paix du cœur qui nous est offerte et qui est appelée à se transmettre, pour ce salut qui nous est promis et qui nous est donné. Et nous pouvons crier de joie, nous pouvons crier notre joie alors même que tout n’est pas forcément facile chaque jour. Car voilà, Dieu est là avec nous, nous l’acceptons, nous le reconnaissons ! Et moi, je trouve ça extraordinaire !

Dans l’évangile, St Jean nous a redit que le Christ est cette lumière qui vient de Dieu. Mais il nous dit aussi qu’il est la Parole, le Verbe ; qu’il est la Parole de Dieu. C’est un appel à nous mettre à son écoute, c’est un appel à entendre que Dieu a des choses à nous dire, au cœur de ce que nous vivons. C’est ça qui est génial dans notre foi : Dieu veut et vient nous rejoindre, Dieu est là en Jésus et par l’Esprit qu’il met en nos cœurs, et Dieu a des choses à nous dire ! Saurons-nous écouter et entendre ?

Mais comment nous parle-t-il, me direz vous ? De plein de façons, qui sont complémentaires ! Il nous parle notamment par son Esprit Saint, et par exemple (1) dans la prière, dans notre capacité et notre volonté à écouter en nous, mais aussi (2) au plus profond de nous, dans ces désirs de vie ou ces intuitions qui sont de l’ordre de la paix, la joie, l’amour et la justice. Il nous parle également (3) par sa Parole, par son message contenu dans nos Bibles, plus exactement il nous parle par ce que cette Parole vient rejoindre et trouver comme écho au cœur de ce que nous portons, en nous, ou de ce qu’elle vient rejoindre de ce que nous entendons autour de nous des appels de ceux qui sont là à notre porte et qu’il nous faut sans doute discerner ensemble, à plusieurs – je ne peux qu’encourager chacun à se demander, cette année encore, qui sont les 3 ou 4 chrétiens autour de lui avec qui vous pourriez vous retrouver de temps en temps pour lire et écouter ensemble la parole de Dieu (ça s’appelle, vous le savez, des « Fraternités locales, et ceux qui ont tenté l’expérience découvrent petit à petit que c’est bon pour leur vie spirituelle)… Jésus nous parle encore (4) par les plus pauvres ou les plus petits, ceux qui savent ce que sont les vraies joies et les besoins essentiels de toute vie humaine… L’Esprit de Dieu souffle en chacun de ces lieux, il nous faut juste décider de l’écouter, d’apprendre à l’écouter…

D’ailleurs… je me tais pour laisser la parole à Jésus ! Nous prenons quelques instants de silence pour laisser de la place à notre Seigneur, maintenant, avant de le recevoir dans l’eucharistie, et pour entendre ce qu’il murmure à l’oreille de notre cœur, ce matin, par le souffle de l’Esprit Saint, sa présence en nous…

Publié dans Homélies

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